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Combien de séismes les sismologues ont-ils recensés autour du site nucléaire nord-coréen de Punggye-ri entre 2008 et 2025 ?
La réponse :
Le chiffre
Au pied du mont Mantap, dans le nord-est de la Corée du Nord, la terre n’a plus retrouvé son calme depuis l’explosion du 3 septembre 2017. Des sismologues de Corée du Sud, de Chine et des États-Unis y ont recensé 1 399 séismes entre 2008 et 2025 autour du site d’essais de Punggye-ri, selon leur étude parue dans Science le 17 septembre 2026. Ils y lisent la marque de failles anciennes réactivées par les tirs.
1 399séismes recensés autour de Punggye-ri entre 2008 et 2025
Autour du site nucléaire nord-coréen de Punggye-ri, 1 399 séismes ont été recensés entre 2008 et 2025, et leur rythme s’accélérait encore en mai 2025, près de huit ans après le dernier essai, selon l’étude publiée dans Science le 17 septembre 2026. Sur les dix-sept ans de signal continu passés au crible, l’équipe en a localisé précisément 955.
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Le portrait de cette activité ne ressemble à rien de naturel dans la région. Les secousses sont minuscules au départ, entre 1,0 et 1,3 de magnitude, puis dépassent 3,0 en 2023 et 2024, avec un maximum à 3,4. Elles se produisent à moins d’un kilomètre sous la surface, là où la péninsule coréenne tremble d’ordinaire vers 15 kilomètres de profondeur. Elles s’alignent peu à peu sur des structures faillées longues de 24 kilomètres, rapporte le Korea Herald. Avant 2017, aucun séisme crustal n’avait été enregistré dans un rayon de 50 kilomètres depuis 1904.
« L’activité sismique ne s’est pas calmée rapidement après l’essai de 2017. Les séismes ont continué pendant des années et ont peu à peu dessiné un motif plus net le long de failles existantes », explique Kim Kwang-hee, professeur de géologie à l’université nationale de Pusan et coauteur de l’étude.
Le tir de 2017 pesait mille fois celui de 2006
Le rendement de cette dernière explosion est estimé entre 100 et 250 kilotonnes, soit sept à dix-sept fois la bombe d’Hiroshima (environ 15 kilotonnes). Le catalogue sismique américain l’a enregistrée à la magnitude 6,3, contre 4,3 pour le tir inaugural de 2006. Deux degrés d’écart, sur une échelle où chaque degré multiplie par une trentaine l’énergie libérée : l’explosion de 2017 a donc relâché de l’ordre de mille fois l’énergie sismique de celle de 2006.
| Date (UTC) | Magnitude relevée | Événement |
|---|---|---|
| 9 octobre 2006 | 4,3 (mb) | Premier essai nucléaire nord-coréen |
| 25 mai 2009 | 4,7 (mb) | Deuxième essai |
| 12 février 2013 | 5,1 (mb) | Troisième essai |
| 6 janvier 2016 | 5,1 (mb) | Quatrième essai |
| 9 septembre 2016 | 5,3 (mb) | Cinquième essai |
| 3 septembre 2017, 3 h 30 | 6,3 (mb) | Sixième et dernier essai, 100 à 250 kilotonnes |
| 3 septembre 2017, 3 h 38 | 4,1 (ml) | Effondrement de la cavité, huit minutes et demie après le tir |
La chronologie de cette seule journée dit déjà que la roche a cédé : la cavité creusée par l’explosion s’est affaissée dans les minutes qui ont suivi. Une vingtaine de jours plus tard, la sismicité s’est intensifiée, et elle n’a plus cessé de gagner en intensité jusqu’à la fin du relevé.
Ce que la vérification des traités devra écouter plus longtemps
Les auteurs en tirent une conséquence qui dépasse la Corée du Nord : « Une activité sismique survenant des années après une détonation peut compliquer l’attribution et brouiller la distinction entre événements liés à l’explosion et événements tectoniques. » La fenêtre de temps pendant laquelle un site d’essais doit rester sous écoute passe ainsi de quelques semaines à plusieurs années.
Cette distinction est précisément le métier du réseau de surveillance international du traité d’interdiction complète des essais nucléaires, qui aligne 170 stations sismiques et 60 stations infrasons. La France y tient son rang : le centre national de données français est hébergé par le CEA. Celui-ci exploite notamment la station sismique PS18 installée à Tahiti, près du laboratoire de Pamatai, et transmet ses relevés au centre international de Vienne. L’écoute de la planète a toujours cette double vie, militaire et civile, où tout se joue au délai de réaction. Quatorze minutes avaient suffi à vider une école népalaise avant une crue, début septembre.
Les sismologues laissent une question ouverte. Si l’ensemble du système de failles réactivé venait à rompre d’un coup, la secousse atteindrait la magnitude 6,4. Davantage que le tir qui l’a mise en mouvement.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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