Stylo injecteur médical générique posé fermé près d’un verre d’eau

Ozempic et addictions : sur 606 000 vétérans, un signal que les médecins regardent de près

Une vaste étude américaine associe les médicaments GLP-1, comme Ozempic, à moins de troubles liés à l'alcool, à la nicotine ou aux opioïdes. Une piste prometteuse, à manier avec prudence.

On connaissait Ozempic comme le stylo qui fait reculer la faim. Et s’il faisait aussi reculer d’autres envies ? Dans les dossiers médicaux de centaines de milliers de vétérans américains, des chercheurs ont observé moins d’épisodes liés à l’alcool, à la nicotine, au cannabis, à la cocaïne ou aux opioïdes chez ceux qui prenaient un médicament de la famille des GLP-1, celle d’Ozempic.

L’étude, parue début mars 2026 dans le BMJ et menée par le Dr Ziyad Al-Aly (WashU Medicine, à Saint-Louis), a suivi 606 434 vétérans diabétiques. Chez les utilisateurs de GLP-1, le risque de développer un trouble de l’usage baisse d’environ 14 % tous produits confondus, et jusqu’à 18 % pour l’alcool, 20 % pour la cocaïne et la nicotine, 25 % pour les opioïdes.

Dossiers médicaux anonymes empilés dans un bureau de recherche
La force de l’étude vient du volume de dossiers, mais la méthode reste observationnelle.

Pourquoi un médicament du diabète irait-il toucher l’addiction ? Parce que les GLP-1 n’agissent pas que sur l’estomac : ils interfèrent aussi avec les circuits cérébraux de la récompense, ceux-là mêmes qui s’emballent dans la dépendance. L’idée qu’on puisse, demain, aider à desserrer l’étau d’une addiction par ce biais ouvre une porte que la recherche explore avec fébrilité.

Rappelons ce que sont ces médicaments : des molécules conçues pour le diabète de type 2, le sémaglutide pour Ozempic, devenues un phénomène mondial pour la perte de poids, au point de connaître des pénuries. Qu’on les étudie désormais du côté des addictions en dit long sur leur emprise réelle, non sur l’estomac seulement, mais sur les mécanismes de l’envie. C’est aussi ce qui impose la prudence : un effet aussi large mérite d’être cerné avant d’être promis.

Reste à lire ces chiffres à froid. C’est une étude d’observation : elle met en évidence une association, pas la preuve que le médicament cause la baisse. Les vétérans suivis ne représentent pas toute la population, et prescrire un GLP-1 contre une addiction n’est, à ce stade, pas recommandé. En France, l’ANSM rappelle d’ailleurs un cadre de prescription strict pour ces traitements très demandés.

Cabinet médical calme avec chaise vide et objet médical flou
La piste GLP-1 se discute d’abord avec un médecin, dans ses indications autorisées.

Reste un signal, robuste par sa taille, qui dit quelque chose de neuf sur des molécules déjà devenues un phénomène de société, jusque dans notre rapport à ce que nous mangeons. La suite appartient aux essais cliniques, seuls capables de transformer une corrélation prometteuse en traitement, comme la médecine apprend à le faire pour d’autres pans de la santé mentale.

En bref

Que montre l’étude sur les GLP-1 ?
Chez 606 434 vétérans diabétiques, ceux sous GLP-1 présentent environ 14 % de risque en moins de trouble de l’usage de substances, jusqu’à 25 % pour les opioïdes.

Cela prouve-t-il que le médicament soigne l’addiction ?
Non : c’est une étude d’observation, qui montre une association, pas un lien de cause à effet. Ce n’est pas un usage recommandé.

Où a-t-elle été publiée ?
Dans le BMJ, début mars 2026, sous la direction du Dr Ziyad Al-Aly (WashU Medicine).

Votre réaction :

Article créé en collaboration avec l’IA.

Les plus lus

  1. 1Grève easyJet : un préavis sans aucune date, et une loi qui ne prévient les passagers que 24 heures avantGrève easyJet : un préavis sans aucune date, et une loi qui ne prévient les passagers que 24 heures avant
  2. 2L’Odyssée de Nolan en IMAX 70 mm : la seule salle de France est à MontpellierL’Odyssée de Nolan en IMAX 70 mm : la seule salle de France est à Montpellier
  3. 3Musées gratuits le premier dimanche du mois : la règle et les piègesMusées gratuits le premier dimanche du mois : la règle et les pièges
  4. 4Conseillers numériques : le budget passe de 40 à 14 millions d’euros, et les démarches bloquent toujoursConseillers numériques : le budget passe de 40 à 14 millions d’euros, et les démarches bloquent toujours
  5. 5600e de Taratata : ce que France 2 a rediffusé jeudi soir avait été tourné dix mois plus tôt600e de Taratata : ce que France 2 a rediffusé jeudi soir avait été tourné dix mois plus tôt

Nos dossiers

Recevez notre sélection dans votre boîte mail

Le meilleur d’Actu Alt Plus : décryptages, chiffres et panoramas. Désinscription en 1 clic, zéro spam.

Avatar illustré de Aurore, voix éditoriale d'Actu Alt Plus
Aurore

« Aurore » est la voix éditoriale d’Actu Alt Plus pour Idées & Solutions : des démarches qui marchent, des droits concrets et des gestes utiles au quotidien.

Articles: 409