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Les consommateurs de cannabis dorment environ 20 minutes de plus par nuit, mais d’un sommeil plus haché. Un bracelet porté sept nuits par 891 Américains l’a enregistré, alors que les intéressés ne signalent rien de tel. L’étude, menée par l’université Northwestern, est parue le 9 octobre 2026 dans la revue JAMA Network Open.
Ces volontaires appartiennent à la cohorte CARDIA, une étude américaine sur le risque cardiaque lancée en 1985 auprès de jeunes adultes. Ils avaient 61 ans en moyenne lors de la mesure du sommeil, entre 2020 et 2022.
Le cannabis aide-t-il vraiment à dormir ?
Comparés à ceux qui n’en ont jamais pris, les consommateurs du dernier mois dépassent plus souvent huit heures de sommeil. Leurs chances de rester éveillés au moins une demi-heure au milieu de la nuit sont pourtant multipliées par plus de trois. Ils passent aussi en moyenne 11 minutes de plus éveillés une fois endormis.
Chaque année d’usage quotidien de cannabis est associée à des chances accrues de 21 % de passer au moins une demi-heure éveillé dans la nuit (JAMA Network Open, 9 octobre 2026). La même exposition accroît de 10 % les chances de passer moins de 85 % du temps au lit à dormir, et de 4 % celles d’une nuit très agitée.
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- Nuit très fragmentée +4 %
- Moins de 85 % du temps au lit endormi +10 %
- Une demi-heure ou plus éveillé dans la nuit +21 %
L’actimètre, un capteur de mouvement porté au poignet, distingue la veille du sommeil sans rien demander au dormeur. Chez ces sexagénaires, il compte en moyenne 45 minutes d’éveil par nuit une fois endormi, et 90 % du temps au lit effectivement passé à dormir.
Pourquoi les consommateurs ne s’en rendent-ils pas compte ?
Parce qu’une nuit plus longue ressemble à une meilleure nuit. Au questionnaire de Pittsburgh, l’outil classique pour juger soi-même son sommeil, consommateurs et non-consommateurs répondent de la même façon. Les auteurs avancent deux explications : une baisse de qualité installée sur des années se perçoit mal, et un sommeil allongé passe pour un sommeil réparateur.
L’épidémiologiste Thanh-Huyen Vu, première autrice, a décrit ce décalage au site ScienceAlert. « Le bracelet a détecté davantage de perturbations nocturnes chez les participants exposés de longue date, mais eux-mêmes ne déclaraient généralement pas un sommeil plus mauvais. »
Fumer deux soirs par semaine, ça compte ?
Dans le calcul des chercheurs, oui, mais l’exposition grimpe plus lentement. Ils comptent en « années-cannabis » : une année-cannabis vaut 365 jours de consommation, pas une année de calendrier. Un fumeur quotidien en cumule une par an. Celui qui fume deux soirs par semaine met trois ans et demi à l’atteindre.
La plupart des porteurs du bracelet ont un passé de consommateur. Sur les 891, 642 en ont pris autrefois sans en reprendre dans le mois, soit 72 %. Seuls 108 en avaient consommé dans le mois écoulé, et 141 n’y avaient jamais touché.
Ce que l’étude ne prouve pas
Le travail est observationnel : il relie usage et sommeil sans démontrer que l’un cause l’autre. La consommation est déclarée par les participants, sans la puissance des produits ni l’heure de la prise. Le sommeil n’a été mesuré qu’une semaine, lors de l’examen de 2020 à 2022, quand la pandémie a réduit la participation. Selon les auteurs eux-mêmes, les résultats ne valent pas forcément pour les jeunes adultes ni pour les produits très dosés vendus aujourd’hui.
Que faire pour mieux dormir sans cannabis ?
Aux États-Unis, 22 millions d’adultes, soit 9 % d’entre eux, prennent un produit à base de cannabis pour dormir. C’est ce qu’indique une enquête de la National Sleep Foundation, publiée en avril 2025. Kristen Knutson, coautrice de l’étude à Northwestern, leur propose d’autres leviers. Se coucher à heure fixe. Garder la chambre fraîche, sombre et calme. Lâcher les écrans juste avant le lit. Elle ajoute un rituel apaisant du soir, comme la lecture, la méditation ou une douche.
En France, l’Institut national du sommeil et de la vigilance (INSV) a consacré une vidéo à cette double face du cannabis, qui apaise d’abord puis perturbe la nuit. Elle est présentée par le Dr Sibylle Mauriès.
Et chez nous ?
Combien de Français consomment du cannabis ?
Environ cinq millions de personnes en France consomment du cannabis au moins une fois dans l’année. C’est l’estimation de la synthèse de l’OFDT, l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives. En 2023, c’était le cas de 10,8 % des 18-64 ans, avec deux fois plus d’hommes (14,2 %) que de femmes (7,2 %). L’usage se concentre chez les plus jeunes, des âges que la cohorte CARDIA ne couvre plus. En 2021, 21,8 % des 15-34 ans en France avaient consommé du cannabis dans l’année. C’est le taux le plus élevé de l’Union européenne, dont la moyenne était de 15,4 %.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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