Des mains d'adulte tiennent delicatement les petits pieds emmaillotes d'un nouveau-ne sur une couverture claire

L’anticorps anti-bronchiolite protège aussi les bébés du pneumocoque

L'injection anti-VRS des nourrissons réduirait aussi les infections graves à pneumocoque, selon une vaste étude française. Ce que cette protection croisée change pour les familles.

Sommaire
  1. Un anticorps contre le VRS, un bonus contre le pneumocoque
  2. Pourquoi bloquer un virus protège d'une bactérie
  3. Des infections rares, mais redoutables
  4. Ce que cela change pour les familles

Votre nourrisson reçoit, chaque hiver, une injection contre la bronchiolite. Une vaste étude française publiée le 21 juillet dans The Lancet Infectious Diseases montre qu’elle pourrait faire bien plus que protéger ses poumons. Selon nos calculs à partir des données de l’étude coordonnée par l’AP-HP, près d’un nourrisson sur quatre né lors de la première campagne (22,6 %, soit 119 435 bébés sur 527 971) a reçu cet anticorps, et c’est chez eux que les infections les plus graves à pneumocoque reculent.

Un anticorps contre le VRS, un bonus contre le pneumocoque

La découverte est inattendue. Le nirsevimab, cet anticorps administré aux bébés pour les protéger du virus respiratoire syncytial (VRS), le principal responsable des bronchiolites, réduirait aussi nettement le risque d’infections invasives à pneumocoque. Ce sont les méningites et les septicémies qui peuvent mettre en jeu la vie d’un tout-petit.

Pour l’établir, les chercheurs de l’hôpital Robert-Debré, de l’Inserm et des universités Paris Cité et Sorbonne Paris Nord ont suivi tous les nourrissons nés en France entre février 2023 et janvier 2024, soit 527 971 bébés. En croisant le système national des données de santé et le fichier du Centre national de référence des pneumocoques, ils ont comparé les 119 435 enfants immunisés aux autres. Une cohorte de cette taille laisse peu de place au hasard.

Un flacon de verre vierge et une seringue preparee poses sur un plateau en acier inoxydable
Une seule injection avant l’hiver, désormais créditée d’une double protection chez le nourrisson.

Pourquoi bloquer un virus protège d’une bactérie

L’idée peut surprendre : comment un traitement dirigé contre un virus agirait-il sur une bactérie ? La réponse tient à un enchaînement bien connu des pédiatres. Le VRS abîme les voies respiratoires et affaiblit les défenses locales, ouvrant la porte au pneumocoque, qui n’attendait qu’une brèche pour passer du nez au sang ou aux méninges. C’est un peu comme une serrure forcée : une fois la porte respiratoire fragilisée, la bactérie, souvent déjà présente sans danger dans le nez de l’enfant, profite du passage.

En neutralisant le virus dès les premières semaines de vie, l’anticorps couperait cet effet domino. Moins de bronchiolites sévères, donc moins de terrains favorables aux formes les plus graves de l’infection bactérienne. Les auteurs y voient la première démonstration, à l’échelle d’une population nationale entière, qu’une stratégie de prévention contre le VRS peut aussi faire reculer le pneumocoque. Ce lien entre une infection virale et une surinfection bactérienne, longtemps soupçonné, se trouve ici confirmé sur des centaines de milliers d’enfants.

Des infections rares, mais redoutables

Le pneumocoque reste une menace sérieuse pour les plus jeunes. Quand la bactérie franchit les barrières et atteint le sang, les méninges ou les articulations, elle provoque des infections dites invasives, souvent synonymes d’hospitalisation en urgence. Fièvre brutale, somnolence inhabituelle, teint qui change : chez un bébé, ces signes n’attendent pas, et chaque heure compte pour limiter les séquelles. À l’échelle du monde, elle est encore responsable de plus de 800 000 décès d’enfants de moins de cinq ans chaque année, selon l’Organisation mondiale de la santé.

En France, la couverture par le nirsevimab est déjà loin d’être marginale. Dès sa première saison, plus d’un cinquième des bébés en avaient bénéficié, un socle qui compte dans la circulation de ces germes et qui explique qu’un effet ait pu être mesuré aussi vite.

Sur les 527 971 nourrissons nés en France entre février 2023 et janvier 2024, 119 435 ont reçu l'anticorps nirsevimab contre le VRS.
Graphique Actu Alt Plus. Source : étude AP-HP, The Lancet Infectious Diseases. Dès sa première saison, l’immunisation anti-VRS touchait déjà près d’un nourrisson sur quatre.
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Réutilisez ce graphique librement sur votre site, en citant Actu Alt Plus. Copiez le code ci-dessous :

Ce que cela change pour les familles

Rien ne bouge dans l’immédiat pour votre calendrier de rendez-vous. L’injection anti-VRS reste proposée avant ou pendant la première saison hivernale du bébé, en complément des vaccins pneumococciques déjà prévus, et cette étude ne remplace aucune protection existante. Elle ajoute un argument de plus en faveur de l’immunisation, en montrant qu’elle agit sur deux fronts à la fois. Pour les parents, la conclusion est sobre : le geste déjà recommandé garde tout son sens, l’assurance maladie continue de le prendre en charge pendant la campagne hivernale, et rien n’invite à multiplier les injections. Tout invite, en revanche, à ne pas manquer celle qui existe.

Ce résultat prolonge ce que nous racontions sur les deux anticorps anti-VRS et sur la place, parfois négligée, des vaccins de la petite enfance. Il ouvre surtout une question que les chercheurs se posent déjà : si prévenir un virus fait reculer une bactérie, combien d’autres protections croisées attendent encore d’être mises au jour dans le corps d’un nourrisson ?

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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« Clara » est la voix éditoriale d’Actu Alt Plus pour les Histoires humaines : récits incarnés, attention aux personnes, initiatives locales et solidarités souvent invisibles.

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