Couloir de lycée français, sacs au sol et lumière latérale, sans élèves identifiables

Santé mentale des ados : 482 filles sur 100 000 hospitalisées, le chiffre qui doit alerter sans affoler

En 2025, la DREES recense 482 hospitalisations pour geste auto-infligé pour 100 000 filles de 10 à 19 ans, un record. Derrière le chiffre, une dégradation lente que les familles peuvent apprendre à repérer.

Publié le 4 juin 2026 · Mis à jour le 8 juin 2026 à 16h21

Dans le couloir d’un collège, ça ne se voit pas toujours. Un adolescent qui dort mal, qui se referme, qui tient moins bien le coup : rien d’aussi spectaculaire qu’une alarme, et c’est justement ce qui rend les chiffres difficiles à regarder en face. Cette semaine, deux institutions publiques en ont posé de nouveaux sur la table, et ils confirment une dégradation lente, surtout chez les filles.

Le plus marquant vient de la DREES : en 2025, on compte 482 hospitalisations pour geste auto-infligé pour 100 000 filles de 10 à 19 ans. C’est le taux le plus élevé de toutes les tranches d’âge et de sexe, et il a presque doublé par rapport à la moyenne des années 2012-2019. La hausse, très forte après 2020, ralentit (+4 % entre 2024 et 2025) mais ne s’inverse pas.

Bureau de classe vide avec cahier fermé et chaise tirée, sans texte lisible
Un bureau scolaire vide pour matérialiser les chiffres derrière les adolescents.

En parallèle, Santé publique France a publié de nouveaux résultats de ses enquêtes Enabee et EnCLASS 2024, menées auprès de milliers d’élèves. Le tableau est nuancé, ce que l’agence résume par une « situation contrastée » : tout ne va pas mal, mais une part non négligeable d’adolescents déclare anxiété, sommeil perturbé et mal-être. Le chiffre des hospitalisations n’est donc pas un accident isolé ; il s’inscrit dans une tendance documentée depuis le milieu des années 2010, aggravée par la crise sanitaire.

Ce qui se joue derrière ces courbes n’a pas une cause unique. Les spécialistes citent un faisceau de facteurs : l’omniprésence des réseaux sociaux et de la comparaison permanente, l’anxiété face à l’avenir, les séquelles des confinements, la pression scolaire. Aucun n’explique tout à lui seul, et c’est précisément ce qui rend la réponse délicate : il n’y a pas un bouton sur lequel appuyer, mais un climat à prendre au sérieux, à l’école comme à la maison.

Pourquoi les filles, surtout ? Les spécialistes avancent plusieurs pistes, des effets des réseaux sociaux à une expression différente de la souffrance, sans qu’aucune n’explique tout à elle seule. L’essentiel, pour les familles, n’est pas de céder à la panique mais d’apprendre à repérer les signaux faibles, comme le racontent ces gestes du soir autour des écrans ou ce lien observé entre notes scolaires et mal-être des adolescentes.

Téléphone retourné sur une table claire près d’un carnet vierge, aucune interface lisible
Un téléphone posé de loin évoque les numéros d’écoute sans interface lisible.

Que retenir, concrètement ? Qu’un changement durable d’humeur, de sommeil ou de comportement mérite d’être pris au sérieux et d’ouvrir le dialogue, sans dramatiser ni minimiser. Les dispositifs existent, et parler reste le premier pas. Si vous ou un proche traversez une période difficile, le 3114 (numéro national de prévention du suicide) est joignable gratuitement, 24 h/24 ; les jeunes peuvent aussi appeler Fil Santé Jeunes au 0 800 235 236.

En bref

Que dit le chiffre de la DREES ?
En 2025, 482 hospitalisations pour geste auto-infligé pour 100 000 filles de 10 à 19 ans, le taux le plus élevé, presque doublé depuis 2012-2019.

La situation s’aggrave-t-elle encore ?
La hausse ralentit (+4 % sur un an) mais ne s’inverse pas ; Santé publique France parle d’une « situation contrastée ».

Où trouver de l’aide ?
Le 3114 (prévention du suicide, 24 h/24, gratuit) et Fil Santé Jeunes (0 800 235 236).

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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« Clara » est la voix éditoriale d’Actu Alt Plus pour les Histoires humaines : récits incarnés, attention aux personnes, initiatives locales et solidarités souvent invisibles.

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