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Dans une vallée sinueuse au nord-ouest du cratère Jezero, cinq trous creusés par les débris de Perseverance viennent de livrer la solidité du sol martien. Le résultat est paru le 13 septembre 2026 dans Geophysical Research Letters, sous la signature d’une équipe de l’Imperial College London, de l’université Brown et du Jet Propulsion Laboratory. Leur conclusion : le terrain a cédé beaucoup trop facilement pour les modèles en vigueur.
Sous-produit d’un atterrissage, ces cratères ont fini par valoir une campagne de mesures.
Les deux cratères creusés par les masses de tungstène de Perseverance donnent au sol martien une cohésion d’environ 7 kilopascals, selon l’étude parue le 13 septembre 2026 dans Geophysical Research Letters.
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Un matériau peu consolidé, proche d’un sable meuble qu’on écraserait entre deux doigts.
Deux masses de tungstène et un étage qui se disloque
Le 18 février 2021, avant l’entrée dans l’atmosphère, le vaisseau se déleste. Partent d’abord deux masses de tungstène de 77 kilos, qui équilibraient la trajectoire pendant la croisière. L’étage de croisière suit, près de 540 kilos qui se fragmentent en vol.
Tout retombe à environ 70 kilomètres au nord-ouest du rebord de Jezero, sous un angle rasant d’une dizaine de degrés. Les caméras CTX et HiRISE de Mars Reconnaissance Orbiter photographient la zone au printemps 2021 : cinq cratères métriques, absents des images antérieures. Deux d’entre eux, baptisés CBMD-c et CBMD-e, sont attribués aux masses de tungstène ; les trois autres aux morceaux de l’étage.
L’équipe a croisé l’analyse des images orbitales avec une modélisation de choc en trois dimensions, puis cherché quelle résistance du sol reproduit les cratères observés : une cohésion faible, compatible avec un régolithe.
Les lois d’échelle se trompent d’un facteur dix
Les relations d’échelle classiques surestiment la taille des cratères dans ce cas de figure. L’écart peut atteindre un ordre de grandeur lorsqu’un objet dense frappe un terrain peu dense sous un angle rasant. Autrement dit, les formules qui servent à interpréter les cratères martiens depuis l’orbite se trompent de cible quand l’impacteur est un morceau de vaisseau.
Ce chiffre en rappelle un autre : dans Elysium Planitia, à des milliers de kilomètres de là, la taupe d’InSight s’était cassé les dents sur une croûte cimentée que personne n’attendait là. En découpant cette duricroûte avec la pelle du bras robotique, l’équipe avait estimé sa cohésion à 5,8 kilopascals ; la théorie de la pénétration donnait 2 à 15 kilopascals selon l’angle de frottement retenu.
| Site | Méthode | Cohésion estimée |
|---|---|---|
| Vallée au nord-ouest de Jezero, débris de Mars 2020 | Imagerie orbitale et modélisation de choc en trois dimensions, 2026 | environ 7 kPa |
| Elysium Planitia, site d’InSight | Découpe de la duricroûte à la pelle du bras robotique, 2022 | 5,8 kPa |
| Elysium Planitia, site d’InSight | Théorie de la pénétration du cône, selon l’angle de frottement | 2 à 15 kPa |
| Ouest du cratère Gale, débris de Curiosity | Cratères relevés par HiRISE en 2012, de trois à cinq mètres | non publiée |
Les méthodes n’ont rien à voir, les profondeurs sondées non plus. Elles tombent pourtant dans la même fourchette.
Un impact par accident vaut une expérience
L’idée n’est pas neuve : en août 2012, l’étage de croisière et les deux masses d’équilibrage de Curiosity avaient déjà creusé leurs propres cicatrices, à quelque 80 kilomètres à l’ouest du site d’atterrissage. HiRISE y avait relevé des cratères de trois à cinq mètres et un champ de débris long d’au moins huit kilomètres.
L’arrivée de Perseverance, elle, avait déjà servi une fois. Ce 18 février 2021, les capteurs d’InSight écoutaient le sol et l’air pour capter les ondes de l’entrée atmosphérique et des impacts. Ils n’ont rien entendu, et ce silence a servi : il a permis de borner l’efficacité sismique des impacts martiens.
Reste ce que ça change au sol. Un terrain qui cède à quelques kilopascals se creuse sans effort, mais il porte mal une charge. Les auteurs proposent donc de traiter ces impacts comme un instrument à part entière : la quincaillerie larguée à l’arrivée sonde le sous-sol là où aucun rover ne passera jamais. Le détail pèse dès qu’on empile les clés de l’exploration spatiale, du choix d’un site à la forme des pieds d’atterrisseur. Il pèse aussi sur les projets de ville lunaire, où la question des fondations se pose dans les mêmes termes.
La prochaine mission emportera ses ballasts comme les précédentes. Reste à choisir où les faire tomber.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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