Sonde spatiale à deux modules empilés et grands panneaux solaires, au-dessus d'une planète grise criblée de cratères.

9,9 milliards de kilomètres plus tard, BepiColombo n’est toujours pas en orbite autour de Mercure

La sonde de l'ESA et de la JAXA a largué son module de transfert le 3 septembre 2026, ce qui a ouvert sa phase d'arrivée. L'insertion en orbite autour de Mercure, elle, est datée du 21 novembre, et la science de routine d'avril 2027.

Vous avez peut-être lu que BepiColombo était arrivée à Mercure. Pas encore. La sonde de l’ESA et de la JAXA a entamé sa phase d’arrivée le 3 septembre 2026 en larguant le module de transfert qui la poussait depuis huit ans. Sa mise en orbite autour de Mercure est fixée au 21 novembre 2026, ses premières données scientifiques de routine à avril 2027.

La manœuvre a eu lieu à 14 h 00, heure de Paris, et le centre européen des opérations spatiales n’en a reçu la confirmation qu’à 15 h 49. « Séparer deux vaisseaux depuis une distance de 200 millions de kilomètres, ce n’est pas quelque chose que nous faisons tous les jours », relève Ignacio Clerigo, responsable des opérations de la sonde, dans le compte rendu de l’ESA. Sa collègue Emmanuela Bordoni, responsable des opérations pour l’équipe de quart, décrit la salle de contrôle à l’instant du signal : « Après toute cette attente et cette préparation, nous nous sommes regardés et nous nous sommes serrés dans les bras. C’était un moment très fort. »

Huit ans de voyage pour gagner le droit de freiner

Mercure coûte cher à atteindre, et la distance n’y est pour rien. Plus un engin tombe vers le Soleil, plus il accélère, et il se présente trop vite pour se laisser capturer par la gravité modeste de la planète. BepiColombo a donc passé huit ans à perdre de la vitesse plutôt qu’à en gagner : un survol de la Terre, deux de Vénus, six de Mercure, et la poussée continue de la propulsion électrique solaire que portait le module de transfert.

Les six survols de Mercure se sont succédé du 1er octobre 2021 au 8 janvier 2025, les deux derniers à cinq semaines d’intervalle. Chacun a servi de coup de frein gravitationnel, sans consommer d’ergols.

Lancée le 20 octobre 2018, BepiColombo a parcouru 9,9 milliards de kilomètres et enchaîné neuf survols planétaires avant de larguer son module de transfert le 3 septembre 2026 : 3,44 millions de kilomètres par jour de vol en moyenne. Cette moyenne recouvre des régimes très inégaux, puisque chaque survol servait d’abord à redistribuer l’énergie de la sonde.

Cette échelle de temps est celle des grands programmes spatiaux européens, où quatorze ans de chantier séparent parfois le premier plan de la première donnée.

Salle de contrôle de mission vue de dos : rangées de consoles, courbes de télémétrie sur les écrans, opérateurs penchés sur leurs postes.
Le centre européen des opérations spatiales a reçu la confirmation du largage à 15 h 49, heure de Paris, pour une manœuvre exécutée à 14 h 00.

Ce qui est fait, ce qui reste

La séquence enclenchée le 3 septembre s’étale sur sept mois, et chacun de ses jalons porte une date propre. C’est de là que vient la confusion entre « arrivée » et « mise en orbite ».

Le calendrier d’arrivée de BepiColombo tel que l’ESA le publie. Source : ESA.
DateÉtapeStatut
20 octobre 2018Lancement par Ariane 5 depuis le port spatial européen de KourouFait
3 septembre 2026Largage du module de transfert, début de la phase d’arrivéeFait
21 novembre 2026Insertion en orbite autour de MercureÀ venir
9 et 10 décembre 2026Séparation des deux orbiteurs, MPO et MioÀ venir
Mars 2027MPO rejoint son orbite scientifique définitiveÀ venir
Avril 2027Début des opérations scientifiques de routineÀ venir

Décembre marquera la fin de l’objet unique : l’orbiteur planétaire européen MPO et l’orbiteur magnétosphérique japonais Mio, les deux satellites de la mission, se détacheront l’un de l’autre pour prendre chacun son orbite. L’ESA y voit la première fois que deux engins tourneront en même temps autour de Mercure.

Ce que le module a filmé pendant huit ans

Six jours après la séparation, l’agence a mis en ligne trois minutes de voyage montées à partir des images des trois caméras de contrôle du module de transfert, prises d’octobre 2018 à septembre 2026. Ces caméras avaient pour tâche de surveiller la sonde elle-même : antennes déployées, panneaux solaires, état des structures. Beaucoup des clichés d’origine portent des traînées lumineuses, dues à la lumière tombant sur les détecteurs, que l’ESA dit avoir en grande partie effacées pour le montage.

Vidéo : ESA, les huit ans de voyage vus par le module de transfert

Le prochain rendez-vous est daté au 21 novembre 2026, quand les deux orbiteurs encore solidaires devront se laisser capturer par Mercure. Le fil officiel de l’ESA le suivra en direct, comme le 3 septembre.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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