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La revue Science a bien daté la fin du monde au vendredi 13 novembre 2026 dans un article de 1960, et cette prédiction est fausse. Ses auteurs, le physicien Heinz von Foerster et deux étudiants de l’Université de l’Illinois, annonçaient un emballement de la population humaine jusqu’à l’infini. Près de 54 milliards d’humains à la mi-2023 : c’est, selon notre calcul, la population mondiale qu’annonçait la formule publiée dans Science en 1960, quand l’ONU en a estimé 8,09 milliards.
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L’affirmation« La fin du monde est prévue le vendredi 13 novembre 2026, selon une étude scientifique. »
Notre verdictFaux
Que disait vraiment l’étude de 1960 ?
Elle prédisait que l’humanité mourrait de son nombre. Urbana, Illinois : von Foerster, pionnier autrichien de la cybernétique, travaille au département de génie électrique de l’université. Avec Patricia M. Mora et Lawrence W. Amiot, il signe le 4 novembre 1960 « Doomsday: Friday, 13 November, A.D. 2026 ». Son sous-titre pose la thèse : à cette date, la population « approchera l’infini si elle croît comme elle a crû depuis deux millénaires ». Les auteurs en tirent une sentence, citée par Popular Science : « Nos arrière-arrière-petits-enfants ne mourront pas de faim. Ils mourront écrasés. »
Le calcul part d’une observation : depuis l’Antiquité, le temps nécessaire pour doubler la population raccourcit. Une croissance exponentielle double à rythme fixe ; celle-ci accélère, parce que les humains communiquent et forment des coalitions qui repoussent leurs limites, résume l’historien Alan MacEachern. La courbe obtenue est une hyperbole, qui file vers l’infini à une date précise.
Pourquoi le vendredi 13 novembre 2026 ?
Parce que l’hyperbole touche l’infini en 2026,87, à cinq ans et demi près, soit à la mi-novembre. Le vendredi 13 était la façon espiègle des auteurs d’arrondir, selon Futura : la date tenait de la plaisanterie, le message était la forme de la courbe. Von Foerster est par ailleurs né à Vienne le 13 novembre 1911. L’apocalypse tombe le jour de ses 115 ans.
La revue publie ensuite des lettres de mathématiciens et de démographes qui jugent l’article « ridicule » et « manifestement absurde ». Le trio défend ses équations, et les chiffres lui donnent d’abord raison : dans les années 1970 et 1980, sa formule colle mieux à la réalité que la plupart des projections des démographes, selon Alan MacEachern.
La population a-t-elle suivi la courbe ?
Pendant trente ans, oui. Jusqu’en 1990, la formule reste à 11 % près des estimations de l’ONU. Elle les dépasse à partir de 1994, puis l’écart s’emballe. En 2020, elle attendait déjà plus de trois fois et demie la population réelle.
| Année | Formule de 1960 | Estimation ONU | Écart de la formule |
|---|---|---|---|
| 1960 | 2,81 | 3,02 | −7 % |
| 1970 | 3,31 | 3,69 | −11 % |
| 1980 | 4,01 | 4,45 | −10 % |
| 1990 | 5,10 | 5,33 | −4 % |
| 2000 | 7,01 | 6,17 | +14 % |
| 2010 | 11,25 | 7,02 | +60 % |
| 2020 | 28,63 | 7,89 | +263 % |
| 2023 | 53,77 | 8,09 | +565 % |
Pourquoi la courbe s’est-elle cassée ?
Parce que le taux de croissance, censé monter avec la population, a culminé en 1963, trois ans après la parution, à 2,28 % par an. Pour 2025, les séries de l’ONU le projettent à 0,84 %. La population augmente toujours, mais sans accélération, l’hyperbole perd sa date de l’infini.
Le frein est venu de la baisse des naissances. Les femmes ont en moyenne un enfant de moins qu’autour de 1990, note l’ONU. Dans plus de la moitié des pays, la fécondité est passée sous 2,1 enfants par femme, le niveau qui maintient une population stable sans migrations.
Joel Cohen, de l’Université Rockefeller, résume le paradoxe auprès de Popular Science : von Foerster « a eu la bonne image au moment précis où elle cessait d’être juste ».
Et chez nous ?
La France suit-elle la même pente ?
Au 1er janvier 2026, la France comptait 69,1 millions d’habitants, 0,25 % de plus en un an, selon le bilan démographique de l’Insee. En 2025, les décès y ont dépassé les naissances de 6 000, une première depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. La fécondité est tombée à 1,56 enfant par femme. Seul le solde migratoire, estimé à 176 000 personnes, entretient la hausse.
Les projections publiées le 8 juin 2026 prolongent la pente. À l’horizon 2070, l’Insee y décrit « une population plus âgée qu’en 2026, et probablement moins nombreuse ».
Que se passera-t-il le 13 novembre 2026 ?
Un colloque se tiendra à Vienne, la ville natale de von Foerster. Les 12 et 13 novembre 2026, le Complexity Science Hub y organise une conférence sur l’apocalypse de 1960, consacrée au sens et au non-sens des prédictions de fin du monde. Le programme annonce un débat sur « la valeur de tentatives comme celle de von Foerster et le non-sens qu’elles contiennent ».
De la formule au colloque
- Urbana l’Université de l’Illinois, où la formule voit le jour en 1960
- Vienne le Complexity Science Hub, qui accueille la conférence des 12 et 13 novembre 2026
Le vendredi 13 novembre 2026, les chercheurs réunis à Vienne parleront d’une humanité d’environ 8,3 milliards de personnes, qui grandit encore, chaque année un peu moins vite.
Questions courantes
Quand la population mondiale atteindra-t-elle son maximum ?
Selon l’ONU, vers le milieu des années 2080, à environ 10,3 milliards d’habitants, avant de redescendre vers 10,2 milliards en 2100.
Des pays perdent-ils déjà des habitants ?
Oui. En 2024, la population avait déjà atteint son pic dans 63 pays et territoires, dont la Chine, l’Allemagne, le Japon et la Russie.
Qui était Heinz von Foerster ?
Un scientifique austro-américain, figure fondatrice de la cybernétique, mort à Pescadero, en Californie, le 2 octobre 2002.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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