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Sommaire
- Devinez avant de lire
- En bref
- Le sommet de la courbe tombe en 2037, et il est calculé
- Trois hypothèses, neuf scénarios, neuf dates de retournement
- En 2050, autant d’habitants qu’aujourd’hui, et quatre millions de seniors de plus
- Ce que le modèle tient pour acquis d’ici 2040
- Ce que ces projections ne disent pas
- Questions courantes
Devinez avant de lire
Selon le scénario central de l’Insee, combien de centenaires vivraient en France en 2070 ?
La réponse :
Décryptage
3,2 millions d’habitants en moins entre 2026 et 2070 : le chiffre vient des projections de population que l’Insee a publiées le 8 juin 2026. Il décrit un scénario dit central, pas une prévision, et il repose sur trois hypothèses écrites noir sur blanc par l’institut : une fécondité stabilisée à 1,45 enfant par femme à partir de 2028, un solde migratoire constant de +150 000 personnes par an, et des risques de décès qui continueraient de baisser au rythme des vingt dernières années.
Selon le scénario central des projections de population publiées par l’Insee le 8 juin 2026, la France compterait 65,887 millions d’habitants en 2070, contre 69,082 millions en 2026. Changez une seule de ces trois hypothèses et l’année où la population se met à baisser glisse de 2027 à 2053, quand elle ne sort pas de l’horizon.
En bref
- 65,887 millions d’habitants en 2070, contre 69,082 millions en 2026, dans le scénario central publié par l’Insee le 8 juin 2026.
- La population monterait d’abord jusqu’à 69,768 millions en 2037, au rythme de 56 000 personnes par an, contre environ +0,5 % par an depuis 1970.
- Huit des neuf scénarios diffusés font baisser la population avant 2070 : leur année de maximum va de 2027 à 2053.
- Le total 2070 va de 54,6 à 78,3 millions d’habitants selon la combinaison d’hypothèses retenue.
- Les 80 ans ou plus passeraient de 4,3 à 8,9 millions de personnes et les centenaires de 37 000 à 160 000.
Le sommet de la courbe tombe en 2037, et il est calculé
Jusqu’en 2037, la population continuerait d’augmenter pour atteindre 69,768 millions d’habitants, soit 56 000 personnes de plus chaque année en moyenne. Le rythme, +0,08 % par an, se compare aux quelque +0,5 % par an enregistrés entre 1970 et 2026 : la croissance ne s’arrête pas net, elle s’aplatit d’abord pendant une dizaine d’années.
Cette croissance résiduelle tiendrait entièrement au solde migratoire. Le solde naturel, différence entre les naissances et les décès, est devenu négatif en 2025 avec 645 000 naissances pour 651 000 décès, et il continuerait de se creuser : le scénario central le situe à -152 449 en 2037, puis à -343 115 en 2070, sous l’effet d’abord de la hausse des décès, ensuite de la baisse des naissances.

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La courbe se lit en deux temps : un plateau d’une décennie qui culmine en 2037, puis une pente régulière qui retire 3,9 millions d’habitants en trente-trois ans. Aucune de ces deux phases n’est observée. Ce sont des sorties de modèle, obtenues en projetant séparément la fécondité, la mortalité et le solde migratoire, année après année, à partir de la population estimée au 1er janvier 2023.
Trois hypothèses, neuf scénarios, neuf dates de retournement
L’Insee ne publie pas un chiffre mais un jeu de 27 scénarios, obtenu en croisant trois valeurs (basse, centrale, haute) pour chacune des trois composantes. Neuf d’entre eux sont mis en graphique dans la publication, et leur comparaison en apprend davantage que le seul scénario central.
Le tableau ci-dessous rassemble, pour chacun, l’hypothèse modifiée, l’année du maximum de population et le total en 2070. Les années de maximum ont été relues dans le fichier de données de la figure 3 : elles coïncident avec les dates citées dans le texte de l’institut.
| Scénario | Hypothèse modifiée | Année du maximum | Habitants en 2070 |
|---|---|---|---|
| Population basse | Les trois composantes à leur valeur basse | 2027 | 54,6 millions |
| Solde migratoire bas | +70 000 par an | 2028 | 60,9 millions |
| Fécondité basse | 1,20 enfant par femme | 2029 | 61,3 millions |
| Espérance de vie basse | 3 ans de moins qu’au central en 2070 | 2034 | 63,8 millions |
| Central | 1,45 enfant par femme et +150 000 par an | 2037 | 65,9 millions |
| Espérance de vie haute | 3 ans de plus qu’au central en 2070 | 2043 | 68,0 millions |
| Fécondité haute | 1,70 enfant par femme | 2052 | 70,8 millions |
| Solde migratoire haut | +230 000 par an | 2053 | 70,8 millions |
| Population haute | Les trois composantes à leur valeur haute | Aucun avant 2070 | 78,3 millions |
Deux lignes du tableau se répondent presque terme à terme. Une fécondité portée à 1,70 enfant par femme et un solde migratoire porté à +230 000 personnes par an aboutissent au même ordre de grandeur en 2070, 70,8 millions d’habitants dans les deux cas : dans ce modèle, les deux leviers pèsent quasiment le même poids. L’espérance de vie, elle, ne déplace le total que de 2,1 millions autour du central, dans un sens comme dans l’autre.

En 2050, autant d’habitants qu’aujourd’hui, et quatre millions de seniors de plus
La série annuelle de l’institut contient une coïncidence que la publication ne relève pas. Au 1er janvier 2050, le scénario central donne 69,082 millions d’habitants : exactement le total de 2026, au millier près. Vingt-quatre années de projection pour revenir au point de départ.
Le nombre est le même, la population ne l’est pas. Selon nos calculs, la France compterait alors 3,1 millions de personnes de moins de 20 ans en moins (12,4 millions contre 15,5) et 4,0 millions de personnes de 65 ans ou plus en plus (19,4 millions contre 15,3), la tranche des 45-64 ans restant à 17,5 millions.
Cette asymétrie est le vrai résultat de l’exercice. L’Insee l’écrit en une phrase : « Le vieillissement de la population est certain, mais la décrue de la population totale n’est que probable. » Le total dépend d’hypothèses discutées ; la déformation par âge, elle, est déjà largement inscrite dans les générations vivantes.
Ce que le modèle tient pour acquis d’ici 2040
À l’horizon 2040, l’Insee juge le vieillissement inéluctable et son ampleur connue, parce qu’il dépend surtout du passé : de la hausse d’espérance de vie déjà acquise et du passage à 65 ans des générations nées de 1961 à 1974. Le rapport de dépendance démographique, qui rapporte les 65 ans ou plus à 100 personnes de 20 à 64 ans, passerait de 40 en 2026 à 49 en 2040.
La fourchette y est étroite : 47 dans le scénario dit de population jeune, 51 dans celui de population âgée. Après 2040, elle s’ouvre largement, jusqu’à 50 pour 100 dans le premier, 62 dans le central et 78 dans le second à l’horizon 2070.
Derrière ces rapports, il y a des effectifs. Les personnes de 80 ans ou plus passeraient de 4,3 à 8,9 millions, et le nombre de centenaires de 37 000 en 2026 à 160 000 en 2070, sans jamais dépasser 0,24 % de la population. Dans les seize scénarios alternatifs détaillés par l’institut, ce dernier nombre s’étale de 90 000 à 360 000.
Série AAP
La première hypothèse est déjà testable. AAP comptait 313 931 naissances en France sur les six premiers mois de 2026, relevées le 30 juillet dans le bilan mensuel de l’Insee, quand le scénario central retient 630 843 naissances pour l’année entière. Doubler un semestre ne fait pas une année, les naissances n’étant pas réparties uniformément sur douze mois, mais l’ordre de grandeur obtenu, 627 862, situe l’année en cours à 0,5 % sous l’hypothèse du modèle.
L’institut a aussi mis en ligne sur sa chaîne officielle un entretien consacré à cet exercice, sous le titre « Projections de population à l’horizon 2070 ».
La publication, elle, le dit en une phrase dans sa rubrique méthodologique : les projections « ne sont pas des prévisions », elles « offrent un cadre d’analyse cohérent et partagé, permettant d’explorer différents futurs possibles ».

Ce que ces projections ne disent pas
Elles ne descendent à aucun niveau local. L’Insee Première n° 2108 porte sur la France entière, Mayotte comprise depuis 2014, et ne décline ni région ni département : aucune carte de la baisse ne peut en être tirée. Le mouvement interne se mesure ailleurs, et AAP l’a fait le 2 septembre : 5,9 millions de personnes ont emménagé dans une nouvelle résidence principale en 2023, soit 8,8 % de la population, contre 10,8 % dix ans plus tôt.
Elles ne sont pas non plus gravées. Les hypothèses ont été arrêtées après consultation de 220 experts, dont 84 ont répondu, et l’exercice est repris tous les cinq ans environ. La série complète des résultats est diffusée en même temps que la synthèse, scénario par scénario, ce qui permet à quiconque de refaire le chemin avec d’autres valeurs.
Reste l’écart déjà visible entre l’hypothèse et le présent. L’indicateur conjoncturel de fécondité s’établissait à 1,56 enfant par femme en 2025 ; le scénario central le fait descendre à 1,45 en 2028, puis l’y maintient pendant quarante-deux ans. Le prochain bilan démographique dira dans quel sens il bouge.
Questions courantes
Qui fixe les hypothèses de fécondité, de mortalité et de migration ?
L’Insee, à partir de l’analyse des évolutions démographiques récentes et d’une consultation d’experts. Pour l’exercice 2026, 220 spécialistes ont été sollicités et 84 ont répondu. Trois valeurs sont retenues pour chaque composante, une centrale encadrée par une basse et une haute, ce qui produit un jeu de 27 scénarios.
Ces projections existent-elles par région ou par département ?
Pas dans cette publication. L’Insee Première n° 2108 porte sur la France entière, Mayotte incluse depuis 2014, et ne fournit aucun résultat régional ou départemental. Aucun chiffre local ne peut donc en être déduit, y compris par répartition proportionnelle.
Combien de centenaires vivraient en France en 2070 ?
Environ 160 000 dans le scénario central, contre 37 000 estimés en 2026, soit quatre fois plus. Ils seraient 90 000 si l’espérance de vie progressait moins vite et le solde migratoire moins fort, et jusqu’à 360 000 dans le cas inverse. Même au plus haut, ils resteraient une fraction de pour cent de la population.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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