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Vous vous demandez peut-être si votre séparation a abîmé votre enfant. La réponse que donne une nouvelle étude est moins lourde que l’idée reçue. Sur 128 264 adultes américains, l’écart de dépression entre enfants de divorcés et enfants de parents mariés (19,2 % contre 14,1 %) disparaît statistiquement une fois la santé mentale des parents prise en compte (Psychiatry Research, novembre 2026). Ce que les travaux précédents mettaient au compte du divorce appartient largement à ce qui l’entourait.
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Une méta-analyse parue en 2019 avait établi ce lien sur 54 travaux et 506 299 participants, avec un odds ratio de 1,29 pour la dépression. Mary Kate Schilke, Philip Baiden et Esme Fuller-Thomson ont repris la question autrement. Leur article de Psychiatry Research exploite les vagues 2021-2024 du Behavioral Risk Factor Surveillance System, la grande enquête téléphonique de santé publique américaine. Un quart des répondants ont vu leurs parents divorcer avant leurs 18 ans. Les personnes déclarant des violences physiques ou sexuelles dans l’enfance ont été écartées de l’analyse. Le premier résultat confirmait l’idée reçue : une probabilité de dépression supérieure de 41 % (communiqué de l’Université de Toronto, 30 juillet 2026).
La maladie mentale des parents efface les deux tiers du lien
Les auteurs font alors entrer la santé mentale des parents dans le modèle, et l’association chute de 68 %. Les addictions parentales en retirent 49 % de leur côté. Avec le revenu, le niveau d’études et les comportements de santé, il ne reste plus de lien statistiquement significatif.
Un surcroît de 41 % rabattu de 68 % ne laisse qu’environ 13 %. Ce qui reste imputable au divorce lui-même pèse donc trois fois moins que le chiffre brut, et l’on n’a pas encore compté les addictions.
Plus de 20 % des enfants de divorcés avaient un parent atteint de maladie mentale, contre moins de 10 % quand les parents sont restés mariés. Pour les addictions, l’écart va de 15 % à 35 %. Un facteur de confusion est exactement cela : une cause commune aux deux choses qu’on croyait liées. La dépression d’un parent précède souvent la séparation, et elle pèse aussi sur l’enfant.
L’ordre des évènements compte plus que leur liste. Une dépression parentale qui s’installe avant la rupture fragilise le couple et l’enfant en même temps. Le divorce arrive ensuite, et il se coche dans un questionnaire. C’est lui que les enquêtes attrapaient.
Mis côte à côte, les quatre indicateurs de l’enquête ne pèsent pas du même poids.
| Indicateur | Parents restés mariés | Parents divorcés |
|---|---|---|
| Dépression diagnostiquée au cours de la vie | 14,1 % | 19,2 % |
| Détresse mentale fréquente (14 jours et plus par mois) | 8,5 % | 13,6 % |
| Maladie mentale d’un parent | moins de 10 % | plus de 20 % |
| Addiction d’un parent | 15 % | 35 % |
Vingt points d’écart, contre cinq. Chez les enfants de parents jamais mariés, la dépression touche 18,7 % et la détresse mentale fréquente 16,3 % ; la santé mentale parentale explique 52 % du lien.

Et chez nous ?
Ce que la France compte de son côté
En France, trois enfants mineurs sur dix vivent avec un seul de leurs parents en 2023, soit environ 4,2 millions sur 13,9 millions (Insee Première n° 2032, janvier 2025). La résidence alternée y progresse lentement : 4 % de tous les enfants mineurs en 2023, contre 3 % en 2018. L’enquête, elle, est américaine et n’a pas d’équivalent français sur ce point précis.
AAP mesurait le 1er septembre 2026 un écart de niveau de vie de 29,6 % entre un enfant de famille monoparentale et un enfant vivant avec ses deux parents. La carte des familles monoparentales le détaille département par département. La séparation a donc un coût mesuré en France, et il est d’abord matériel.
Les limites que les auteurs posent eux-mêmes
Le questionnaire du Behavioral Risk Factor Surveillance System est transversal : il photographie des adultes à un instant donné et ne remet pas les évènements dans l’ordre. Les souvenirs d’enfance sont déclarés au téléphone, avec les oublis que cela suppose. L’âge de l’enfant au moment de la séparation n’est pas connu, ni le niveau de vie de la famille à l’époque. Et la catégorie « parents jamais mariés » rassemble des situations très différentes, du concubinage durable au parent isolé (les limites de l’étude).
« Les difficultés familiales qui accompagnent souvent le divorce, en particulier la maladie mentale et les addictions des parents, semblent bien plus importantes », résume Mary Kate Schilke. Rien de tout cela ne rend une séparation indolore. L’étude compte des diagnostics et des jours de mal-être. Elle ne mesure pas ce qu’une rupture coûte au moment où elle arrive. Le levier qu’elle désigne est la santé du parent, pas son statut conjugal. La dépression adulte garde par ailleurs ses inconnues biologiques, du côté de la neurogenèse des adultes déprimés.
Ce bilan de 2019 portait un second résultat : entre 1990 et 2017, l’ampleur de l’effet mesuré n’a cessé de rétrécir.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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