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Vous connaissez l’élève qui prend toute la place dès la rentrée. Une équipe de la Washington State University a suivi 252 adolescents de 15 à 18 ans pendant 22 semaines dans un programme résidentiel américain pour savoir ce que devient sa cote, et publie son étude le 21 avril 2026 dans le Journal of Social and Personal Relationships : le narcissisme grandiose que ces jeunes se reconnaissaient allait de pair avec la popularité au bout de sept semaines, plus du tout quinze semaines plus tard, et à aucun moment avec le fait d’être apprécié.
Le détail qui intéressera les parents tient dans une analyse de suivi. Les adolescents que leurs camarades désignaient comme vantards au relevé de la septième semaine étaient aussi ceux qu’ils citaient comme populaires à ce moment-là. Quinze semaines plus tard, leur popularité avait nettement reculé. La vantardise n’a pas seulement cessé de payer, elle a coûté.
Le protocole se décrit en trois lignes. Deux fois, à sept puis à vingt-deux semaines, chaque jeune devait désigner jusqu’à trois camarades de son groupe de vie correspondant à une liste de descriptions : populaire, apprécié, rejeté, sûr de lui, vantard, dominant. En parallèle, chacun remplissait un questionnaire sur sa propre image de soi. Les deux colonnes ne se superposent pas.
| Revue | Année | Adolescents suivis |
|---|---|---|
| Journal of Personality | 2017 | 136 |
| Journal of Individual Differences | 2021 | 246 |
| Journal of Social and Personal Relationships | 2026 | 252 |
| Total | 634 |
Populaire et apprécié sont deux comptes séparés
C’est la distinction que l’étude rend mesurable, et elle vaut pour n’importe quelle classe de seconde. Être populaire, c’est occuper l’espace social : on sait qui c’est, on le cite, il pèse sur les décisions du groupe. Être apprécié, c’est autre chose : on a envie de s’asseoir à côté. Le narcissisme grandiose déclaré n’a été associé qu’à la visibilité, et seulement au début du séjour. Sur 252 adolescents américains de 15 à 18 ans suivis 22 semaines, le narcissisme grandiose déclaré prédit la popularité à la septième semaine, plus rien à la vingt-deuxième, et à aucun moment le fait d’être apprécié (Journal of Social and Personal Relationships, 21 avril 2026).
La séparation des deux comptes n’est pas une subtilité d’université. Un adolescent peut être cité par la moitié de son groupe comme populaire et par personne comme apprécié : les colonnes sont indépendantes, un même camarade pouvant donner trois noms dans l’une et trois autres dans la suivante.
Deux traits ont mieux tenu dans le temps. Quand les camarades désignaient quelqu’un comme sûr de lui ou comme dominant, celui-là était vu comme populaire aux deux relevés, rapporte la synthèse de psypost. Le narcissisme vulnérable, la version fragile qui dépend du regard des autres, n’a presque rien prédit : une association faible avec le fait d’être rejeté dans les premières semaines, et c’est tout.

Trois cohortes, dix ans, le même écart
Cette équipe met face à face depuis dix ans ce qu’un adolescent dit de lui et ce que son groupe en dit, toujours dans le même programme résidentiel. En 2017, sur 136 adolescents de 16 à 19 ans, le narcissisme dit communal, celui qui se vante d’être serviable, allait de pair avec des comportements prosociaux auto-déclarés mais avec de l’agressivité rapportée par les pairs, selon Journal of Personality. En 2021, sur 246 adolescents du même âge, ce narcissisme communal était associé négativement à l’empathie auto-déclarée, quand un souci des autres sans grandiosité allait, lui, avec de l’empathie et des conduites prosociales vues par les pairs, mesure Journal of Individual Differences.
Additionnées, les trois cohortes font 634 adolescents au total, et la même mécanique s’y répète : ce que le jeune coche sur son questionnaire renseigne sur le jeune, pas sur la place qu’il occupe.
Ce que le cadre retranche
Le programme n’est pas un collège. Uniformes, routines strictes, code de conduite : il s’agit d’un internat quasi militaire destiné à des jeunes qui ont décroché de l’école ou qui sont sur le point de le faire. Les auteurs le signalent eux-mêmes, un environnement aussi cadré peut récompenser la dominance et l’assurance autrement qu’un lycée ordinaire. L’étude est par ailleurs corrélationnelle : elle établit que la vantardise précoce et la baisse de cote vont ensemble, pas que l’une produise l’autre. Ce qui se transporte hors du décor, c’est le calendrier : sept semaines pour que la cote monte, quinze de plus pour qu’elle redescende.
Pour un parent, la conséquence est étroite et utile. L’enfant qui rentre en disant que tout le monde le connaît ne dit pas qu’on l’aime bien, et les auteurs estiment que ce décalage pourrait servir aux interventions menées auprès de ces adolescents. Le malentendu qu’ils mesurent rejoint une famille de travaux sur ce qu’un groupe lit de travers chez l’un des siens, comme ceux de la double empathie. Le numéro imprimé qui porte l’article paraît en octobre 2026, dans le volume 43 de la revue, aux pages 2807 à 2826.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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