Un grand requin des grands fonds glisse au ras d'un sédiment pâle dans l'obscurité abyssale, sous une lumière bleu-vert froide

1 629 mètres de fond, une carcasse de vache et huit requins encore jamais vus là

Pour imiter la chute d'une baleine morte, des chercheurs ont coulé une carcasse de vache à 1 629 mètres. Huit requins dormeurs du Pacifique ont surgi, une première dans la région.

Le chiffre

Publié le 23 juillet 2026 · Mis à jour le 19 septembre 2026 à 13h38

1 629 mètres de fond, soit près de cinq tours Eiffel empilées : c’est à cette profondeur, au large de l’île chinoise de Hainan, qu’une équipe a délibérément coulé une carcasse de vache pour filmer ce que les abysses en feraient. Selon nos calculs, la scène se joue à cinq fois la hauteur de la Dame de fer. Et huit visiteurs imprévus ont surgi dans le champ des caméras : des requins dormeurs du Pacifique, une espèce jamais observée dans la région.

1 629mètres de profondeur, là où une carcasse a servi d’appât scientifique

L’idée n’a rien d’une farce. Quand une baleine meurt, son corps sombre au fond et nourrit pendant des années tout un écosystème, du requin au ver mangeur d’os. Ce phénomène, les océanographes l’appellent la chute de baleine, ou whale fall. Le problème, c’est qu’on ne programme pas la mort d’un cétacé à l’endroit et à l’heure voulus.

Pourquoi une vache, et pas une baleine

Faute de baleine sur commande, les chercheurs de l’université Sun Yat-sen ont utilisé une carcasse de vache comme doublure, coulée sur un talus continental de la mer de Chine méridionale. L’objectif : observer, image par image, qui vient se nourrir et dans quel ordre, détaille IFLScience.

Une grande carcasse animale repose sur le plancher abyssal, entourée de petits charognards pâles et de sédiment en suspension
Une carcasse coulée imite la chute d’une baleine : un banquet éphémère qui nourrit les abysses pendant des semaines.

Le banquet a attiré bien plus que des micro-organismes. Huit requins dormeurs du Pacifique (Somniosus pacificus), tous des femelles, se sont relayés autour de la dépouille. C’est la première fois que l’espèce est repérée dans ce secteur, loin de ses eaux froides habituelles du nord du Pacifique.

Requins de 2,7 m ou plus agressifs
Individus plus petits prudents

Unité : mètres de longueur. Période : expérience filmée en mer de Chine méridionale, publiée en 2025. Limite : huit individus observés sur un seul site, comportements décrits par l’équipe et non mesurés sur une population entière.

Un festin étonnamment discipliné

Oubliez l’image du carnage. Les vidéos montrent une file d’attente : les requins déjà en train de manger cèdent leur place à ceux qui arrivent derrière. Les plus grands, à partir de 2,7 mètres, se montrent les plus voraces, quand les plus petits tournent prudemment autour de la carcasse avant d’approcher.

Trois chiffres de l'expérience : 1 629 mètres de profondeur, 8 requins dormeurs observés, 2,7 mètres à partir desquels les requins deviennent les plus voraces.
Graphique Actu Alt Plus. Source : Slate, IFLScience et Ocean-Land-Atmosphere Research. Un seul appât, coulé très bas, a suffi à révéler une espèce inattendue et sa hiérarchie de table.
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Une expérience abyssale en trois chiffres
RepèreValeur
Profondeur1 629 m
Requins dormeurs8
Seuil des plus voraces2,7 m

Autre détail troublant relevé par l’équipe : ces requins rétractent leurs yeux en mordant. Faute de troisième paupière, ce recul protégerait l’oeil pendant que la gueule s’active. Des parasites, des poissons-limaces et de nombreux amphipodes des grands fonds complètent le tableau du repas.

Que font-ils si loin de chez eux ?

Le requin dormeur du Pacifique fréquente d’ordinaire les eaux glacées, de l’Alaska au Japon. Le voir dans une mer tropicale interroge : extension récente de son territoire, peut-être liée au réchauffement, ou population passée inaperçue jusqu’ici ? L’étude, parue dans Ocean-Land-Atmosphere Research, penche pour un secteur encore mal exploré.

Nous avons déjà raconté comment la surchauffe des océans bouscule requins et thons, et comment la vie s’adapte au noir total, à l’image de ce poisson des grands fonds. La vache de Hainan, elle, aura nourri les abysses quelques semaines. Assez pour rappeler que la mort, tout en bas, est le début d’un autre repas.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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« Élise » est la voix éditoriale d’Actu Alt Plus pour Nature, Science & Planète : le vivant, le climat et les découvertes scientifiques, expliqués simplement et sans jargon.

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