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Dans les collines des Mount Lofty Ranges, au sud de l’Australie, les koalas se portent trop bien. Une étude publiée dans la revue Ecology and Evolution y recense environ 10 % de tous les koalas du pays, sur un territoire qui ne peut pas les nourrir tous. Sans intervention, l’abondance pourrait se retourner en famine : des eucalyptus surbroutés, puis des animaux qui meurent de faim par milliers. La nouvelle dérange parce qu’elle inverse le récit habituel du koala menacé, et parce que le remède proposé met tout le monde mal à l’aise.
En bref
- Les Mount Lofty Ranges abritent environ 10 % des koalas d’Australie, à des densités jugées non soutenables.
- Sans action, la population pourrait croître de 17 à 25 % en 25 ans, avec un risque de famine de masse par surbroutage.
- Le plan modélisé: stériliser 22 % des femelles adultes par an dans les zones les plus denses, pour environ 34 millions de dollars sur 25 ans.
- Ni abattage ni déplacement: les chercheurs écartent les outils classiques, jugés inacceptables pour une espèce icône.
Une réussite qui tourne au piège
Pendant que les koalas déclinent fortement dans l’est du continent, ceux du sud prospèrent, sans prédateur naturel pour les réguler et sur un massif morcelé dont ils ne sortent plus guère. Les chercheurs, menés par Frederik Saltre, du Australian Museum et de l’University of Technology Sydney, ont croisé une modélisation spatiale fine avec des milliers d’observations citoyennes. Leur verdict, rapporté par l’University of Technology Sydney, est sans détour: dans beaucoup de secteurs, la densité dépasse déjà ce que la forêt peut supporter.
Le mécanisme est simple à se représenter. Un koala mange surtout des feuilles d’eucalyptus, presque rien d’autre, et il en faut beaucoup. Trop de bouches sur trop peu d’arbres, et la canopée ne se renouvelle plus assez vite: c’est le surbroutage, quand un herbivore consomme la végétation plus vite qu’elle ne repousse. La projection des chercheurs ajoute une croissance possible de 17 à 25 % sur vingt-cinq ans: suivie jusqu’au bout, cette courbe mène non pas à un équilibre, mais à un effondrement.

Le chiffre qui dérange: 22 % de femelles stérilisées
Plutôt que d’abattre ou de déplacer, l’équipe a testé par simulation plusieurs stratégies, et une seule stabilise la population à un coût tenable. Pour saisir d’un coup l’ampleur du plan, voici ses trois chiffres-clés mis côte à côte.

Ce graphe dit l’essentiel: il ne s’agit pas de toucher tous les koalas, mais d’agir sur les foyers les plus denses, en stérilisant chaque année environ 22 % des femelles adultes. C’est ce ciblage qui rend la facture supportable, estimée à 34 millions de dollars australiens sur vingt-cinq ans selon l’étude. La stérilisation réversible évite l’image de l’abattage, mais elle assume une chose: décider combien de koalas une forêt a le droit de porter.
Le dilemme moral est là, et les chercheurs ne le cachent pas. Comme le résume la coautrice Katharina Peters, de l’University of Wollongong, gérer une espèce menacée par sa propre abondance oblige à choisir entre des outils qui heurtent l’opinion et d’autres jugés indignes d’un animal icône. Le pari du plan, c’est la proactivité: simuler à l’avance ce qui marche, plutôt que dépenser sans savoir.
Un dilemme qui ne s’arrête pas à l’Australie
La question déborde largement le cas du koala. En France, la régulation d’une espèce surabondante a déjà un visage familier, celui du sanglier. La Fédération nationale des chasseurs et l’Office français de la biodiversité ont compté 881 372 sangliers prélevés pour la saison 2024-2025, un record en hausse de 2,1 %, alors que les populations continuent pourtant de grimper. Le contraste avec l’Australie est frappant: deux pays face à une surpopulation animale, deux doctrines opposées du remède.
Pour rendre ce contraste lisible, nous avons mis les deux approches en regard, à partir des chiffres officiels de chaque pays.
| Surpopulation gérée | Outil principal | Repère chiffré |
|---|---|---|
| Koala, Australie du Sud | Stérilisation ciblée | 22 % des femelles adultes par an |
| Sanglier, France | Abattage (prélèvement) | 881 372 prélevés en 2024-2025 |
Le rapprochement n’est pas qu’une curiosité. D’un côté, le fusil, massif, et une facture des dégâts agricoles qui avoisine 90 millions d’euros par an à la charge des chasseurs. De l’autre, la seringue, ciblée, pensée pour ne pas heurter l’attachement du public à une espèce-symbole. Aucune des deux voies n’est confortable, et toutes deux posent la même question impossible.

Car derrière le koala se cache un basculement plus large. On a longtemps pensé la conservation comme un combat pour faire remonter des effectifs en chute. Voilà qu’elle doit parfois faire l’inverse, et choisir le bon nombre d’une espèce qu’on aime. Le jour où sauver le vivant veut dire en limiter une partie, qui tient le curseur, et avec quels outils acceptables? La même question vous attend, sous d’autres formes, dans les forêts et jusque dans certaines villes françaises, comme nous l’avions vu quand une surprise taxonomique chez les manchots papous est devenue une alerte de conservation.
Questions courantes
Pourquoi trop de koalas est-il un problème?
Parce que dans les Mount Lofty Ranges, leur densité dépasse ce que la forêt peut nourrir. À force de surbrouter les eucalyptus, les koalas risquent d’épuiser leur propre garde-manger et de mourir de faim en masse.
En quoi consiste le plan proposé?
Stériliser environ 22 % des femelles adultes chaque année, uniquement dans les zones les plus denses, pour un coût estimé à 34 millions de dollars australiens sur vingt-cinq ans. Ni abattage, ni déplacement.
Combien de koalas vivent dans cette région?
L’étude estime que les Mount Lofty Ranges abritent environ 10 % de tous les koalas d’Australie, et que la population pourrait encore croître de 17 à 25 % en vingt-cinq ans sans intervention.
La France connaît-elle un cas comparable?
Oui, avec le sanglier: 881 372 ont été prélevés en 2024-2025 selon la Fédération nationale des chasseurs et l’OFB, un record, mais par l’abattage plutôt que par le contrôle des naissances.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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