![]()
Un puits large d’une cinquantaine de mètres troue les dômes volcaniques de Marius Hills, sur la face visible de la Lune. La NASA a sélectionné, le 30 septembre 2026, la mission chargée d’aller voir au sol si une grotte s’étend dessous. Elle s’appelle GIMLI, elle est pilotée par le Planetary Science Institute, et un atterrisseur commercial doit la déposer avec un rover.
Le puits de Marius Hills mesure 58 mètres sur 49, et la NASA a retenu le 30 septembre 2026 quatre instruments pour savoir si une grotte s’en échappe. Aucune image ne montre le tube de lave soupçonné sous l’ouverture. Les indices viennent de l’orbite, où les observations accumulées plaident depuis des années pour des cavités sous la surface lunaire (communiqué de l’institut, 1er octobre 2026). La sélection passe par le programme PRISM, qui installe des charges scientifiques sur la Lune au moyen de vols commerciaux achetés par l’agence (communiqué de la NASA, 30 septembre 2026).
Citer ce chiffre
Citez ce chiffre en mentionnant Actu Alt Plus :
Quatre instruments pour radiographier un sous-sol
Le radar à pénétration de sol envoie une onde dans le régolithe et attend ses échos, car un vide ne renvoie pas la même signature que la roche. Les capteurs sismiques écoutent des ondes déclenchées sur place, dont le temps de trajet change si elles traversent une cavité. Le gravimètre pèse le sous-sol : un tunnel vide, c’est de la masse manquante. Les caméras photographient la surface et les parois du puits, où affleurent des couches de régolithe et des coulées de lave normalement enfouies.
Than Putzig dirige GIMLI au Planetary Science Institute. « Cela fait longtemps que je souhaite réintroduire la sismique à source active dans la science planétaire, car elle n’a pour ainsi dire plus été pratiquée depuis les relevés des astronautes d’Apollo », explique-t-il. Combinée au radar et à la mesure de gravité, elle doit livrer une lecture des propriétés du sous-sol.
Trois de ces quatre instruments sont construits par Honeybee Robotics, filiale de Blue Origin, qui intégrera l’ensemble à l’atterrisseur et au rover. Le radar vient de Norvège.
| Instrument | Ce qu’il mesure | Qui le fournit | Ce qu’il doit révéler |
|---|---|---|---|
| Radar à pénétration de sol | Échos d’ondes radio dans le sous-sol | Agence spatiale norvégienne | La présence d’une cavité et la profondeur de son toit |
| Sismique à source active | Temps de trajet d’ondes déclenchées sur place | Honeybee Robotics | La structure des couches traversées |
| Gravimètre | Variations locales de la gravité | Honeybee Robotics | Le déficit de masse d’un volume vide |
| Caméras | Images de la surface et des parois du puits | Honeybee Robotics | Les couches de régolithe et de lave mises à nu |
Un autre puits lunaire a déjà parlé
Le puits de la mer de la Tranquillité a déjà rendu un résultat, sans qu’aucun engin s’en approche. En 2024, une équipe de l’université de Trente a retraité des données de 2010 du radar Mini-RF de l’orbiteur LRO. Elle y a reconnu les échos d’un conduit souterrain. Riccardo Pozzobon, planétologue à l’université de Padoue, lui donne une largeur « d’un minimum de 55 à 60 mètres ». Il pourrait atteindre plusieurs centaines de mètres (étude radar de 2024). Du côté de Marius Hills, tout vient aussi d’en haut : quarante mètres de fond sous une ouverture de 58 mètres sur 49 (relevés de LROC).
Vue d’en haut, l’ouverture n’est qu’une tache noire au milieu des dômes clairs.
Pourquoi un trou vaut un abri
Dans l’ombre permanente du puits de la mer de la Tranquillité, un cylindre d’une centaine de mètres de profondeur, le radiomètre Diviner de LRO relève environ 17 °C. La surface lunaire, elle, passe d’environ 127 °C le jour à -173 °C la nuit (relevés du radiomètre Diviner, 26 juillet 2022). Dix-sept degrés, à l’abri du Soleil. Une cavité prolongeant l’ouverture garderait cette stabilité, et ses parois arrêteraient rayonnements et micrométéorites : la NASA y voit des abris naturels déjà prêts pour les futurs équipages. Pour situer GIMLI dans le retour vers la Lune, les clés de l’exploration spatiale sont réunies dans notre dossier.
Un abri ne nourrit personne. AAP chiffrait le 14 septembre 2026 qu’une ville lunaire d’un million d’habitants viderait en trois ans et demi les 34 millions de tonnes d’eau recensée dans les pièges froids. Les deux ressources ne se trouvent pas au même endroit : la glace tient aux pôles, les tubes de lave courent sous les plaines volcaniques.
Sept organisations figurent dans l’équipe, dont deux norvégiennes : l’agence spatiale, qui fournit le radar, et l’université d’Oslo. Les autres sont américaines, de Boise State University à l’université Johns-Hopkins, en passant par le Lunar and Planetary Institute. Même sans cavité, GIMLI rapporterait de la donnée sur la formation du puits et sur l’histoire volcanique de la région. « Confirmer un tube de lave substantiel nous renseignerait sur la façon dont le volcanisme a fonctionné sur la Lune », note Gareth Morgan, responsable scientifique adjoint de la mission.
Votre réaction :
Article créé en collaboration avec l’IA.
Les plus lus
- 1
6 prix Nobel 2026 annoncés du 5 au 12 octobre, l’heure de Paris prix par prix - 2
Ce qui change au 1er octobre 2026 : APL, gaz, franchises - 3
Prime du champion du monde de cyclisme : 8 000 € pour McNulty - 4
Mont Royal, 3 803 m de dénivelé aux Mondiaux de Montréal - 5
Qui vote pour le Ballon d’or de France Football ? 100 jurés
Nos dossiers
- Océan85
- Record du monde35
- Espace38
- Histoire92
- Famille96
- Évolution78
- Pouvoir d’achat126
- Climat121
Recevez notre sélection dans votre boîte mail
Le meilleur d’Actu Alt Plus : décryptages, chiffres et panoramas. Désinscription en 1 clic, zéro spam.

