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Au lycée, le risque important de dépression touche désormais 25,7 % des filles contre 11,7 % des garçons, selon l’enquête nationale EnCLASS 2024 publiée le 2 juin 2026 par Santé publique France. Soit plus du double chez les filles. C’est ce déséquilibre, et non l’âge des élèves, qui ressort de l’enquête, et il s’élargit par rapport à la précédente édition de 2022. Pour un parent, c’est l’information qui compte vraiment derrière les gros titres sur le mal-être des ados.
En bref
- Au lycée, 25,7 % des filles présentent un risque important de dépression, contre 11,7 % des garçons.
- Tous niveaux confondus, 18,9 % des lycéens sont concernés, soit 3,5 points de plus qu’en 2022.
- L’enquête ne trouve aucun écart significatif selon la classe : ce n’est pas l’âge qui pèse, c’est le sexe.
- La santé mentale se dégrade pendant le collège et ne remonte pas au lycée.
L’enquête EnCLASS est menée par l’École des hautes études en santé publique et l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives, avec l’Éducation nationale. L’édition 2024 a interrogé 14 298 élèves dans 99 collèges et 175 lycées de France hexagonale, dont 5 003 collégiens et 9 295 lycéens. Un échantillon de cette taille, renouvelé tous les quatre ans, permet de suivre une tendance plutôt qu’une humeur passagère.

Le symptôme avant le diagnostic
Le risque de dépression se mesure ici à partir des symptômes que les lycéens décrivent eux-mêmes, sur une échelle clinique appelée ADRS. Concrètement, l’élève dit vrai ou faux à des phrases comme « je n’ai pas d’énergie pour l’école » ou « j’ai du mal à réfléchir ». À partir de sept réponses concordantes, l’enquête parle de risque important. Ce n’est pas un diagnostic médical, mais un signal d’alerte que les soignants prennent au sérieux.
Les symptômes les plus cités donnent une idée très concrète de ce que vivent ces adolescents. Le graphique ci-dessous reprend les quatre plaintes qui reviennent le plus souvent chez les lycéens.

Le manque d’énergie domine, devant les difficultés de concentration et le découragement. Des signes faciles à confondre avec de la fainéantise ou une mauvaise passe, alors qu’ils dessinent souvent le même tableau. Et derrière chacun, l’enquête note que les filles sont systématiquement plus concernées que les garçons.
Pourquoi le sexe pèse plus que l’âge
C’est le point le plus contre-intuitif de l’enquête. On imagine volontiers que le grand saut, c’est le passage au lycée, avec sa pression scolaire et l’angoisse de l’orientation. Or, sur le risque de dépression, Santé publique France ne relève aucune différence significative entre la seconde et la terminale. Le clivage qui structure tout, c’est celui entre les filles et les garçons.
La bascule se joue plus tôt, et autrement. L’enquête observe que la santé mentale et le bien-être des élèves se dégradent pendant le collège, puis ne s’améliorent pas au lycée : le creux s’installe à l’adolescence et ne se rebouche pas tout seul. Sur l’ensemble des indicateurs, les filles partent avec un niveau de bien-être plus bas, et l’écart avec les garçons, déjà visible en 2022, s’est encore élargi.
Ce surrisque féminin n’est pas propre à une question. Plus d’une lycéenne sur cinq, 21,4 %, déclare avoir ressenti l’envie de mourir au cours de l’année, contre 11,9 % des garçons. Les hospitalisations pour gestes auto-infligés chez les jeunes filles de 10 à 19 ans progressent d’ailleurs sans interruption depuis 2020, un signal que Santé publique France suit en parallèle dans ses données hospitalières. Les chercheurs avancent plusieurs pistes pour l’expliquer, des usages numériques qui nourrissent les comparaisons aux normes sociales qui pèsent différemment sur les filles, sans qu’une cause unique se dégage.

Ce que les chiffres permettent de faire
Mis à plat, le tableau a une vertu pratique pour les familles : il dit où regarder. Voici comment se répartit, par sexe, ce risque important de dépression au lycée, à côté des comportements suicidaires mesurés dans la même enquête.
| Indicateur (lycéens, 2024) | Filles | Garçons |
|---|---|---|
| Risque important de dépression | 25,7 % | 11,7 % |
| Pensées suicidaires sur 12 mois | 24,9 % | 14,5 % |
| Tentative de suicide au cours de la vie | 19,4 % | 10,6 % |
Le même écart se retrouve d’un indicateur à l’autre, ce qui écarte l’idée d’un chiffre isolé. Un point rassure toutefois : entre 2022 et 2024, les pensées suicidaires déclarées par les lycéens ont reculé de quatre points, et le sentiment de solitude diminue lui aussi. La photographie n’est donc pas uniformément noire, elle est contrastée, avec un bien-être mental en hausse pour la majorité.
Reste l’essentiel pour qui vit avec un adolescent à la maison. Un repli, une fatigue qui ne passe pas, une élève qui décroche en silence ne sont pas forcément un caprice. Repérer tôt, nommer, et orienter vers une écoute, c’est précisément ce que recommande l’enquête. La bonne nouvelle, c’est que les ressources existent et qu’elles sont gratuites.
Questions courantes
Que mesure exactement EnCLASS 2024 ?
La santé mentale et le bien-être des collégiens et lycéens en France hexagonale, à partir de 14 298 élèves interrogés en 2024 dans 99 collèges et 175 lycées. Le risque de dépression n’y est évalué que chez les lycéens.
Pourquoi parler d’écart filles-garçons plutôt que d’âge ?
Parce que l’enquête ne trouve pas de différence significative de risque dépressif entre la seconde et la terminale, mais un écart net selon le sexe : 25,7 % des filles contre 11,7 % des garçons.
Les chiffres se dégradent-ils partout ?
Non. Le risque de dépression progresse chez les lycéens depuis 2022, mais les pensées suicidaires reculent de quatre points et le bien-être mental remonte pour la majorité des élèves.
À qui parler si un ado va mal ?
Le Fil Santé Jeunes (0 800 235 236, 7 jours sur 7 de 9h à 23h) écoute les 12-25 ans. En cas de détresse, le 3114, numéro national de prévention du suicide, est joignable 24h/24 et 7j/7, pour les jeunes comme pour leur entourage.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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