
Sous le bitume de Matariya, au Caire, une dalle de briques crues a cédé sur un silence de plus de trois mille ans. Dessous, les archéologues ont trouvé un squelette, un miroir de cuivre et des bijoux rangés comme au jour des funérailles. Autour, le quartier moderne d’Aïn Shams vrombit ; en dessous, l’antique Héliopolis remonte à la surface, par petites touches de métal et de poudre noire.
La trouvaille, annoncée début juin 2026 par le ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités, est présentée comme le premier ensemble funéraire quasi complet jamais mis au jour dans ce secteur. Au cœur du dépôt : un trésor de bijoux et d’objets rituels, dont cinq paires de boucles d’oreilles en or de tailles différentes, six scarabées gravés (deux semblant sertis d’or), une amulette en forme de canard, une petite couronne-atef, et des fioles à khôl en albâtre et en obsidienne. Du quotidien d’un mort, presque intact.

La sépulture est celle de Panehsy, un haut personnage de l’ancienne Héliopolis, l’une des plus vieilles cités d’Égypte, vouée au culte solaire. Le cimetière a servi sur des siècles, de la Basse Époque à l’ère romaine puis chrétienne, ce qui fait du lieu un mille-feuille d’histoires superposées, fouillé depuis le printemps par une mission du Conseil suprême des antiquités.
Héliopolis, « la ville du soleil », fut l’un des grands foyers religieux de l’Égypte antique, dédié au dieu Rê et hérissée d’obélisques dont certains ornent aujourd’hui Rome, Londres ou New York. De cette splendeur, il ne reste presque rien en surface : la cité a été peu à peu engloutie par l’expansion du Caire. C’est ce qui rend chaque fouille si précieuse, on y gratte les derniers vestiges d’une capitale spirituelle sous une métropole de plus de vingt millions d’habitants.
Ce qui rend la découverte rare, c’est justement son intégrité. La plupart des tombes nous parviennent pillées, vidées de leur or depuis l’Antiquité. Retrouver un mobilier funéraire presque au complet, chaque objet à sa place, c’est pouvoir reconstituer un rite entier plutôt que d’en deviner les fragments. De quoi nourrir aussi l’égyptologie française, de Champollion à l’Institut français d’archéologie orientale, qui suit ces chantiers de près.

Sous Le Caire, chaque coup de pioche rappelle que la mégapole moderne pousse sur l’une des plus anciennes villes du monde, comme d’autres cités révèlent leurs strates enfouies, à l’image des fouilles antiques mises au jour sous Toulon. Cette fois, ce sont cinq paires de boucles d’or qui ont fait remonter, intacte, une part de l’au-delà tel qu’on l’imaginait il y a trois millénaires, un trésor de plus à protéger comme le rappellent les débats sur la restitution d’œuvres dans les musées.
En bref
Qu’a-t-on découvert à Héliopolis ?
Le premier ensemble funéraire quasi complet du secteur, dans la tombe de Panehsy à Matariya : cinq paires de boucles d’or, six scarabées, un miroir de cuivre, des amulettes et des fioles à khôl.
De quand date la tombe ?
De l’antique Héliopolis ; le cimetière a été utilisé de la Basse Époque jusqu’aux ères romaine et chrétienne.
Pourquoi est-ce exceptionnel ?
Parce que l’ensemble est quasi intact, alors que la plupart des tombes ont été pillées, ce qui permet de reconstituer un rite funéraire complet.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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