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En France, quelle distance médiane sépare la commune de départ et la commune d’arrivée d’un déménagement ?
La réponse :
Panorama
On déménage moins en France qu’il y a dix ans, et l’écart se chiffre à un million de personnes. En 2023, 5,9 millions de personnes ont emménagé dans une nouvelle résidence principale en France hors Mayotte, soit 8,8 % de la population contre 10,8 % en 2013, selon l’Insee Première n° 2073 publié le 30 septembre 2025. Ces données décrivent l’année 2023 et rien d’autre. Elles ont été publiées il y a près d’un an et ne racontent pas la rentrée de septembre 2026.
Selon nos calculs, le taux de 2013 appliqué à la population de 2023 donnerait 7,3 millions de personnes en mouvement, soit 1,3 million de plus que les 5,9 millions comptés. Cet écart ne se répartit pas au hasard : il manque d’abord dans le déménagement de proximité, celui qui ne change ni l’école ni le trajet du matin.
En bref
- Le taux de mobilité résidentielle culmine à 11,3 % en 2015, redescend à 9,8 % dès 2019 et finit à 8,8 % en 2023.
- Les déménagements à l’intérieur d’une même commune reculent de 20,9 % entre 2013 et 2023, contre 9,3 % pour les changements de département.
- Sur les 79 âges publiés par l’Insee, de 2 à 80 ans, la mobilité entre communes ne progresse qu’à sept d’entre eux : 19 ans, puis 63, 64, 65, 67, 75 et 77 ans.
- La distance médiane entre commune de départ et commune d’arrivée passe de 17,9 km en 2013 à 18,8 km en 2023.
- Les mobilités font gagner 6,9 habitants pour 1 000 aux espaces périurbains en 2023 ; l’Île-de-France en perd 8,4 pour 1 000 chaque année sur 2013-2023.
La pente commence en 2015, pas en 2020
Le décrochage n’a pas attendu le confinement. Le tableau année par année joint à la publication donne 10,8 % en 2013, un maximum à 11,3 % en 2015, encore 10,7 % en 2017, puis 9,8 % en 2019.
La série a un trou. L’enquête annuelle de recensement n’a pas eu lieu en 2020, l’année est portée comme non disponible, et personne ne peut dire ce qu’elle aurait montré. Ce qui suit reprend une pente déjà entamée : 9,6 % en 2021, 9,2 % en 2022.

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Lue ainsi, la baisse perd son air d’accident sanitaire. Elle ressemble à une dérive lente, installée depuis le milieu des années 2010, que la période 2020-2021 a creusée sans l’avoir ouverte.
Trois étages, et c’est le plus proche qui s’effondre
L’Insee range les déménagements en trois étages : rester dans sa commune, changer de commune sans quitter son département, changer de département. Les trois reculent, mais pas au même rythme, et c’est le plus court qui tombe le plus vite.
Le tableau ci-dessous met les volumes, les taux et les évolutions dans la même lecture, à partir de la figure 1 de la publication.
| Étage | Personnes 2013 | Personnes 2023 | Taux 2013 | Taux 2023 | Évolution des volumes |
|---|---|---|---|---|---|
| Au sein d’une même commune | 2 497 000 | 1 974 000 | 3,9 % | 2,9 % | -20,9 % |
| Autre commune du même département | 2 564 000 | 2 222 000 | 4,0 % | 3,3 % | -13,3 % |
| Autre département | 1 890 000 | 1 715 000 | 2,9 % | 2,5 % | -9,3 % |
| Ensemble des mobilités | 6 951 000 | 5 912 000 | 10,8 % | 8,8 % | -14,9 % |
Le déménagement du bout de la rue perd donc plus du cinquième de ses effectifs, quand le grand saut vers un autre département n’en perd qu’un peu moins d’un dixième. La part des mobilités qui font changer de commune monte même de 64,1 % à 66,6 % de l’ensemble : ce qui disparaît, c’est le petit mouvement, pas le grand.

Dix-neuf ans, l’âge qui résiste
La publication de l’Insee détaille la mobilité âge par âge, de 2 à 80 ans. Sur ces 79 âges, la mobilité entre communes ne progresse qu’à sept d’entre eux entre 2013 et 2023 : 19 ans, puis 63, 64, 65, 67, 75 et 77 ans. Elle recule à 66 âges et ne bouge pas aux six autres.
À 19 ans, elle passe de 15,6 % à 16,9 %. C’est l’âge du départ pour les études ou le premier emploi, et il tient. Six ans plus tard, la marche s’est abaissée : à 25 ans, 20,1 % des personnes changeaient de commune en 2013, elles sont 18,1 % en 2023.
Le déménagement à l’intérieur de sa propre commune, lui, recule aux 79 âges publiés, sans une seule exception. Selon le mode de cohabitation, la chute la plus marquée touche les adultes de famille monoparentale : 13,2 % en 2013, 8,9 % en 2023, soit 4,3 points perdus, là où un adulte de couple sans enfants n’en perd que 0,9.
Moins souvent, un peu plus loin
Quand un déménagement franchit la limite communale, il va désormais un peu plus loin. La distance médiane entre commune de départ et commune d’arrivée oscillait entre 16,7 et 17,9 km de 2013 à 2019. Elle atteint 18,6 km en 2021, puis 18,8 km en 2022 et 2023.
Un kilomètre de médiane gagné en dix ans reste un écart modeste. La moitié des personnes qui changent de commune s’installent toujours à moins de 19 km de leur ancienne mairie, soit la distance d’une couronne à la suivante plutôt que celle d’un départ vers une autre région.
L’Ouest et le périurbain gagnent, l’Île-de-France perd
Les mobilités résidentielles déplacent la population même quand elles se raréfient. Sur 2013-2023, l’Insee mesure un gain annuel moyen de 6,8 habitants pour 1 000 en Corse, 6,4 en Bretagne et 6,1 en Nouvelle-Aquitaine, contre une perte de 8,4 pour 1 000 en Île-de-France.
Ces classements demandent une lecture prudente, et l’Insee le dit lui-même. Il ne qualifie la tendance de significative que pour cinq régions : hausse en Bretagne, en Normandie et en Bourgogne-Franche-Comté, creusement du déficit en Île-de-France et en Guyane. Partout ailleurs, l’évolution sur dix ans est jugée non significative, et Mayotte n’est pas couverte.
Par densité de commune, le pôle de Paris passe d’un solde de -5,0 pour 1 000 en 2013 à -15,2 en 2021, puis -10,2 en 2023. Les autres pôles urbains denses glissent de -2,3 à -4,7 sur la même période. L’espace périurbain, lui, gagne 6,9 habitants pour 1 000 en 2023.
AAP mesurait le 29 juillet 2026 un recul de 24 % des naissances dans les aires d’attraction de moins de 50 000 habitants, contre 9 % dans celles de 700 000 habitants ou plus. Les deux mesures ne se comparent pas terme à terme : ce comptage des naissances suit des bébés par taille d’aire d’attraction, celui-ci suit des personnes par densité de commune. Elles disent au moins que le mouvement des familles ne se lit plus au niveau national.

Ce que ces chiffres ne disent pas
L’Insee avance une part d’explication et une seule : le vieillissement de la population et le poids croissant des plus âgés, moins mobiles, sont responsables de 14 % de la baisse globale de la mobilité sur dix ans. Les 86 % restants ne sont pas attribués.
Le marché du logement est le suspect immédiat, mais la publication ne l’accuse pas. Un document de travail de l’OCDE signé Dan Andrews, paru le 17 février 2011, pose que la mobilité résidentielle est plus forte là où les coûts de transaction sont bas, l’offre de logements réactive et l’encadrement des loyers limité. C’est une piste de recherche vieille de quinze ans, pas une explication de la courbe française.
Le parc de logements, lui, n’a pas cessé de grossir. Au 1er janvier 2025, la France hors Mayotte compte 38,4 millions de logements, dont 31,7 millions de résidences principales et 3,0 millions de logements vacants, soit 7,7 % du parc contre 8,1 % en 2019. Ces deux séries n’ont ni le même millésime ni le même champ, et l’Insee ne les relie pas.
Reste le calendrier. Le prochain point de la série portera sur 2024 et sortira de l’enquête de recensement de 2025 : on saura alors si 8,8 % était un palier ou une marche de plus.
Questions courantes
Comment l’Insee compte-t-il un déménagement ?
Par comparaison de deux enquêtes annuelles de recensement, celles de 2014 et de 2024. Une personne est comptée comme mobile si elle a changé de résidence principale au cours de l’année observée, à l’intérieur du territoire national. Le champ exclut Mayotte, et les départs vers l’étranger n’entrent pas dans le compte.
Les changements de région baissent-ils autant que le reste ?
Moins. Ils concernent 1 104 000 personnes en 2013 et 983 000 en 2023, soit un taux qui passe de 1,7 % à 1,5 % et une baisse de 11 % des volumes. Leur part dans l’ensemble des déménagements progresse même légèrement, de 15,9 % à 16,6 %.
Quelle situation d’activité déménage le plus ?
Les élèves, étudiants et stagiaires non rémunérés, avec 21,7 % de mobiles en 2013 et 18,8 % en 2023. Viennent ensuite les chômeurs, de 17,5 % à 13,5 %, puis les actifs occupés, de 12,4 % à 10,8 %. Les retraités ferment la marche, de 3,9 % à 3,4 %.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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