Un petit aquarium scellé où nagent de minuscules crevettes rouges parmi des algues, fixé dans un module de station spatiale

Des crevettes d’Hawaï sur l’ISS : 51 étudiants y testent un écosystème scellé

Pourquoi une minuscule crevette hawaïenne a-t-elle sa place en orbite ? Elle supporte une eau presque douce comme très salée, un atout pour vivre en circuit fermé.

En bref

Une boîte scellée peuplée de minuscules crevettes rouges d’Hawaï, d’algues et de microbes est arrivée le 15 octobre 2026 à bord de la Station spatiale internationale (ISS). Baptisée SCAMPI, elle doit montrer si un écosystème entier fonctionne normalement en apesanteur, une donnée attendue pour les futurs systèmes de survie des missions vers la Lune et Mars, selon l’Agence spatiale européenne (ESA).

Ce sont 51 étudiants qui l’ont conçue, construite et testée, au sein d’un consortium mené par le Politecnico di Torino (Italie) et l’École polytechnique. Cinq des huit établissements cités par l’ESA pour SCAMPI sont français.

Le cargo Dragon de SpaceX, parti de Cap Canaveral (Floride) le 13 octobre, s’est amarré à 16 h 27, heure de Paris, avec plus de 2,8 tonnes de fret pour la NASA.

À retenir

  • Dans la boîte : des crevettes d’Hawaï qui supportent une eau presque douce comme très salée, des algues et des microbes, enfermés ensemble.
  • Aux commandes : 51 étudiants d’Europe et des États-Unis ; l’ESA cite huit établissements, dont l’École polytechnique, l’ISAE-SUPAERO, l’IPSA et l’école d’ingénieurs PURPAN.
  • La question posée : un écosystème fonctionne-t-il normalement en apesanteur ?

Pourquoi cette crevette ?

Parce qu’elle encaisse presque toutes les eaux salées. Halocaridina rubra, l’espèce choisie par l’équipe SCAMPI, vit dans les bassins anchialins d’Hawaï, où la salinité fluctue fortement.

En laboratoire, elle vit aussi bien dans une eau presque douce (2 grammes de sel par kilo) que dans l’eau de mer (32 grammes). Elle survit aussi à un passage direct vers une eau à 45 grammes, selon les essais de l’université Auburn, repris en 2019 par une étude du Journal of Experimental Biology. Selon notre calcul, sa plage va d’une eau trois fois moins salée que la mer Baltique en surface à une eau plus salée que la mer Rouge, à partir des repères de l’Ifremer.

Ses branchies se distinguent : toutes transportent du sel, quelle que soit l’eau. Chez les autres crevettes de l’étude, la part des branchies mobilisées varie avec la salinité. L’activité de ses gènes du transport du sel reste inchangée.

De 2 à 45 grammes de sel par kilo d’eau, Halocaridina rubra couvre toute la gamme des mers, de la Baltique à la mer Rouge.
De 2 à 45 grammes de sel par kilo d’eau, Halocaridina rubra couvre toute la gamme des mers, de la Baltique à la mer Rouge.
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C’est aussi la crevette des EcoSphere, ces globes de verre scellés vendus jusqu’en 2022 comme aquariums autonomes. À l’intérieur, les algues produisent l’oxygène, les bactéries recyclent les déchets et les crevettes se nourrissent des deux, pendant des années. SCAMPI reprend ce modèle des mares saumâtres d’Hawaï, d’après la présentation de l’équipe publiée par l’ESA en avril 2024.

Que va-t-il se passer à bord ?

Selon l’ESA, un astronaute doit fixer la boîte dans ICE Cubes, une plateforme de recherche commerciale installée dans le module européen Columbus. Au 18 octobre 2026, l’agence n’avait publié aucun point sur cette installation. L’équipe prévoit 90 jours en orbite. Pour Sabrina Corpino, professeure de systèmes aérospatiaux au Politecnico di Torino, le projet a offert aux étudiants « un défi réel ». Il s’agissait de « concevoir et construire un système capable d’abriter un petit écosystème aquatique » pendant une mission à bord de l’ISS.

Pourquoi ça compte

Une espèce robuste ne fait pas un écosystème robuste. SCAMPI observe ensemble crevettes, algues et microbes, sur plusieurs maillons de la chaîne alimentaire. L’ESA la présente comme l’une des premières expériences à mesurer les effets de l’espace sur un écosystème entier.

La boîte doit ensuite revenir sur Terre pour des analyses en laboratoire, sans date annoncée. Le cargo Dragon qui a apporté les crevettes doit quitter l’ISS à la mi-novembre et amerrir au large de la Californie.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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Élise

« Élise » est la voix éditoriale d’Actu Alt Plus pour Nature, Science & Planète : le vivant, le climat et les découvertes scientifiques, expliqués simplement et sans jargon.

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