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Sommaire
Décryptage
Vous venez d’avoir un enfant et l’un de vous deux songe à réduire son activité. En France, ce sera presque toujours vous si vous êtes la mère : dix ans après une réforme conçue pour partager le congé parental entre les deux parents, la pratique n’a presque pas bougé.
La Prestation partagée d’éducation de l’enfant (PreParE) a remplacé l’ancien complément de libre choix d’activité en 2015, avec cet objectif affiché. L’évaluation officielle de la réforme, publiée en 2023, permet enfin de mesurer ce qui a vraiment changé, et ce qui n’a pas bougé d’un pouce.
En bref
- À taux plein, 0,5 % des pères d’un premier enfant prennent un congé parental, contre 13,7 % des mères, dix ans après la réforme de 2015.
- Chez les familles de deux enfants ou plus, le taux de recours des pères à taux plein plafonne à 0,8 % après la réforme, contre 0,6 % avant.
- La PreParE à taux plein verse 459,70 € par mois, un forfait identique quel que soit le salaire du parent qui la demande.
- La réforme a surtout fait progresser l’emploi des mères : +20 points de probabilité d’être en emploi la 3e année de l’enfant.
- Environ 70 % des pères travaillant à temps partiel et éligibles à la PreParE renoncent tout de même à la demander.
Le chiffre qui résume dix ans de réforme
Après la réforme de 2015, seuls 0,5 % des pères d’un premier enfant prennent un congé parental à taux plein, contre 13,7 % des mères, selon l’évaluation HCFEA-France Stratégie sur les données de la Cnaf portant sur la période 2015-2020.
Le contraste tient en une phrase, mais il vient de loin. Avant la réforme, l’ancien complément de libre choix d’activité (CLCA) était déjà pris à 97 % par des femmes, signale une évaluation distincte de la Sécurité sociale. Changer de nom et de mécanique n’a pas suffi à changer qui lève le pied.
L’évaluation citée plus haut a été conduite par le Cnam-CEET pour la Haute autorité chargée de la famille et France Stratégie, en comparant les familles ayant eu un enfant juste avant et juste après le 1er janvier 2015, sur données administratives de la Cnaf.
Le taux de recours rapporte le nombre de parents qui perçoivent effectivement la PreParE au nombre de parents éligibles au régime général de la Cnaf, pas à l’ensemble des naissances françaises de l’année. C’est ce dénominateur administratif, et non un sondage d’opinion, qui produit les deux chiffres ci-dessus.
Un forfait qui ne suit pas le salaire
La PreParE ne remplace pas un salaire, elle verse un montant fixe. À taux plein, sans aucune activité professionnelle, elle atteint 459,70 € par mois, quel que soit le revenu du parent qui la demande, cadre supérieur ou salarié au Smic.
Selon nos calculs, ce forfait ne représente que 31 % du Smic net en vigueur depuis la revalorisation du 1er juin 2026, fixé à 1 477,93 € net par mois. Pour un couple où l’un des deux parents gagne sensiblement plus que le Smic, la perte de revenu est donc bien plus lourde si c’est ce parent-là qui s’arrête.
Le tableau ci-dessous résume le barème en vigueur, dégressif selon l’activité conservée pendant le congé.
| Situation | Montant mensuel | Durée maximale par parent |
|---|---|---|
| Taux plein (aucune activité) | 459,70 € | 6 mois pour 1 enfant, 24 mois pour 2 enfants ou plus |
| Activité ≤ 50 % | 297,17 € | Même durée maximale, au prorata du temps travaillé |
| Activité entre 50 % et 80 % | 171,42 € | Même durée maximale, au prorata du temps travaillé |
| PreParE majorée (3 enfants ou plus, taux plein) | 751,40 € | 8 mois maximum |
Le montant ne varie donc jamais avec le salaire, seulement avec le temps de travail gardé pendant le congé.

La règle qui pousse au partage, sur le papier
Le partage n’est pas qu’un vœu pieux, il est inscrit dans la durée du droit. Pour un premier enfant, chaque parent peut toucher la PreParE jusqu’aux 6 mois de l’enfant. Pour deux enfants ou plus, ce plafond individuel grimpe à 24 mois par parent, jusqu’aux 3 ans du plus jeune.
Le raisonnement du législateur tenait en une idée simple : remplacer une durée ouverte à un seul parent par un droit à durée fixe, avec une année supplémentaire conditionnée au partage. Sur le papier, le calcul devait pousser les deux parents à se relayer plutôt qu’un seul à s’arrêter trois ans durant.
Concrètement, si le père ne prend pas sa part, la famille perd la troisième année de PreParE pour un deuxième enfant ou davantage. C’est la mécanique de la réforme, pas une punition, et les chiffres montrent ce qu’elle a produit. Chez les familles de deux enfants ou plus, selon une note de l’OFCE, le recours des mères au taux plein est tombé de 20,6 % à 5,7 % après la réforme, à la troisième année de l’enfant, pendant que celui des pères montait à peine, de 0,6 % à 0,8 %.
Ce n’est pas le partage qui a fait chuter la courbe des mères, c’est le plafond de deux ans. Les pères, eux, n’ont pas pris le relais laissé libre. Un autre droit s’est ajouté depuis, le congé de naissance effectif en juillet 2026, qui ouvre jusqu’à deux mois par parent en plus de la PreParE.
Ce que la réforme a changé, et ce qu’elle n’a pas changé
Sur l’emploi des mères, l’effet est net. La probabilité d’être en emploi la troisième année de l’enfant a augmenté de 20 points après la réforme, et de 3,4 points supplémentaires entre la 3e et la 6e année, selon la même évaluation.
Sur les revenus, l’écart de rémunération entre les deux parents s’est réduit de 14 % trois ans après la naissance, pour les mères d’au moins deux enfants concernées par la réforme. Leurs revenus d’activité annuels progressent de 3 480 €, leurs allocations chômage de 829 €.
Sur le partage lui-même, l’objectif affiché de 25 % de pères bénéficiaires reste hors d’atteinte. Le non-recours ne se limite pas à une question d’argent : environ 70 % des pères travaillant à temps partiel et éligibles à la PreParE renoncent quand même à la demander, un chiffre qui pointe vers un effet propre au genre, au-delà du seul montant.

Le calcul qui décide, dans la cuisine du couple
Le graphique ci-dessous met les taux de recours à taux plein côte à côte, premier enfant et deuxième enfant ou plus, pères et mères.

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L’écart se lit à l’œil, mais il tient moins à la loi qu’au calcul du ménage. Le forfait ne compense qu’une fraction du salaire, et c’est presque toujours le parent qui gagne le moins qui s’arrête, en pratique. En Suède, où deux mois de congé sont réservés au père sous peine d’être perdus, les pères représentaient 45,3 % des congés parentaux pris en 2016, contre 4,4 % en France la même année, selon Touteleurope.eu.
Avant de signer une demande de PreParE, comparez les deux montants nets sur vos bulletins de salaire, pas seulement les principes du partage. C’est ce chiffre-là, dans la plupart des foyers, qui décide lequel des deux parents s’arrête.
Questions courantes
Le montant de la PreParE change-t-il si on travaille à temps partiel pendant le congé ?
Oui. Il baisse en deux paliers selon l’activité conservée : 297,17 € par mois si elle reste au plus égale à 50 %, 171,42 € entre 50 % et 80 %, contre 459,70 € à taux plein sans aucune activité.
Qu’est-ce que la PreParE majorée ?
Une version réservée aux familles d’au moins trois enfants, versée uniquement à taux plein, pour un montant de 751,40 € par mois pendant huit mois maximum, sans option à temps partiel.
Que deviennent les parents qui ne reprennent pas d’activité à l’issue de la PreParE ?
Parmi les 43 % qui ne reprennent pas d’activité professionnelle, 28 % sont au chômage indemnisé, 19 % au chômage non indemnisé et 16 % déclarent être reparti en congé parental, tous parents confondus.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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