La courbure de la Terre vue depuis l’orbite basse, avec des fragments métalliques et un étage de fusée en rotation qui accrochent la lumière.

L’orbite terrestre compte près de deux objets morts pour un satellite actif

Objets suivis, masse en orbite, satellites éteints, répartition par régime d’orbite : le tableau de bord du trafic autour de la Terre, chiffres de l’Agence spatiale européenne arrêtés au 31 juillet 2026.

Sommaire
  1. Devinez avant de lire
  2. En bref
  3. Le catalogue ne voit que ce qu’il peut pister
  4. L’orbite basse porte les objets, la géostationnaire porte la masse
  5. Deux mille étages de fusée, un quart de la masse
  6. Sur 27 490 satellites lancés, 16 000 fonctionnent encore
  7. Le rythme de 2025 a fait basculer l’indice de l’ESA
  8. Questions courantes

Devinez avant de lire

Combien d’objets l’Agence spatiale européenne suit-elle un par un en orbite terrestre ?

Panorama

À Darmstadt, le bureau des débris spatiaux de l’Agence spatiale européenne a arrêté ses compteurs au 31 juillet 2026. Le catalogue affiche 46 875 objets suivis un par un autour de la Terre, pour 17 024 tonnes de matériel en orbite.

Ce catalogue ne couvre pourtant qu’une fraction de ce qui tourne. Les modèles de la même agence estiment à 68 450 le nombre d’objets de plus de 10 centimètres, à 1,5 million ceux qui mesurent entre 1 et 10 centimètres, et à 230 millions les éclats de 1 millimètre à 1 centimètre. Ces derniers ne sont pas pistés : ils sont calculés.

En bref

  • 46 875 objets suivis en orbite terrestre au 31 juillet 2026, pour 17 024 tonnes de matériel.
  • L’orbite basse rassemble 27 887 objets et 58 % de la masse ; l’orbite géostationnaire, 948 objets seulement, mais 17 % de la masse.
  • Environ 16 000 satellites fonctionnent encore, sur les 27 490 mis en orbite depuis 1957.
  • 11 436 objets du catalogue, près d’un quart, ne sont rattachés à aucun lancement identifié.
  • Le rapport annuel publié le 14 septembre 2026 recense plus de 300 lancements pour la seule année 2025.

Le catalogue ne voit que ce qu’il peut pister

Suivre un objet en orbite suppose de le revoir passer assez souvent pour recalculer sa trajectoire. Le portail débris de l’ESA publie le résultat de ce travail et le range en dix régimes d’orbite. Sous une dizaine de centimètres, le suivi individuel décroche : la population n’est plus connue que par modèle statistique, et les ordres de grandeur changent d’un facteur mille à chaque palier de taille. Un éclat de peinture de quelques millimètres file à plusieurs kilomètres par seconde et n’apparaît dans aucun catalogue.

L’écart entre les deux inventaires donne la mesure du travail restant : 68 450 objets de plus de 10 centimètres sont modélisés, contre 46 875 objets suivis toutes tailles confondues. Environ un tiers de la population de plus de 10 centimètres échappe donc au suivi individuel.

Ces fragments n’ont rien d’anodin, et ils ont une origine identifiée. L’agence recense plus de 660 fragmentations, explosions, collisions ou événements anormaux depuis 1957. Chacune remplace un objet suivi par des centaines de fragments trop petits pour l’être.

Un radôme blanc et une antenne de poursuite orientable sur une colline, sous un ciel étoilé.
Sous une dizaine de centimètres, le suivi individuel décroche et la population n’est plus connue que par modèle.

L’orbite basse porte les objets, la géostationnaire porte la masse

La répartition par régime d’orbite ne suit pas l’intuition.

L’orbite basse rassemble près de six objets suivis sur dix, mais l’orbite géostationnaire concentre 17 % de la masse avec 948 objets. Le catalogue ne recense que les objets assez gros pour être pistés un par un.
L’orbite basse rassemble près de six objets suivis sur dix, mais l’orbite géostationnaire concentre 17 % de la masse avec 948 objets. Le catalogue ne recense que les objets assez gros pour être pistés un par un.
Reprendre ce graphique ou citer ce chiffre

Citez ce chiffre en mentionnant Actu Alt Plus :

Ou réutilisez ce graphique librement sur votre site, attribution incluse :

L’orbite basse rassemble à elle seule 27 887 objets suivis, près de six sur dix. Le détail régime par régime tient en un tableau.

Le trafic orbital régime par régime (ESA, base DISCOS, chiffres au 31 juillet 2026)
Régime orbitalObjets suivisdont charges utilesMasse en orbite (t)Part de la masse
LEO (orbite basse)27 88716 8129 875,258,0 %
MGO (croisement orbite moyenne / géostationnaire)5 41770396,22,3 %
EGO (géostationnaire étendue)4 9995821 495,08,8 %
LMO (croisement orbite basse / moyenne)2 32582738,24,3 %
HEO (orbite très elliptique)2 05335199,41,2 %
GTO (transfert géostationnaire)1 29748575,43,4 %
MEO (orbite moyenne)1 18776155,80,9 %
GEO (géostationnaire)9488022 888,517,0 %
NSO (orbites de navigation)456298628,13,7 %
Autres régimes3064072,40,4 %
Total46 87518 84517 024,4100 %

La masse raconte une autre histoire. L’orbite géostationnaire ne compte que 948 objets suivis, soit 2 % du catalogue, mais 2 888,5 tonnes, soit 17 % de la masse totale : un objet géostationnaire pèse en moyenne 3 tonnes, contre 354 kilos en orbite basse. Les satellites y sont gros, et rien ne les freine à cette altitude.

Deux régimes intermédiaires arrivent juste derrière l’orbite basse et ne doivent presque rien aux satellites : 5 417 objets en croisement entre orbite moyenne et géostationnaire, dont 70 charges utiles, et 4 999 en géostationnaire étendue, dont 582 charges utiles. Autre lecture du même tableau : 11 436 objets, près d’un quart du catalogue, ne sont rattachés à aucun lancement identifié, et neuf sur dix d’entre eux se trouvent hors de l’orbite basse.

Deux mille étages de fusée, un quart de la masse

Le catalogue distingue les charges utiles, les corps de fusée, les débris de fragmentation et les objets non identifiés. La hiérarchie change du tout au tout selon qu’on compte des objets ou des tonnes.

Les 2 086 corps de fusée encore en orbite représentent 4 % des objets suivis et 3 882,6 tonnes, soit 23 % de la masse. Les 18 845 charges utiles, neuf fois plus nombreuses, en pèsent 12 998,7 : environ 690 kilos par objet, contre 1,86 tonne pour un étage.

À l’autre bout, 13 134 objets du catalogue proviennent de fragmentations, plus d’un quart du total, et la base ne leur attribue que 3 tonnes de masse cumulée. Ils pèsent dans le nombre, pas dans le tonnage. Ce classement dit aussi où se trouve la matière récupérable : un étage intact est une cible identifiée, documentée et lourde, là où un fragment de quelques centimètres ne se rattrape pas.

Sur 27 490 satellites lancés, 16 000 fonctionnent encore

Environ 7 320 lancements ont réussi depuis 1957 et ont placé quelque 27 490 satellites en orbite terrestre. Il en reste 18 840 là-haut : les 8 650 autres sont retombés, soit près d’un satellite sur trois jamais revenu au sol depuis le début de l’ère spatiale. Sur ceux qui restent, environ 16 000 fonctionnent encore, ce qui laisse près de 2 840 satellites éteints à continuer de tourner.

Sur les 46 875 objets suivis en orbite terrestre au 31 juillet 2026, environ 16 000 sont des satellites encore en activité, soit un objet utile pour près de deux objets morts. Le reste tourne sans commande : étages supérieurs abandonnés, satellites éteints, débris de fragmentation et pièces larguées au déploiement.

Un second inventaire existe. Tenu par CelesTrak à partir du catalogue de surveillance américain, il comptait 20 076 charges utiles en orbite le 16 septembre 2026 : les deux comptes n’arrêtent ni les mêmes dates ni les mêmes catégories. Savoir à qui appartient quoi n’a rien d’académique, et AAP est déjà revenu sur l’attribution d’un cratère lunaire à un étage de lanceur.

Un étage supérieur de fusée abandonné tourne lentement sur lui-même au-dessus de la Terre.
Les 2 086 corps de fusée encore en orbite représentent 4 % des objets suivis et 23 % de la masse.

Le rythme de 2025 a fait basculer l’indice de l’ESA

L’édition 2026 du rapport sur l’environnement spatial, publiée le 14 septembre, arrête ses comptes à la fin de 2025 : plus de 300 lancements sur la seule année. L’indicateur dont l’agence se sert pour mesurer l’effet à long terme de l’activité en orbite est passé d’environ 4 à 50 en un an, un ordre de grandeur en douze mois.

L’agence a aussi raccourci l’horizon de ses projections, de 200 à 100 ans, et obtient malgré tout des nombres supérieurs à ceux de l’édition précédente sur deux fois moins de temps. L’Europe continue par ailleurs d’ajouter du trafic depuis son propre sol : AAP suivait un tir orbital depuis Andøya.

La conclusion du rapport tient en une ligne : le retrait actif de débris est nécessaire pour stopper la croissance du nombre d’objets en orbite. Prévenir ne suffit plus à la contenir.

Questions courantes

Que devient un satellite en fin de vie ?
Il retombe, plus ou moins vite et plus ou moins bien. Le rapport 2026 de l’ESA relève que plus de trois satellites ou étages de fusée intacts rentrent dans l’atmosphère chaque jour en moyenne, et que les rentrées contrôlées de corps de fusée ont dépassé les rentrées non contrôlées pour la deuxième année consécutive.

Combien de satellites partent en orbite chaque jour ?
Environ dix charges utiles par jour en 2025, selon le rapport de l’ESA, pour plus de 4 000 sur l’ensemble de l’année.

Une collision en orbite peut-elle en provoquer d’autres ?
C’est le scénario que l’ESA désigne sous le nom de syndrome de Kessler : des débris qui produisent eux-mêmes de nouveaux débris en se percutant. Le rapport 2026 décrit un effet d’emballement du nombre d’objets et de collisions attendus en orbite basse.

Votre réaction :

Article créé en collaboration avec l’IA.

Les plus lus

  1. 1Taratata 600 : la date d’enregistrement et celle de diffusionTaratata 600 : la date d’enregistrement et celle de diffusion
  2. 2Mondiaux de cyclisme : le maillot arc-en-ciel rapporte 8 000 euros, moins qu’une étape du TourMondiaux de cyclisme : le maillot arc-en-ciel rapporte 8 000 euros, moins qu’une étape du Tour
  3. 3Prix du roman Fnac 2026 : « C’était ça ou mourir » lauréatPrix du roman Fnac 2026 : « C’était ça ou mourir » lauréat
  4. 4Résultats des évaluations nationales 2026, dès le 21 septembreRésultats des évaluations nationales 2026, dès le 21 septembre
  5. 5Résultat du Super Loto du 18 septembre : 13 millions gagnésRésultat du Super Loto du 18 septembre : 13 millions gagnés

Nos dossiers

Recevez notre sélection dans votre boîte mail

Le meilleur d’Actu Alt Plus : décryptages, chiffres et panoramas. Désinscription en 1 clic, zéro spam.

Avatar illustré de Élise, voix éditoriale d'Actu Alt Plus
Elise

« Élise » est la voix éditoriale d’Actu Alt Plus pour Nature, Science & Planète : le vivant, le climat et les découvertes scientifiques, expliqués simplement et sans jargon.

Articles: 365