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À la ferme suédoise de Kärrbo Prästgård, des brocolis ont passé la saison 2024 sous un toit de verre magenta. Ils ont atteint la taille de ceux du plein champ, avec vingt-cinq jours de retard, pendant que le vitrage produisait de l’électricité. L’essai est signé Silvia Ma Lu et son équipe de l’université de Mälardalen, à Västerås. Il paraît dans Cell Reports Physical Science (étude du 2 octobre 2026).
Un hectare de panneaux solaires magenta a produit 224,7 MWh sur une saison de brocolis, contre 325,2 MWh pour une centrale solaire classique (Cell Reports Physical Science, 2 octobre 2026). La division donne 69 % : le toit rose rend un peu plus des deux tiers de l’électricité d’une installation ordinaire, et il garde la récolte. Les 100,5 MWh manquants sont le prix de la lumière laissée aux plants.
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Le vert, les brocolis en tirent le moins
Le verre, d’un rose soutenu que l’équipe qualifie de magenta, retient le vert. Il laisse filer le rouge et le bleu, les deux couleurs que la photosynthèse utilise en priorité. L’électricité vient de bandes de tellurure de cadmium posées sur le vitrage, et la lumière passe entre elles. Deux dispositifs ont été montés côte à côte, vingt mètres sur vingt chacun, soit un court de tennis et demi. Le premier laissait passer 50 % de la lumière, le second 70 %, et une troisième parcelle restait en plein soleil.
Sous le toit le moins transparent, les plants ont utilisé la lumière reçue 4,5 fois plus efficacement qu’en plein champ, contre 2,8 fois sous l’autre (détail par transparence). Les pommes récoltées faisaient la même taille dans les trois parcelles. « L’un des résultats les plus intéressants a été de voir à quel point les brocolis se sont comportés de la même façon sous les deux systèmes », explique Silvia Ma Lu dans le communiqué de Cell Press. L’équipe ne tranche pas entre l’effet du filtre magenta et celui de la quantité de lumière reçue. Même taille, vingt-cinq jours de patience.
Et chez nous ?
Ce que la France demande à une parcelle agrivoltaïque
Un seuil chiffré commande tout. La production agricole n’est jugée significative que si le rendement moyen par hectare de la parcelle dépasse 90 % de celui d’une zone témoin (article R. 314-114 du code de l’énergie). Cette zone témoin représente au moins 5 % de la surface de l’installation, un hectare au maximum, et porte la même culture dans des conditions pédoclimatiques équivalentes. Le texte vient du décret du 8 avril 2024, publié au Journal officiel le lendemain. Il applique la loi d’accélération des énergies renouvelables.
Au-delà de 10 MWc, le taux de couverture ne peut pas dépasser 40 % (article R. 314-118). Ce taux se calcule comme le rapport entre la projection au sol maximale des modules et la surface de la parcelle (article R. 314-119). Un verre semi-transparent se projette au sol comme un verre opaque : la règle française mesure l’ombre portée, quelle que soit la part de lumière qui la traverse.
Le même seuil de 90 % se joue aussi avant la mise en service : le tassement du sol par les engins de chantier coûte 22 à 43 % de rendement à un seigle d’hiver (Scientific Reports, 27 septembre 2026).
Mis face à cette grille, le prototype suédois coche la case du rendement et laisse l’électricité payer la facture.
| Critère | Ce qu’exige le texte français | Ce que rapporte l’essai suédois |
|---|---|---|
| Rendement agricole | Plus de 90 % du rendement par hectare d’une zone témoin (art. R. 314-114) | Des brocolis de taille comparable au plein champ |
| Zone témoin | 5 % de la surface au moins, 1 hectare au plus, même culture (art. R. 314-114) | Une troisième parcelle laissée en plein soleil |
| Taux de couverture | 40 % au plus au-delà de 10 MWc, mesuré sur la projection au sol des modules (art. R. 314-118 et R. 314-119) | Un vitrage sur toute la parcelle, transparent à 50 % et à 70 % |
| Durée jusqu’à la récolte | Aucun seuil | 25 jours de plus qu’en plein champ |
| Électricité | Aucun seuil | 224,7 MWh par hectare et par saison, contre 325,2 pour une centrale classique |
Des toits de serre et des jardins partagés
« Des configurations proches de notre prototype pourraient convenir pour l’instant à des usages de petite échelle, comme des jardins partagés, ou à une intégration dans des toits de serre », prévient Silvia Ma Lu. « Il n’existe pas de modèle agrivoltaïque unique qui fonctionne partout de façon optimale », ajoute la chercheuse.
La suite se joue en intérieur : l’équipe veut comparer en laboratoire des vitrages magenta, rouges et bleus. Elle veut aussi valider le résultat sur plusieurs saisons et à plus grande échelle. Le prototype n’a tourné qu’une saison, sur 400 mètres carrés par dispositif, et l’effet de serre du verre lui-même n’a pas été comptabilisé. Les prochains brocolis de l’équipe pousseront en laboratoire, sous du rouge et sous du bleu.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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