Quatre personnes vues de dos autour d’une table de cuisine française, un cartable ouvert sur une chaise et des papiers administratifs aimantés sur le frigo.

Faire famille en France : combien nous sommes, ce que l’État rend, ce que le droit permet

Les couples avec enfants ont perdu 262 400 ménages quand la France en gagnait trois millions. Ce dossier réunit en un seul endroit la photo démographique, le droit du nom, ce que l’État verse à chaque rentrée et le calendrier qui commande le reste.

Sommaire
  1. En bref
  2. Combien nous sommes, et où la photo a bougé
  3. Naître et nommer
  4. Ce que ça coûte, ce que l’État rend
  5. Le temps : congés, garde, partage
  6. Le calendrier qui commande tout
  7. La famille élargie
  8. Les angles morts
  9. Questions courantes

Dossier

Publié le 4 septembre 2026 · Mis à jour le 6 septembre 2026 à 13h50

Les couples avec enfants ne forment plus qu’un ménage français sur quatre. La série du recensement publiée par l’Insee le 25 juin 2026 les compte à 22,9 % des 31,3 millions de ménages du pays en 2023 : la configuration qu’on dessine encore quand on dit « une famille » est devenue une case parmi six.

Ce dossier rassemble en un seul endroit ce que quatre administrations disent séparément à ceux qui élèvent des enfants en France : combien nous sommes et où la photo a bougé, ce que le droit du nom permet depuis 2022, ce que l’État verse à chaque rentrée, et pourquoi le calendrier scolaire commande le reste du calendrier familial.

En bref

  • 31 274 700 ménages en France en 2023, dont 24,9 % de couples sans enfant, 22,9 % de couples avec enfants et 9,5 % de familles monoparentales.
  • Deux des six configurations recensées reculent entre 2012 et 2023 : les couples avec enfants (262 400 ménages de moins) et les ménages complexes (336 300 de moins).
  • Depuis le 1er juillet 2022, tout adulte peut changer de nom de famille une fois dans sa vie par simple demande en mairie, après un mois de réflexion.
  • L’allocation de rentrée scolaire va de 426,87 à 466,02 euros par enfant pour la rentrée 2026, sous plafond de ressources.
  • 0,5 % des pères prennent le congé parental à taux plein après un premier enfant, contre 13,7 % des mères.

Combien nous sommes, et où la photo a bougé

La France comptait 31 274 700 ménages en 2023, contre 28 269 700 onze ans plus tôt, selon la série annuelle du recensement. La croissance n’est pas allée aux familles : les personnes vivant seules en absorbent à elles deux 2,5 millions.

La France a gagné 3,0 millions de ménages en onze ans, mais deux configurations reculent : les couples avec enfants et les ménages complexes. Limite : le champ est la France hors Mayotte, et l’Insee signale qu’un questionnaire rénové en 2020 identifie mieux les familles recomposées, ce qui affecte surtout la catégorie résiduelle des ménages complexes.
La France a gagné 3,0 millions de ménages en onze ans, mais deux configurations reculent : les couples avec enfants et les ménages complexes. Limite : le champ est la France hors Mayotte, et l’Insee signale qu’un questionnaire rénové en 2020 identifie mieux les familles recomposées, ce qui affecte surtout la catégorie résiduelle des ménages complexes.
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Le graphique se lit par les deux barres qui descendent. Sur les six configurations que distingue l’institut, quatre gagnent des ménages et deux en perdent : les couples avec enfants, et les ménages dits complexes, cette catégorie résiduelle qui réunit les colocations et les logements où cohabitent plusieurs familles.

La catégorie des couples avec enfants a ainsi perdu 262 400 ménages pendant que le pays en gagnait 3 005 000. Le tableau ci-dessous remet chaque configuration à sa place, en effectif et en part.

Ménages selon leur structure : effectif 2023, part 2023, part 2012 et évolution sur la période (Insee, recensement de la population, France hors Mayotte, série parue le 25 juin 2026)
Type de ménageMénages en 2023Part 2023Part 2012Évolution 2012-2023
Couples sans enfant7 799 60024,9 %25,8 %514 800 de plus
Couples avec enfant(s)7 162 50022,9 %26,3 %262 400 de moins
Femmes seules6 784 90021,7 %19,8 %1 187 300 de plus
Hommes seuls5 440 00017,4 %14,5 %1 327 700 de plus
Familles monoparentales2 965 0009,5 %8,5 %573 800 de plus
Ménages complexes1 122 7003,6 %5,2 %336 300 de moins
Ensemble31 274 700100 %100 %3 005 000 de plus

Les couples avec enfants ne représentent plus que 22,9 % des 31,3 millions de ménages français en 2023, contre 26,3 % en 2012, selon le recensement de l’Insee paru le 25 juin 2026.

Comptée non plus en ménages mais en familles, la même population donne 18 633 470 familles en 2022, dont 3 219 161 monoparentales, soit 17,3 % de l’ensemble. AAP a cartographié ce que cette dernière ligne coûte au quotidien : un enfant sur trois vit avec un seul parent, et le niveau de vie médian de ces foyers s’établit à 16 710 euros par an contre 23 740 pour les couples avec enfants.

Naître et nommer

En 2025, 15,1 % des bébés nés en France ont reçu les deux noms de leurs parents, contre 10,3 % en 2014. Le nom du père seul reste la règle dans 77,9 % des cas, celui de la mère seule dans 6,8 %, et quand les deux noms sont accolés, trois fois sur quatre celui du père passe devant.

Le choix lui-même date de la loi du 4 mars 2002, applicable depuis le 1er janvier 2005 : les parents transmettent le nom du père, celui de la mère, ou les deux dans l’ordre qu’ils décident.

Ce que 2022 a ouvert, c’est la sortie. Depuis le 1er juillet, date d’entrée en vigueur de la loi du 2 mars 2022, tout adulte peut prendre le nom de son autre parent ou accoler les deux par simple demande en mairie, une seule fois dans sa vie, avec un mois de réflexion avant confirmation. Le parent qui n’a pas transmis son nom peut aussi l’ajouter à titre d’usage, en deuxième position uniquement, sans l’accord de l’autre parent mais après l’en avoir informé.

Le dénominateur de tout ce qui précède bouge chaque semestre. AAP comptait 313 931 naissances en France sur les six premiers mois de 2026, relevées le 30 juillet dans le bilan mensuel de l’Insee, et avait détaillé auparavant le recul des naissances selon la catégorie de commune. Moins d’enfants, c’est mécaniquement moins de ménages classés « couple avec enfants » dans le recensement suivant.

Les mains d’un agent d’état civil poussant un formulaire et un stylo vers celles d’un usager, au comptoir d’une mairie française.
Depuis le 1er juillet 2022, le changement de nom de famille se demande en mairie, une seule fois dans une vie.

Ce que ça coûte, ce que l’État rend

Pour la rentrée 2026, l’allocation de rentrée scolaire s’élève à 426,87 euros pour un enfant de 6 à 10 ans, 450,41 euros de 11 à 14 ans et 466,02 euros de 15 à 18 ans, versée à partir du 18 août en métropole et du 4 août à La Réunion.

Elle est sous plafond de ressources, calculé sur les revenus 2024 : 28 956 euros pour un enfant à charge, 35 638 pour deux, 42 320 pour trois, puis 6 682 euros de plus par enfant supplémentaire. Dépasser légèrement le plafond n’exclut pas : une allocation différentielle prend le relais.

Le reste à charge d’une place en crèche comparé à une assistante maternelle, après le complément de libre choix du mode de garde, fait l’objet d’un article distinct de ce dossier : il dépend du revenu et aucun barème ne le publie tel quel. Et l’argent du foyer, poste par poste, se lit dans notre dossier budget, qui reste le pilier de référence sur la dépense : celui-ci s’en tient à ce que la famille, comme statut, ouvre ou coûte.

Le temps : congés, garde, partage

0,5 % des pères prennent le congé parental à taux plein après un premier enfant, contre 13,7 % des mères. Le droit, lui, est ouvert aux deux parents dans les mêmes termes.

La prestation partagée d’éducation de l’enfant qui le finance vaut 459,70 euros par mois à taux plein en 2026, 297,17 euros pour une activité réduite à 50 % ou moins, 171,42 euros entre 50 et 80 %, et 751,40 euros dans sa version majorée à partir de trois enfants. La durée est de six mois par parent pour un premier enfant, vingt-quatre mois par parent à partir du deuxième.

L’évaluation menée par le Haut Conseil de la famille et France Stratégie sur les données de la Caisse nationale des allocations familiales chiffre le renoncement : environ 70 % des pères à temps partiel éligibles à la prestation ne la demandent pas. Le mois qui n’est pas pris par le second parent est perdu pour le foyer.

Le calendrier qui commande tout

Trois zones arrêtées par le ministère de l’Éducation nationale décident des dates de départ de la quasi-totalité des familles françaises. La zone A réunit Besançon, Bordeaux, Clermont-Ferrand, Dijon, Grenoble, Limoges, Lyon et Poitiers. La zone B réunit Aix-Marseille, Amiens, Lille, Nancy-Metz, Nantes, Nice, Normandie, Orléans-Tours, Reims, Rennes et Strasbourg. La zone C tient en cinq académies : Créteil, Montpellier, Paris, Toulouse et Versailles.

Le détail se joue à la journée. Le calendrier scolaire de l’année 2026-2027 prévoit que les élèves n’auront pas classe le vendredi 7 mai 2027, pour les trois zones à la fois, et pose comme règle générale que le départ en vacances a lieu après la classe et la reprise le matin du jour indiqué.

Cinq académies pour la zone C contre onze pour la zone B : le découpage ne partage pas les élèves à parts égales, et c’est lui qui décide quelle semaine un foyer part sans croiser le reste du pays.

La famille élargie

825 membres de la famille Deffontaines-Maes se sont retrouvés à Genech le 28 mai 2023, contre 710 en 2019. En Maine-et-Loire, une lignée Audoin de près de 7 000 personnes attend jusqu’à 2 000 participants cette année, et une cousinade vendéenne avait réuni près de 5 000 personnes en 2012 sur 23 000 descendants identifiés : AAP en a détaillé le mode d’emploi.

Ces retrouvailles reposent sur un socle d’archives numérisées : 463 millions de documents en ligne et 1,8 milliard de pages consultées en 2021 d’après les chiffres clés du ministère de la Culture, 40 millions d’individus indexés sur Geneanet fin 2024. La Fédération française de généalogie fédère 149 associations et 35 000 adhérents.

Une longue table de tréteaux dressée dans la cour d’une salle des fêtes, chaises pliantes alignées et arbre généalogique affiché de biais sur un panneau.
825 membres d’une même famille se sont retrouvés à Genech le 28 mai 2023, contre 710 en 2019.

Les angles morts

Le premier angle mort porte un chiffre : entre 30 et 40 % des pensions alimentaires sont totalement ou partiellement impayées, et elles pèsent environ 18 % des revenus des familles monoparentales, selon le dossier de presse du service public des pensions alimentaires publié en janvier 2023. L’intermédiation par l’Aripa, ouverte en octobre 2020 puis étendue, est devenue systématique pour les pensions fixées à compter du 1er janvier 2023 ; sa géographie fait l’objet d’un autre article de ce dossier.

Le deuxième est un écart de pauvreté : 32,3 % des familles monoparentales vivent sous le seuil, contre 13,0 % des couples avec enfants. Un enfant sur quatre élevé par sa mère seule vit en logement surpeuplé, contre un sur neuf dans un foyer de couple.

Le troisième tient à l’instrument. L’Insee signale lui-même qu’un questionnaire rénové en 2020 identifie mieux les familles recomposées qu’auparavant : une partie de l’évolution des ménages complexes tient à cette amélioration de mesure, pas à un mouvement réel. L’institut a mis en ligne sur sa chaîne officielle une présentation de l’enquête qui sert à corriger ces angles.

Vidéo : Insee, chaîne officielle

Reste ce que le recensement ne voit pas du tout : les familles sans domicile stable, que le questionnaire atteint mal par construction, puisqu’il part du logement. Le prochain point de mesure viendra de la livraison suivante de cette même série annuelle.

Questions courantes

Un ménage et une famille, est-ce la même chose pour l’Insee ?
Non. Un ménage réunit toutes les personnes qui partagent le même logement à titre de résidence principale, quels que soient leurs liens de parenté : une colocation est un ménage. Une famille suppose au moins un lien de couple ou de filiation à l’intérieur du ménage. La France comptait 31,3 millions de ménages en 2023 et 18,6 millions de familles en 2022 : deux découpes de la même population.

L’allocation de rentrée scolaire est-elle versée automatiquement ?
Pour les allocataires de la Caf ou de la MSA dont l’enfant a moins de 16 ans, oui, à condition d’avoir déclaré ses revenus : aucune démarche n’est nécessaire. Au-delà de 16 ans, une déclaration de scolarité est demandée. Un enfant instruit à la maison n’ouvre pas droit à cette allocation.

Que faire quand la pension alimentaire n’est pas versée ?
Le service public des pensions alimentaires, porté par les Caf et la MSA via l’Aripa, verse la pension à la place du parent débiteur et se retourne ensuite contre lui. Le taux de récupération atteignait 73 % des pensions gérées par l’Aripa en 2022. Un numéro unique, le 3238, oriente les parents.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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« Clara » est la voix éditoriale d’Actu Alt Plus pour les Histoires humaines : récits incarnés, attention aux personnes, initiatives locales et solidarités souvent invisibles.

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