Une longue falaise de compression barre une plaine grise criblée de cratères, sous un soleil rasant.

11,6 kilomètres de rayon perdus par Mercure, dont 3,3 que ses rides ne montrent pas

Les rides visibles de Mercure ne racontent que 8,3 kilomètres de rétrécissement. En cartographiant la rugosité de la planète entière, une équipe de l’université de Hokkaido et du Centre aérospatial allemand porte la contraction du rayon à 11,6 kilomètres, soit 0,48 % de sa taille actuelle.

Le chiffre

Vous croyez lire l’histoire d’une planète sur ses rides ? Mercure n’en montre qu’une partie. Une étude parue le 10 septembre 2026 dans Geophysical Research Letters fait passer la contraction du rayon de la planète de 8,3 à 11,6 kilomètres depuis sa formation, il y a 4,5 milliards d’années. Gaku Nishiyama, rattaché à l’université de Hokkaido et au Centre aérospatial allemand, la signe avec six coauteurs. En cause : les régions rugueuses de sa surface, qui ont escamoté les plis que le refroidissement aurait dû y imprimer.

11,6kilomètres de rayon perdus par Mercure depuis sa formation

Le mécanisme est simple : Mercure se comprime en perdant sa chaleur interne, et ce serrage plisse sa croûte en escarpements et en rides de compression. Les géologues appellent ces reliefs des structures de raccourcissement et les cartographient depuis les images de la sonde MESSENGER. Mais leur répartition est très inégale à la surface, ce qui contredit la contraction uniforme qu’un refroidissement global devrait produire. L’équipe a donc dressé une carte de la rugosité topographique de la planète entière, puis l’a superposée aux cartes de déformation tirées du catalogue de structures. Le manque saute aux yeux : là où le terrain est rugueux, les rides se raréfient. Les éjectas de cratères et les resurfaçages récents les ont recouvertes, ont empêché leur formation, ou les deux. L’étude conclut que ce biais tire les estimations antérieures vers le bas de plusieurs kilomètres, et que la contraction réelle est jusqu’à 30 % supérieure à ce que l’on croyait.

Ce que 3,3 kilomètres de plus disent du noyau

Rapporté à la taille de l’astre, l’écart est une écorchure. Mercure a perdu jusqu’à 11,6 kilomètres de rayon depuis sa formation, soit 0,48 % de ses 2 439,7 kilomètres actuels, selon l’étude publiée le 10 septembre 2026 dans Geophysical Research Letters et le rayon moyen mesuré par la NASA. L’ancienne estimation n’en retirait que 0,34 %. L’intérieur de la planète, lui, encaisse toute la différence. Une contraction plus forte suppose un noyau métallique plus volumineux, plus pauvre en éléments légers comme le silicium, ou parti d’une température initiale plus élevée, résume le communiqué de l’American Geophysical Union. Avec la valeur révisée, l’observation se rapproche nettement des prédictions des modèles de refroidissement, selon l’AGU.

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Voici les deux estimations côte à côte, rapportées au rayon moyen de Mercure.

Contraction de Mercure depuis sa formation, avant et après correction du biais de rugosité (Geophysical Research Letters, 10 septembre 2026 ; American Geophysical Union ; NASA Planetary Fact Sheet).
MesureAvant correctionAprès correction
Contraction du rayon8,3 km11,6 km
Part du rayon moyen actuel (2 439,7 km)0,34 %0,48 %
Diamètre perdu, fourchette citée par l’AGU4 à 16 kmjusqu’à 23 km
Sous-estimation de la contractionréférence10 à 30 %

BepiColombo ira chercher les rides que MESSENGER n’a pas vues

La limite est instrumentale. Les données de MESSENGER ne mesurent de façon fiable que les reliefs d’environ 5 kilomètres et plus, précise l’AGU. En dessous, les structures échappent au catalogue, et c’est exactement là que se logent les plis à demi effacés. L’altimètre laser de BepiColombo, la mission conjointe de l’Europe et du Japon, doit descendre bien plus bas en échelle. Gaku Nishiyama s’attend à ce que l’estimation du rétrécissement grandisse encore à mesure que la topographie sera relevée plus finement, a-t-il déclaré au Japan Times.

Le biais ne s’arrête peut-être pas à Mercure : l’étude avertit qu’il pourrait fausser de la même façon les bilans tectoniques d’autres corps rocheux, la Lune en tête. Reste à ce que la sonde arrive. Actu Alt Plus lui comptait 9,9 milliards de kilomètres de vol le 12 septembre. Son insertion en orbite autour de Mercure est prévue le 21 novembre 2026, et l’Agence spatiale européenne ne place le début des opérations scientifiques de routine qu’en avril 2027.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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Élise

« Élise » est la voix éditoriale d’Actu Alt Plus pour Nature, Science & Planète : le vivant, le climat et les découvertes scientifiques, expliqués simplement et sans jargon.

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