
Publié le 4 juin 2026 · Mis à jour le 5 juin 2026 à 5h44
Demandez à une tablée ses plats préférés : on vous répondra couscous, raclette, blanquette, pizza. Regardez maintenant les kilos réellement avalés dans l’année, et c’est un invité bien plus discret qui rafle la mise, le poulet. En 2024, pour la première fois, la volaille est passée devant le porc dans l’assiette française : environ 31,6 kg par habitant, contre une trentaine pour le porc, longtemps indétrônable. Une bascule silencieuse, qui en dit plus long sur nos vies que sur nos goûts.
Le poulet ne gagne pourtant aucun concours de séduction. Il l’emporte parce qu’il coûte moins cher que le bœuf, se cuisine plus vite qu’un pot-au-feu, se glisse partout, escalope du mardi soir, restes du dimanche, nuggets des enfants. C’est là que se décide l’alimentation réelle : pas dans les serments sur le terroir, mais dans des arbitrages de budget et de minutes, répétés trois fois par semaine.

Les chiffres officiels valident le mouvement. En 2024, un Français a consommé en moyenne 85,7 kg de viande (équivalent carcasse), un total reparti à la hausse après un creux en 2023, mais orienté à la baisse sur vingt ans. Dans ce panier, la volaille (≈ 31,6 kg) devance désormais le porc (≈ 31 kg) et distance le bœuf (≈ 21 kg). Le porc touche son plus bas niveau depuis deux décennies, pas un effondrement, une érosion lente, au rythme des mêmes contraintes qui font monter le poulet.
Un mot sur ces kilos : ils se comptent en « équivalent carcasse », c’est-à-dire l’animal entier ramené à la consommation, os et morceaux non vendus compris. Sur l’assiette réelle, on mange moins que ces chiffres ; mais la mesure, identique d’une année sur l’autre, sert justement à comparer les tendances. Et la tendance est nette : en vingt ans, les Français ont un peu réduit la viande, et celle qu’ils gardent penche vers le moins cher et le plus rapide à préparer. Le bœuf, plus onéreux, recule ; la volaille, souple et abordable, encaisse la demande.
Tout l’intérêt du dernier panorama GraphAgri 2025, publié par le service statistique du ministère de l’Agriculture, et de la synthèse de FranceAgriMer, tient dans cet écart entre ce qu’on aime dire et ce qu’on mange. Les plats « doudous » racontent une identité ; les volumes racontent une journée ordinaire. Et ce qu’on glisse dans le caddie ne se résume pas non plus à sa qualité affichée : beaucoup se trompent sur l’impact réel de leur assiette, comme le montrent les malentendus autour des éco-labels alimentaires.
Il reste un domaine où le symbole et le réel se rejoignent : le fromage. Les Français demeurent les premiers consommateurs au monde, autour de 27 kg par habitant et par an. Là où la viande bascule pour des questions d’argent et de praticité, le plateau, lui, tient bon, sans doute parce qu’il offre beaucoup de plaisir pour peu d’efforts, et zéro cuisson. La France qui se raconte par ses spécialités n’a pas disparu ; elle a glissé du rôti vers le comté.

Lire l’assiette produit par produit déjoue un piège courant : croire que manger français, c’est enchaîner les plats de carte postale. Les volumes dessinent une table pressée et économe, où le poulet a gagné sans bruit pendant qu’on jurait, à voix haute, fidélité à la blanquette. Reste un angle mort que les kilos ne disent pas : ce que contiennent vraiment ces aliments du quotidien, des plats préparés aux additifs que l’Inserm garde à l’œil.
En bref
Quelle viande les Français mangent-ils le plus en 2024 ?
La volaille, environ 31,6 kg par habitant (équivalent carcasse), passée pour la première fois devant le porc.
Combien de viande au total ?
Environ 85,7 kg par habitant en 2024, en hausse après un creux en 2023 mais en recul sur vingt ans.
Et le fromage ?
Les Français restent les premiers consommateurs au monde, autour de 27 kg par personne et par an.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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