Jeune parent au visage générique et pensif poussant un landau dans une rue résidentielle calme en bordure de ville, en fin de journée.

Les bébés n’ont pas disparu, ils ont déménagé : 24 % de naissances en moins autour des petites villes

La chute de la natalité n'a rien d'uniforme. En croisant les tableaux de l'Insee, nous avons suivi le déplacement des naissances : 24 % de moins autour des plus petites villes, 9 % autour des plus grandes, et un glissement des communes-centres vers les couronnes.

Sommaire
  1. Devinez avant de lire
  2. En bref
  3. Une baisse nationale, des trajectoires locales
  4. Près de quatre départements sur dix cumulent tous les handicaps
  5. Plus le territoire est petit, plus les berceaux se vident
  6. Au centre les jeunes couples, en couronne les bébés
  7. Ce que ce déménagement change pour vous
  8. Méthode et limites
  9. Questions courantes

Devinez avant de lire

Entre 2022 et 2025, de combien le nombre de naissances a-t-il encore reculé en France hors Mayotte, selon l'Insee ?

Panorama

24 % de naissances en moins autour des plus petites villes entre 2010 et 2022, 9 % autour des plus grandes : la natalité française ne s’effondre pas partout, elle se déplace. Nous avons repris l’étude publiée le 23 juillet 2026 par l’Insee pour vous dire où naissent encore les enfants.

En bref

  • Notre lecture croisée des tableaux de l’Insee : le recul des naissances suit la taille du territoire, de 24 % dans les aires d’attraction de moins de 50 000 habitants à 9 % dans celles de 700 000 habitants ou plus, selon l’étude de l’Insee du 23 juillet 2026.
  • Au niveau national, les naissances ont chuté de 14 % entre 2010 et 2022 hors Mayotte, de 833 000 à 715 000, avec une fécondité au plus bas depuis un siècle.
  • Dans près de quatre départements sur dix, surtout au nord et au centre, trois effets se cumulent : fécondité en repli, déficit migratoire et vieillissement de la population féminine.
  • Dans les grandes aires, les communes-centres perdent plus de naissances que leurs couronnes (9,5 % contre 8,2 %) tout en attirant plus de futures mères : les familles déménagent en s’agrandissant.

Une baisse nationale, des trajectoires locales

Commençons par le socle. Entre 2010 et 2022, les naissances diminuent de 14 % en France hors Mayotte, de 833 000 à 715 000, et la fécondité passe de 2,03 à 1,76 enfant par femme. Le mouvement s’accélère ensuite : 11 % de naissances en moins entre 2022 et 2025, avec une fécondité tombée à 1,55, son plus bas niveau depuis 1918.

Les compteurs annuels disent la même chose : 643 905 bébés en 2025 selon les naissances de 2025, soit 24 % de moins qu’en 2010 à champ constant, le plus bas niveau depuis 1942. Et le bilan démographique 2025 enregistre un solde naturel négatif, une première depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Voilà pour le pays. Mais un pays ne fait pas d’enfants : des territoires en font, chacun à son rythme.

Rue principale déserte d'une petite ville française un matin de semaine, volets fermés et trottoirs vides.
Dans les aires d’attraction de moins de 50 000 habitants, les naissances ont reculé de 24 % entre 2010 et 2022.

Derrière la moyenne, deux France ne se ressemblent plus : celle où la maternité voit passer moins de familles, et celle où les écoles neuves poussent en bordure d’agglomération.

Près de quatre départements sur dix cumulent tous les handicaps

Dans près de quatre départements métropolitains sur dix, la baisse tient à un cumul de facteurs défavorables : fécondité en repli, déficit migratoire et vieillissement structurel de la population féminine. La moitié nord et le centre sont largement concernés, avec des reculs dépassant souvent 25 % : 31,3 % dans la Meuse, 30,6 % en Haute-Saône, 29,2 % dans les Vosges. Le point commun tient en une phrase de l’étude : une attractivité résidentielle limitée, où les départs de futures mères ne sont pas compensés.

À l’inverse, dans 18 départements souvent urbains ou littoraux, l’arrivée de ménages en âge d’avoir des enfants limite la baisse, et dans 6 d’entre eux cet effet devient prédominant : 2,4 % de naissances en moins en Gironde, 2,9 % en Haute-Garonne, et même plus 0,5 % en Haute-Savoie. Après 2022, le recul se généralise toutefois.

Nous avions déjà documenté les écarts entre communes sur la mortalité périnatale. Le message est le même : naître n’a pas la même statistique selon l’endroit.

Plus le territoire est petit, plus les berceaux se vident

L’Insee raisonne aussi par aire d’attraction des villes : un pôle de population et d’emploi et sa couronne, dont au moins 15 % des actifs travaillent dans ce pôle. C’est la maille qui colle le mieux à la vie des familles, celle où l’on habite d’un côté et où l’on travaille de l’autre.

Nous avons croisé les tableaux territoriaux de cette étude, et le résultat est net : moins l’aire est peuplée, plus le recul des naissances est fort, sans exception.

Recul des naissances entre 2010 et 2022 selon la taille de l'aire d'attraction des villes : 24,0 % dans les aires de moins de 50 000 habitants, 18,2 % de 50 000 à 200 000 habitants, 14,3 % de 200 000 à 700 000 habitants, 9,0 % à partir de 700 000 habitants, et 14,1 % pour la France hors Mayotte.
Graphique Actu Alt Plus. Source : Insee, Insee Première n° 2121, juillet 2026. Plus l’aire d’attraction est peuplée, moins les naissances reculent : l’écart atteint près du triple entre les plus petites aires et les plus grandes.
Reprendre ce graphique

Réutilisez ce graphique librement sur votre site, en citant Actu Alt Plus. Copiez le code ci-dessous :

Dans les aires de moins de 50 000 habitants et hors attraction des villes, la chute dépasse 20 %. Le nombre de femmes de 15 à 50 ans y diminue de 11 %, sous l’effet du vieillissement et des départs vers des zones plus peuplées, avec un recul de 16 % chez les 20-29 ans. Ce n’est pas un désir d’enfant qui s’éteint : c’est une population de parents possibles qui s’en va.

Les grandes aires amortissent : moins 14 % entre 200 000 et 700 000 habitants, moins 9 % au-dessus de 700 000 hors Paris, car l’offre d’emploi et d’études y attire des habitants en âge d’avoir des enfants. À Bordeaux, l’apport migratoire pèse plus 21,1 points et les naissances restent stables. À Grenoble, elles reculent de 20,5 %.

Au centre les jeunes couples, en couronne les bébés

Vient le mouvement le plus discret, et le plus parlant pour votre quotidien. Dans les grandes aires hors Paris, les communes-centres perdent un peu plus de naissances que leurs couronnes, moins 9,5 % contre moins 8,2 %, alors qu’elles gagnent davantage de femmes en âge d’avoir des enfants : plus 8,7 % contre plus 3,8 %.

L’explication tient à une fécondité plus faible au centre : 1,49 enfant par femme en 2022, contre 1,86 dans les couronnes. Les jeunes couples s’installent en ville, puis déménagent en périphérie quand la famille s’agrandit, pour accéder à des logements plus grands et plus abordables. La ville-centre accueille les couples, la couronne accueille les bébés.

Naissances et fécondité selon la catégorie de commune, 2010-2022

TerritoireNaissancesFécondité 2010Fécondité 2022
Paris, commune-centre-23,0 %1,561,38
Communes-centres des aires de 700 000 hab. ou plus-9,5 %1,751,49
Couronnes des aires de 700 000 hab. ou plus-8,2 %2,171,86
Aires de 200 000 à 700 000 hab.-14,3 %1,981,72
Aires de 50 000 à 200 000 hab.-18,2 %2,101,83
Aires de moins de 50 000 hab.-24,0 %2,111,81
France hors Mayotte-14,1 %2,031,76

Tableau Actu Alt Plus, d’après l’Insee Première n° 2121, figure 4. La ville-centre retient les couples, la couronne enregistre les naissances : c’est là que la fécondité reste la plus élevée.

Paris pousse la logique à l’extrême : 23,0 % de naissances en moins dans la commune-centre, 8,5 % dans sa couronne. Et au centre, la chute de la fécondité des 25-29 ans explique à elle seule la quasi-totalité de la baisse, contre la moitié au niveau national.

Ce que ce déménagement change pour vous

Ces pourcentages finissent toujours par prendre la forme d’un bâtiment. Une classe qui ferme d’un côté, un groupe scolaire qui ouvre de l’autre. Une maternité qui se vide, des crèches introuvables dans une couronne où les jeunes ménages arrivent ensemble. Le pays ne fait pas seulement moins d’enfants : il les fait ailleurs.

L’Insee nomme le ressort de ce mouvement sans le chiffrer : l’accès à des logements plus grands et plus abordables quand la famille s’agrandit. Nous nous en tenons là, sans y coller un prix au mètre carré que l’étude ne publie pas.

Lotissement récent en périphérie de ville, maisons mitoyennes avec jardins, vélo et poussette devant une allée, deux adultes vus de dos.
En couronne des grandes aires, la fécondité atteint 1,86 enfant par femme, contre 1,49 dans les communes-centres.

Cette France qui déménage, nous la croisons jusque dans le palmarès des prénoms, ou dans la progression du double nom de famille. Chaque naissance est une décision intime, mais l’addition dessine une carte.

Alors regardez votre commune, et celle d’à côté. Si l’école y perd une classe pendant que le lotissement voisin en gagne une, vous n’assistez pas à la fin d’un désir d’enfant. Vous assistez à un déménagement, à quinze kilomètres près.

Méthode et limites

Les évolutions territoriales proviennent de l’Insee Première n° 2121, paru le 23 juillet 2026. Elles reposent sur l’état civil, pour les naissances domiciliées chez la mère, et sur les recensements de 2010 et 2022, avec un lissage en moyenne triennale : l’évolution 2010-2022 compare les moyennes 2009-2011 et 2021-2023, sur le champ France hors Mayotte.

La décomposition en trois effets mesure des contributions statistiques, pas des intentions individuelles. Deux précisions : la fécondité 2025 vaut 1,55 enfant par femme hors Mayotte ici, contre 1,56 sur le champ France entière dans le bilan démographique, deux périmètres que nous n’additionnons pas ; et l’étude nomme le rôle du logement sans le quantifier, nous non plus.

Questions courantes

De combien les naissances ont-elles baissé en France ?
De 14 % entre 2010 et 2022 hors Mayotte, de 833 000 à 715 000, puis encore de 11 % entre 2022 et 2025. En 2025, 643 905 bébés sont nés, soit 24 % de moins qu’en 2010 : le plus bas niveau depuis 1942.

Pourquoi les petites villes perdent-elles davantage de naissances ?
Parce que la population qui pourrait avoir des enfants s’y raréfie. Dans les aires de moins de 50 000 habitants, la chute dépasse 20 % et le nombre de femmes de 15 à 50 ans diminue de 11 %, dont 16 % chez les 20-29 ans.

Les grandes villes échappent-elles à la baisse ?
Non, elles l’amortissent seulement. Les aires de 700 000 habitants ou plus, hors Paris, perdent 9 % de leurs naissances entre 2010 et 2022, contre 14,1 % pour la France hors Mayotte. Les écarts restent forts : plus 0,6 % à Bordeaux, moins 20,5 % à Grenoble.

Pourquoi les naissances reculent-elles plus dans les communes-centres ?
Les communes-centres des grandes aires perdent 9,5 % de naissances contre 8,2 % pour leurs couronnes, tout en gagnant plus de femmes en âge d’avoir des enfants. En cause, une fécondité plus faible au centre : 1,49 enfant par femme contre 1,86 en couronne.

Le prix du logement explique-t-il ce déplacement ?
L’Insee le nomme sans le mesurer : les familles déménagent en périphérie pour accéder à des logements plus grands et plus abordables, mais l’étude ne publie aucune donnée de prix. Nous restons à ce constat, sans chiffre immobilier.

Qu’est-ce qu’une aire d’attraction des villes ?
C’est un ensemble de communes d’un seul tenant, formé d’un pôle de population et d’emploi et d’une couronne dont au moins 15 % des actifs travaillent dans ce pôle. La commune la plus peuplée du pôle est la commune-centre.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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