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Décryptage
Des endormissements soudains en plein jour, des jambes qui lâchent sous le coup d’une émotion : la narcolepsie de type 1 naît très probablement d’une erreur du système immunitaire. Ce système détruit les neurones qui fabriquent l’hypocrétine, la molécule de l’éveil. Il faut pour cela un terrain génétique et, souvent, un déclencheur, comme une grippe ou une infection à streptocoque. En 2009-2010, un vaccin contre la grippe H1N1, Pandemrix, a été associé à un sur-risque.
En France, environ 900 nouveaux cas de narcolepsie apparaissent chaque année selon l’estimation publiée en 2012 par l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). La plupart débutent entre 15 et 25 ans, d’après le point d’information de l’ANSM.
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Comment une narcolepsie arrive-t-elle ?
Elle arrive quand l’hypothalamus latéral, une petite zone à la base du cerveau, perd ses neurones à hypocrétine. Cette molécule, aussi appelée orexine, entretient l’état de veille et stimule l’appétit, rappelle l’Inserm dans un communiqué. Sans elle, le cerveau ne tient plus l’éveil : le malade s’endort sans le vouloir en pleine journée.
Les jambes qui lâchent sous l’émotion portent un nom : la cataplexie, une perte brutale du tonus musculaire.
Comment ça marche
- Un terrain génétique
La grande majorité des malades de type 1 portent la variante HLA-DQB1*06:02.
- Un déclencheur
Une grippe A ou une infection à streptocoque ; le vaccin Pandemrix (2009-2010) a été associé à un sur-risque.
- Une confusion
Certaines protéines du virus de la grippe ressembleraient à des éléments des neurones à hypocrétine : c’est le mimétisme moléculaire.
- L’attaque
Le système immunitaire s’en prend à ces neurones. Chez la souris, des lymphocytes T CD8 les détruisent (Inserm, 2016).
- Le manque
Sans hypocrétine, l’éveil se fragmente : somnolence, endormissements soudains, cataplexies.
Quelle est la cause d’une narcolepsie ?
La piste la mieux étayée est une attaque immunitaire ciblée sur un terrain génétique, même si le Manuel MSD rappelle que la cause exacte reste inconnue. Plus de 92 % des malades de type 1 portent la variante HLA-DQB1*06:02, un gène du système immunitaire, contre 20 à 25 % de la population générale. Le neurologue Yves Dauvilliers l’a exposé en 2016 devant l’Académie nationale de médecine.
Les gènes ne suffisent pas. Quand un jumeau est atteint de narcolepsie de type 1, l’autre ne l’est que dans environ 25 % des cas, selon le Manuel MSD. L’environnement pèse donc lourd.
L’hypothèse auto-immune était discutée dans la revue médecine/sciences en 2014. Deux ans plus tard, l’équipe de Roland Liblau (Inserm, Toulouse) l’a reproduite chez la souris (revue PNAS). Les lymphocytes T CD8, des globules blancs tueurs, y détruisaient les neurones à hypocrétine ; les lymphocytes T CD4 enflammaient la zone sans les tuer. Pour le chercheur, une immunothérapie pourrait un jour traiter la maladie. En 2018, une équipe suisse a retrouvé chez des malades des lymphocytes T qui ciblent l’hypocrétine (étude parue dans Nature).
Narcolepsie de type 1 ou de type 2 : quelle différence ?
Le type 1 associe un manque d’hypocrétine et des cataplexies ; le type 2 n’a ni l’un ni l’autre. C’est le type 1 que vise l’hypothèse auto-immune. Le type 2 se résume surtout à la somnolence, avec un taux d’hypocrétine normal dans le liquide céphalorachidien, qui baigne le cerveau et la moelle épinière.
Il est pourtant le plus fréquent : environ 25 cas pour 100 000 adultes, contre 13 pour le type 1, selon une enquête américaine de 2023 citée par le Manuel MSD. Les deux se diagnostiquent par un enregistrement du sommeil.
Le vaccin contre la grippe H1N1 de 2009 a-t-il joué un rôle ?
Un sur-risque a été observé avec un vaccin précis, Pandemrix. En août 2010, la Finlande et la Suède, qui n’avaient utilisé que ce vaccin, signalent des cas chez des personnes vaccinées. En Finlande, une cohorte de 915 854 jeunes de 4 à 18 ans a montré un risque 12,7 fois plus élevé chez les vaccinés.
Le phénomène « reste très rare », résume l’ANSM d’après les conclusions de l’Agence européenne des médicaments (EMA) : environ 3 à 7 cas supplémentaires pour 100 000 vaccinés. En France, la pharmacovigilance a recensé 47 cas de narcolepsie pour 4,1 millions de personnes vaccinées par Pandemrix, environ 1,1 cas pour 100 000. L’autre vaccin de la campagne, Panenza, compte 3 cas pour 1,6 million de vaccinés, autour de 0,2 pour 100 000.
L’étude française NarcoFlu-VF, menée par l’Inserm, a trouvé une association chez l’enfant comme chez l’adulte. En 2012, la France était le seul pays où ce lien apparaissait chez l’adulte, et « les raisons de cette particularité ne sont pas connues », écrivait l’ANSM. L’agence rappelait alors qu’« une relation de causalité […] n’a pas été établie à ce jour ».
Pourquoi ce vaccin-là, et pas un autre ?
La piste la plus étudiée est une ressemblance. Selon Yves Dauvilliers, du centre national de référence de la narcolepsie à Montpellier, certaines protéines du virus de la grippe imiteraient des éléments des neurones à hypocrétine. Le système immunitaire se tromperait alors de cible. Pandemrix contenait en outre un adjuvant, l’AS03, ajouté pour renforcer la réponse immunitaire.
La grippe elle-même figure parmi les déclencheurs, tout comme les infections à streptocoques. Son rôle n’a pas pu être mesuré dans l’étude française : il aurait fallu des analyses de sang chez tous les participants, précise l’ANSM.
Plus de 30 millions de personnes avaient reçu Pandemrix dans l’Union européenne, selon l’Agence européenne des médicaments. Faute de demande de son fabricant, GlaxoSmithKline, l’autorisation européenne de Pandemrix a expiré le 13 août 2015.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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