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Sommaire
Essai visuel
Un étage supérieur de Falcon 9 a percuté la Lune le 5 août 2026 à 6 h 35 UTC et y a creusé un cratère de 18 mètres de diamètre. La NASA en a publié l’image le 18 août, saisie par son orbiteur Lunar Reconnaissance Orbiter le 11 août depuis 90 kilomètres d’altitude, au terme d’une traque qui a mobilisé des astronomes amateurs, le bureau des géocroiseurs du JPL et la sonde sud-coréenne Danuri.
On garde en mémoire une fusée SpaceX annoncée sur la Lune en 2022, sauf que ce n’était pas elle. Bill Gray, l’astronome qui avait donné l’alerte, a corrigé lui-même son identification le 12 février 2022 après un courriel de Jon Giorgini, du JPL, et a établi dans sa note de correction que l’objet était l’étage du lanceur chinois Chang’e 5-T1. Pour l’impact de 2026, l’attribution tient : l’objet porte la désignation 2025-010D et vient du tir du 15 janvier 2025 qui emportait l’atterrisseur Blue Ghost 1.
Le trou, vu de 90 kilomètres

L’image vient de la caméra à angle étroit de LRO, qui distingue des détails de moins d’un mètre. Mark Robinson, responsable de l’instrument, décrit sur la fiche LROC du 18 août 2026 un cratère de 18 mètres de large et de moins de 3 mètres de profondeur, centré par 19,4759 degré de latitude nord et 266,7138 degré de longitude est, à 511 mètres d’altitude. La confrontation avec le cliché antérieur M1370003265R fixe la date d’apparition sans discussion.
Un V de débris qui trahit l’angle
Les éjectas dessinent un V, signature d’un impact rasant : l’étage est arrivé à environ 31 degrés au-dessus de l’horizontale. Les traînées sombres proviennent des cinquante premiers centimètres de régolithe, mûri par le rayonnement ; les traînées claires viennent de plus bas, d’un matériau resté jeune faute d’exposition, précise la NASA. Dix-huit mètres de cratère suffisent donc à retourner la chronologie d’un sous-sol vieux de milliards d’années.
Mille cinquante-trois observations depuis le sol

La traque a commencé sur Terre. Bill Gray, qui édite le logiciel d’orbitographie Project Pluto, a suivi l’objet pendant plus d’un an et totalisait 1 053 observations au 26 février 2026, fournies par cinq observatoires du Mississippi, de l’Utah, de Pékin et d’Angleterre. Il a sollicité la liste de diffusion des planètes mineures pour resserrer sa prédiction. Grant Privett, observateur britannique, a signé une pose de douze minutes où l’éclat de l’étage varie au rythme de sa rotation.
Le relais du JPL, puis celui de Danuri
Le Center for Near Earth Object Studies du JPL a repris les calculs et conclu à 100 % de probabilité d’impact, selon l’annonce du 4 août. Project Pluto visait 19,461 degré nord et 266,707 degré est, avec une incertitude théorique d’environ 300 mètres. La NASA a transmis sa prédiction à l’équipe de Danuri, l’orbiteur sud-coréen, qui a constaté qu’elle tombait à 0,6 mile près, un kilomètre, avant de renvoyer les coordonnées mesurées à l’équipe de LRO.
Ce que pèse une collision à 2,43 km/s
Restait à chiffrer le choc lui-même, qu’aucune source ne convertit. Selon nos calculs, l’étage de Falcon 9 a frappé la Lune le 5 août 2026 avec 14,5 gigajoules d’énergie cinétique, soit l’équivalent de 3,5 tonnes de TNT, en croisant les 4 900 kilogrammes de l’étage et les 2,43 kilomètres par seconde d’impact publiés par Project Pluto. La méthode tient en une ligne : la moitié de la masse multipliée par le carré de la vitesse. Le cratère qui en résulte couvre 254 mètres carrés, la surface d’un court de tennis en double à 3 % près, pour une profondeur inférieure à la hauteur d’un plafond de deux étages.
Série AAP
Nous suivions déjà cette métrique : le 9 avril, AAP mesurait un cratère tout neuf de 22 mètres de diamètre sur la Lune, repéré lui aussi par comparaison d’images orbitales. Celui du 5 août en fait 18, et n’a rien de naturel.
Le droit ne dit rien d’un sol criblé
Personne n’aura de comptes à rendre. L’article VII du traité de l’espace, ouvert à la signature le 27 janvier 1967, rend l’État qui lance ou fait lancer un objet spatial internationalement responsable des dommages causés à un autre État partie ou à ses ressortissants, y compris sur la Lune. Le déclencheur reste le dommage à un tiers identifié. Un cratère creusé dans un désert qui n’appartient à personne n’ouvre aucune responsabilité, et le traité ne connaît pas la notion de propreté d’un sol commun.
Ces impacts finissent par servir. L’équipe rassemblée autour de Benjamin Fernando présentait le tir du 5 août, dans un article de préparation déposé le 16 juillet 2026, comme un banc d’essai : localiser un impact pour les futures expériences sismiques lunaires, étudier la dynamique du panache de poussière, examiner le risque posé par les débris spatiaux artificiels. Le prochain étage abandonné trouvera une Lune que l’équipage d’Artemis III doit rejoindre.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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