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On croyait que la faune fuyait surtout nos routes et nos lotissements, sauf que 4 581 animaux équipés de balises GPS racontent autre chose. Des chercheurs de l’université de Californie à Santa Barbara, du zoo national du Smithsonian et de Yale ont croisé ces balises avec des comptages anonymisés de téléphones portables sur l’ensemble des États-Unis continentaux, en comparant semaine après semaine 2019 et 2020. Leur travail, publié dans Science le 21 mai 2026 et relayé le 28 août, isole l’effet propre de notre présence, indépendamment de ce que nous bâtissons.
Sur 37 espèces suivies au GPS aux États-Unis, 21 réagissent à la fois à la présence humaine et à l’aménagement du paysage, selon l’étude publiée dans Science le 21 mai 2026 ; la France, elle, n’a aucune mesure équivalente pour les 59 espèces d’oiseaux communs spécialistes de son indice STOC.
L’équipe publie un taux de 57 % d’espèces sensibles aux deux facteurs. Ramené au nombre d’espèces (0,57 x 37 = 21,09), cela donne, selon nos calculs, 21 espèces sur 37 qui échappent à toute politique jouant sur un seul levier.
La pandémie a séparé deux effets qu’on confondait
Personne ne savait jusque-là séparer l’effet de l’aménagement de celui de la fréquentation : là où il y a des routes, il y a des gens. Les restrictions de circulation du printemps 2020 ont brisé cette corrélation, ce que les auteurs décrivent comme un découplage de deux moteurs habituellement confondus.
L’équipe a analysé environ 11,8 millions de positions GPS relevées de janvier à août 2019 puis sur les mêmes mois de 2020, croisées avec des comptages de téléphones mobiles à l’échelle du quartier. Des modèles bayésiens espèce par espèce ont estimé chaque semaine la surface parcourue et la niche occupée. C’est, selon le communiqué de Santa Barbara, la première fois que des données de téléphones anonymisées servent à mesurer l’effet de la présence humaine sur le mouvement animal.
Le contraste entre mammifères et oiseaux apparaît dès le premier tri.

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La sensibilité est plus forte là où l’aménagement est faible, ce qui vise les gestionnaires d’espaces naturels. Chez 40 % des espèces de mammifères qui réagissent, l’effet des humains est plus marqué dans les milieux peu modifiés, dans les parcs plutôt que dans les banlieues.
Le loup s’étale, le cerf se replie
Aucune réponse moyenne ne résume la faune. Le loup gris élargit son usage de l’habitat quand la présence humaine augmente, une réaction que les auteurs relient à sa longue et difficile histoire avec nous. AAP racontait déjà comment la science a corrigé le mythe de Yellowstone.
Le cerf de Virginie varie selon le facteur considéré : sa niche environnementale s’élargit quand le paysage est plus modifié et se contracte quand la fréquentation monte. La grue du Canada présente la réponse exactement inverse.
| Espèce | Face à une présence humaine accrue | Face à un paysage plus modifié |
|---|---|---|
| Loup gris | Usage de l’habitat élargi | Non détaillé |
| Cerf de Virginie | Niche contractée | Niche élargie |
| Grue du Canada | Réponse inverse du cerf | Réponse inverse du cerf |
Sur les 37 espèces suivies, 67 % des mammifères et 68 % des oiseaux modifient la surface parcourue ou la niche occupée quand la présence humaine change (source : Science, Oliver et coll., 21 mai 2026).
Série AAP
AAP mesurait le 28 août 2026 un autre domaine vital reconstitué par satellite : 418 jours de suivi pour neuf tortues vertes des Galápagos, sans une seule sortie de la réserve marine.
En France, on compte les oiseaux, pas leurs déplacements
La France mesure l’état de son avifaune commune, pas sa réaction à notre présence. Les effectifs des 59 espèces spécialistes ont baissé d’environ un tiers entre 1989 et 2024, selon le bilan du SDES et du MNHN-CESCO publié le 23 mars 2026.

L’indice STOC perd 1,6 point par an entre 1989 et 2000, puis 0,9 point par an depuis 2009, quand les 14 espèces généralistes se limitent à 0,5 point sur cette période récente. Ces chiffres disent combien d’oiseaux restent, jamais comment ils se déplacent lorsqu’un sentier se remplit.
Les auteurs refusent de trancher sur les conséquences. À l’échelle de chaque animal, l’effet sur la surface parcourue reste indistinguable de zéro (bêta de -0,48, intervalle de crédibilité à 95 % de -1,37 à 0,08), quand l’effet sur la taille de la niche exclut le zéro. Sans données de survie, impossible de dire si un animal a choisi un autre habitat ou s’il y a été poussé.
« Nos résultats me donnent un certain optimisme : nous pouvons parvenir à une coexistence avec la faune grâce à des politiques plus nuancées », déclare Ruth Oliver. Le printemps 2020 reste le seul moment où nos allées et venues se sont décrochées de nos aménagements.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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