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Mise en perspective
Vous signalez la disparition d’un proche majeur. La police peut, légalement, ne rien chercher. En France, aucune démarche administrative ne permet plus de faire rechercher un proche majeur depuis le 26 avril 2013 : seule une disparition jugée inquiétante ouvre une enquête. C’est le ressort exact des Évaporés, la série en six épisodes que France 2 a diffusée du 9 au 23 septembre 2026.
La page de la série pose la règle en une ligne : « Disparaître n’est pas un délit, c’est même un droit, supérieur à celui de savoir pourquoi. » Six épisodes de 52 minutes, une commandante de police jouée par Alexia Barlier, deux bénévoles : le scénario n’a pas eu besoin d’inventer ce droit.
Le fait
La procédure s’appelait la recherche dans l’intérêt des familles, et elle était administrative : on la demandait à l’État, pas à un juge. Elle reposait sur la circulaire n° 83-52 du 21 février 1983, abrogée par une circulaire du 26 avril 2013. La circulaire de 1983 a tenu trente ans.
La fiche du ministère de la Justice, mise à jour le 26 mai 2025, répond en deux phrases : « Non, il n’est plus possible de déposer une demande de recherche dans l’intérêt des familles. Cette procédure a été supprimée. » Rien ne l’a remplacée depuis.
Daniel Laurent, sénateur de Charente-Maritime, a demandé pourquoi. Sa question écrite, publiée au Journal officiel du Sénat le 30 avril 2015, décrivait des familles « démunies pour retrouver des proches ». Le ministère de l’intérieur a répondu le 8 décembre 2016.
Notre regard
L’article 74-1 du code de procédure pénale porte à lui seul toute la frontière. Il autorise les officiers de police judiciaire à perquisitionner et à saisir pour retrouver un mineur ou un majeur protégé. Puis il étend ces pouvoirs au « majeur présentant un caractère inquiétant ou suspect eu égard aux circonstances, à l’âge de l’intéressé ou à son état de santé ».
Ce que recouvre ce mot, personne ne l’a écrit. La fiche Service-public, vérifiée le 8 juillet 2026, l’admet : « Il n’existe pas de définition précise de la disparition inquiétante. » Elle propose quatre indices : un départ sans affaires personnelles, une vulnérabilité liée à l’âge, à la maladie, à une tutelle ou à un handicap, la découverte d’un courrier suicidaire ou de menaces, une suspicion de radicalisation.
Tout ce qu’une famille obtiendra dépend de ce classement. Voici la ligne de partage telle que les textes officiels la dessinent.
| Démarche | Possible en 2026 ? | Texte de référence |
|---|---|---|
| Faire rechercher un majeur « dans l’intérêt des familles » | Non, supprimée | Circulaire du 26 avril 2013 (fiche Justice.fr) |
| Signaler une disparition jugée inquiétante | Oui, sans délai minimum | Article 74-1 du code de procédure pénale |
| Obtenir l’inscription au fichier des personnes recherchées | Oui, décidée par les enquêteurs | Service-public, « Disparition d’un majeur » |
| Être informé de la fin des recherches | Oui | Service-public, « Disparition d’un majeur » |
| Obtenir l’adresse du proche retrouvé | Non s’il s’y oppose | Service-public, « Disparition d’un majeur » |
Quand le signalement est retenu, le nom entre au fichier des personnes recherchées : il ressortira à un contrôle routier ou au passage d’une frontière de l’espace Schengen. La dernière ligne du tableau est celle qui blesse. Une fois retrouvée, « la personne est libre d’entrer en contact ou non avec ses proches », et les services « ne peuvent pas communiquer son adresse ou son lieu de résidence si cette personne s’y oppose ». La famille apprendra qu’il est vivant. Elle n’apprendra pas où.

La nuance
Le ministère de l’intérieur a motivé la suppression. Sa réponse du 8 décembre 2016 avance trois raisons : la procédure était détournée à des fins privées (créanciers, pensions alimentaires, recherches de paternité), elle entrait en conflit avec la liberté d’aller et venir, et les familles disposent désormais des « réseaux sociaux, moteurs de recherche et sites internet dédiés ». La phrase suivante ferme la porte : « le Gouvernement n’envisage pas, hors disparition suspecte ou inquiétante, de mettre en œuvre de nouveaux dispositifs d’accompagnement. »
Le mot « évaporés » vient du Japon, où France Télévisions évoque au conditionnel « entre 5 000 et 10 000 » cas par an. Le droit français ne nomme jamais le départ volontaire : il ne décrit que les circonstances qui rendent une absence inquiétante. La série comble ce trou avec une brigade de fiction, une commandante et deux bénévoles qui cherchent des disparus volontaires sur lesquels la police n’enquête pas, faute d’éléments suspects.
Du côté de celui qui part, les textes ne disent rien. On sait seulement que l’absence déforme le temps : un pêcheur mexicain retrouvé vivant après quinze jours sous terre jurait n’en avoir passé que trois.
À surveiller
Aucun délai minimum n’est exigé pour signaler, ni 24 ni 48 heures : la déclaration se dépose immédiatement, au commissariat comme à la brigade. C’est ensuite la qualification d’inquiétante, appuyée sur des indices, qui déclenche l’article 74-1 et ses pouvoirs d’enquête.
Une date est déjà écrite dans la loi. L’ordonnance n° 2025-1091 du 19 novembre 2025 abroge l’article 74-1 à compter du 1er janvier 2029. L’article 74-1 quittera donc le code de procédure pénale ce jour-là. Le texte qui prendra sa place dira où passe, alors, la frontière entre un adulte qu’on cherche et un adulte qu’on laisse partir.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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