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Sommaire
- Pourquoi une altitude a-t-elle besoin d’un zéro ?
- À quoi ressemble concrètement ce zéro ?
- Qui a tenu le carnet pendant un siècle ?
- La Méditerranée est-elle au même niveau que l’Atlantique ?
- Si la mer monte, votre altitude baisse-t-elle ?
- Le marégraphe sert-il encore à quelque chose ?
- Votre altitude dépend-elle du même zéro partout en France ?
Questions-réponses
Vous lisez une altitude sur un panneau de col : elle est comptée depuis une cave de Marseille. Le zéro officiel des altitudes françaises est un rivet en bronze scellé dans le granit, à la cote 1,661 m, dans la chambre souterraine du marégraphe de la Corniche. Il repose sur les marées relevées là entre le 1er février 1885 et le 1er janvier 1897, et il sert toujours de référence.
Pourquoi une altitude a-t-elle besoin d’un zéro ?
Parce qu’une altitude n’est pas une hauteur en soi : c’est un écart à une surface de référence. Sans point de départ commun, deux communes voisines ne parleraient pas la même langue. La France a donc retenu le niveau moyen de la mer, observé en un seul endroit, puis propagé de proche en proche par le réseau de nivellement. Celui-ci compte environ 330 000 repères, du premier ordre (15 000 km de cheminements) au quatrième (220 000 km). Une altitude reste une convention, au même titre que jour et nuit égaux à l’équinoxe.
À quoi ressemble concrètement ce zéro ?
À un rivet. La fiche IGN du marégraphe le décrit comme un « rivet en bronze dont la calotte supérieure est faite en un alliage très dur de platine et d’iridium », scellé dans un bloc cylindrique de granit lui-même incrusté dans le rocher. Il porte un matricule, M.AC – 0-VIII, et deux cotes selon le système : 1,660 m chez Lallemand, 1,661 m dans le NGF/IGN69 en vigueur. Toutes les altitudes de France continentale se comptent depuis un rivet en bronze à 1,661 m, scellé sous le marégraphe de Marseille, qui a vu la mer monter d’environ 18 cm depuis la fin du XIXe siècle.
Qui a tenu le carnet pendant un siècle ?
Un appareil mécanique, le Reitz, entré en service au début de février 1885. Un flotteur suit l’eau, une poulie et des pignons transmettent le mouvement, un organe scripteur trace la courbe sur un papier enroulé autour d’un cylindre entraîné par une horloge. Il a écrit jusqu’en 1988. Les 1 200 marégrammes accumulés ont été numérisés entre 1996 et 2001. En 2002, le ministère de la Culture a classé l’édifice et l’appareil parmi les monuments historiques.
La Méditerranée est-elle au même niveau que l’Atlantique ?
Non, et l’écart est chiffré. « La surface méditerranéenne serait (du moins à Marseille) environ 15 cm plus basse que la surface océanique », écrit l’IGN. Le port de référence n’est donc pas un détail administratif : une altitude française est une altitude au-dessus de Marseille, pas au-dessus de la mer en général. L’État avait demandé l’installation d’un marégraphe dans la ville dès juillet 1879.
Si la mer monte, votre altitude baisse-t-elle ?
Non. Le repère est un objet scellé dans le rocher : il ne suit pas la mer, il l’observe. La mer, elle, a bougé. L’IGN mesure 18 cm de hausse du niveau moyen à Marseille depuis la fin du dix-neuvième siècle, à peu près la hauteur d’une marche d’escalier. Le zéro, lui, n’a pas bougé.
Le marégraphe sert-il encore à quelque chose ?
Oui, et de moins en moins pour les altitudes. Un télémètre à émission radar et une centrale d’acquisition numérique y ont été installés en juillet 1998, puis remplacés par un instrument plus moderne en avril 2009 ; la mesure est annoncée meilleure que 2 cm à 99,5 % de confiance. En juin 2023, l’Organisation météorologique mondiale l’a reconnu station d’observation marine centenaire. L’IGN a annoncé le 15 septembre 2023 une rénovation de 230 000 euros, financée avec la Région Sud, la mission Stéphane Bern et des dons privés. Les mesures rejoignent désormais data.shom.fr via le réseau Refmar.
Votre altitude dépend-elle du même zéro partout en France ?
Non. La Corse ne descend pas de Marseille : son origine vient des marées observées à Ajaccio de 1912 à 1937, et son repère fondamental est scellé dans un mur de soutènement de la place Abbatucci. L’outre-mer suit la même logique, chaque territoire calant ses altitudes sur un port proche.
Mises côte à côte, les origines publiées par l’IGN dessinent une géographie de ports et de campagnes de mesure très inégales.
| Système altimétrique | Territoire | Origine (marée observée) | Période d’observation |
|---|---|---|---|
| NGF/IGN69 | France continentale | Marégraphe de Marseille | 1er février 1885 au 1er janvier 1897 |
| NGF/IGN78 | Corse | Port d’Ajaccio | 1912 à 1937 |
| IGN 1989 | La Réunion | Port de Saint-Pierre | non publiée sur la fiche |
| IGN 1988 | Guadeloupe | Pointe-Fouillole | 1947 à 1948 |
| IGN 2023 | Mayotte | Dzaoudzi | référence SHOM 2015 |
Douze ans d’observations pour la métropole, vingt-cinq pour la Corse, deux pour la Guadeloupe : la même notion d’altitude repose sur des socles de durées très différentes. Le voyageur qui passe de Bastia à Nice change de système sans s’en apercevoir.

Le jour où cette cote de 1,661 m changera, ce ne sera pas la montagne qui aura bougé.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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