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En bref
Vous croyez regarder un poisson de deux mètres. Vous regardez surtout une pile : chez l’anguille électrique d’Amazonie, trois organes électriques occupent environ 80 % du corps, soit 1,60 mètre qui ne sert qu’à produire du courant. Les organes vitaux, eux, sont tassés à l’avant, juste derrière la tête, indique la fiche d’espèce du Smithsonian National Zoo.
L’animal mesure 2 à 2,5 mètres, pour une silhouette de serpent aplati. Vue de l’extérieur, la bête n’a ni nageoire dorsale ni nageoire pelvienne : juste une longue nageoire anale qui court sous le ventre. Sur un animal de deux mètres, le cœur, l’estomac et le foie se serrent dans les quarante centimètres qui restent. Tout le reste est un empilement de cellules musculaires modifiées, les électrocytes, montées en série comme les piles d’une lampe torche.
À retenir
- Trois organes empilés : l’organe principal, l’organe de Hunter et l’organe de Sachs.
- Jusqu’à 800 volts selon la fiche du Smithsonian, 860 volts mesurés chez Electrophorus voltai.
- Plus proche cousine des poissons-chats et des carpes que des vraies anguilles.
- Respiration aérienne obligatoire : elle remonte prendre l’air toutes les dix minutes environ.
Pourquoi ça compte
Chez ce poisson, environ 80 % du corps sert à produire du courant, jusqu’à 860 volts. Ses électrocytes montés en série ont servi de modèle à la pile d’Alessandro Volta, en 1800.
La fiche du zoo plafonne à 800 volts. Un inventaire mené en Amazonie a poussé le curseur plus haut. L’ancienne espèce unique y a été séparée en trois, aux décharges très inégales d’une espèce à l’autre. Une anguille électrique d’Amazonie a délivré 860 volts, soit près de quatre fois la tension d’une prise domestique française, selon l’étude publiée dans Nature Communications le 10 septembre 2019.
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| Espèce | Décharge maximale mesurée | Taille de l’individu |
|---|---|---|
| Electrophorus electricus | 480 V | 760 mm |
| Electrophorus varii | 572 V | 609 mm |
| Electrophorus voltai | 860 V | 1 219 mm |
Ce poisson n’est pas une anguille. Elle relève de l’ordre des Gymnotiformes, les poissons-couteaux, et sa parenté la plus proche se trouve chez les poissons-chats et les carpes. Ses branchies ne suffisent pas dans les eaux stagnantes des forêts inondées. Elle remonte donc prendre l’air en surface toutes les dix minutes environ, note le Natural History Museum de Londres. Une fausse anguille, donc, qui respire l’air et porte sa centrale électrique sur les quatre cinquièmes du dos.
L’anguille électrique rejoint ainsi le rayon des organes hypertrophiés, à côté de l’éléphant et de son os d’oreille surdimensionné. Son cas a laissé une trace plus durable. C’est en étudiant ce poisson qu’Alessandro Volta a construit la première pile, en 1800. Il a empilé des disques de cuivre et de zinc comme l’anguille empile ses électrocytes. Deux siècles plus tard, les auteurs de l’inventaire amazonien lui ont rendu la politesse : l’espèce qui délivre 860 volts s’appelle Electrophorus voltai, « en l’honneur d’Alessandro Giuseppe Antonio Anastasio Volta (1745-1827) ».
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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