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Vous avez un ado à la maison et une question qui revient : le cannabis abîme-t-il vraiment sa mémoire ? Sur 11 036 jeunes Américains suivis de 9 à 17 ans, ceux qui ont commencé le cannabis ont vu leur mémoire de travail progresser moins vite, un écart « large » (Neuropsychopharmacology, article publié le 20 avril 2026). L’équipe de Natasha E. Wade, à l’université de Californie à San Diego, se garde pourtant de désigner l’herbe comme seule coupable.
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Les données viennent de la cohorte ABCD (Adolescent Brain Cognitive Development), qui suit des milliers d’enfants américains depuis l’âge de 9 ou 10 ans. AAP suivait déjà cette cohorte le 1er octobre, à propos des nuits irrégulières des adolescents. Cette fois, l’article de la revue croise les questionnaires avec des tests toxicologiques : cheveux, urine, souffle, salive.
Ce que la cohorte a mesuré
Tous les deux ans, les participants passent une batterie de tests. Elle couvre la mémoire de travail, le contrôle inhibiteur, le langage, la vitesse de traitement, le repérage dans l’espace, la mémoire épisodique, le rappel verbal et la lecture. Selon l’épreuve, entre 4 371 et 11 036 jeunes ont été analysés.
Un adolescent bascule dans le groupe « consommateur » dès qu’il déclare ou qu’un test détecte plus qu’une seule bouffée ou un simple goût. Il y reste ensuite, qu’il fume une fois par an ou chaque semaine. Environ 2 200 jeunes sont dans ce cas, face à quelque 9 700 qui n’ont jamais consommé, rapporte le site PsyPost.
Vers 15-17 ans, les consommateurs font moins bien que les autres dans presque tous les domaines. Leur courbe s’aplatit, pendant que celle des non-consommateurs continue de monter. La plupart des écarts restent petits au sens statistique. Ils deviennent moyens pour la mémoire épisodique, celle des souvenirs datés, et larges pour la mémoire de travail.
Cette mémoire-là, c’est le bloc-notes mental qui garde une consigne en trois étapes le temps d’exécuter la première. Au collège comme au lycée, elle sert à suivre un calcul de tête ou à prendre des notes pendant que le professeur parle. Une taille d’effet « large » signifie que l’écart entre les deux groupes se voit nettement, au-delà du bruit des mesures.
Un sous-groupe de 645 jeunes de 12 à 16 ans a fourni une mèche de cheveux. Chez les 81 exposés au THC, la mémoire épisodique progressait moins. Chez les 21 exposés au seul CBD, aucune différence n’apparaissait. Vingt et un jeunes, c’est trop peu pour conclure.
Une avance au départ, un retard à l’arrivée
À 9-11 ans, les futurs consommateurs obtenaient des scores légèrement plus élevés que leurs camarades sur la plupart des tests. Ce détail complique la lecture. Une partie du recul pourrait relever de la régression vers la moyenne : des enfants un peu au-dessus du lot ont tendance à y revenir, avec ou sans cannabis.
D’autres facteurs, présents avant la première prise, peuvent aussi jouer, comme une maturation plus précoce. Les auteurs ont tenu compte de nombreuses variables et de l’évolution propre à chaque jeune. Le lien de cause à effet reste pourtant non établi. Ils notent aussi que des produits mal étiquetés ont pu exposer au THC des jeunes qui pensaient prendre du CBD.
« Ces données confirment une inquiétude croissante du public : la consommation de cannabis à l’adolescence peut avoir de graves conséquences sur le développement. »
Harriet de Wit, université de Chicago, citée par PsyPost
Le même commentaire qualifie l’étude d’« impressionnante » et souligne le nombre de facteurs de confusion pris en compte. Les participants les plus âgés n’ont pourtant pas encore quitté l’adolescence.
Et chez nous ?
Et en France, combien d’ados concernés ?
En 2022, 29,9 % des jeunes de 17 ans avaient déjà expérimenté le cannabis, contre 39,1 % en 2017 (OFDT, enquête ESCAPAD 2022, 23 701 jeunes interrogés en mars 2022). Dans une classe de 30 élèves de cet âge, cela fait environ neuf adolescents qui ont déjà essayé.
L’usage régulier a reculé plus vite encore, de 7,2 % à 3,8 % des jeunes de 17 ans entre 2017 et 2022. Il concerne 5,3 % des garçons et 2,2 % des filles. L’expérimentation atteint son niveau le plus bas depuis 2000, selon la synthèse de l’OFDT.
La cohorte américaine porte sur l’initiation elle-même, quel que soit le rythme de consommation ensuite. C’est précisément le seuil que franchit encore près d’un adolescent français sur trois avant sa majorité. Le cerveau de ces jeunes poursuivra sa maturation bien après le dernier test analysé, jusqu’au milieu de la vingtaine.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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