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Sommaire
- En bref
- Deux doses avant la chimio, et les souris n’ont pas développé de neuropathie
- L’essai chez des patients porte un numéro, pas encore de résultat
- Du tissu humain, oui ; des patients, pas encore
- En France, la psilocybine est classée comme stupéfiant
- Ce que la neuropathie fait au quotidien
- Questions courantes
Décryptage
Vous avez peut-être lu qu’un champignon hallucinogène protégeait les nerfs de la chimiothérapie. C’est ce qu’annonce le MD Anderson Cancer Center de Houston. Publiée le 3 septembre 2026 dans la revue Science, l’étude porte sur des souris, pas sur des patients, alors que 403 404 personnes ont été traitées par chimiothérapie en France en 2024.
Deux doses de psilocybine avant le traitement ont suffi, chez l’animal, à empêcher l’hypersensibilité au froid et à préserver les terminaisons nerveuses sensorielles, pour le cisplatine, le paclitaxel et le docétaxel. Le communiqué du centre comme l’article de Science décrivent un modèle animal, et l’essai chez des patients n’a pas commencé.
En bref
- 973 000 personnes environ passeront par une chimiothérapie en France entre la parution de l’étude, le 3 septembre 2026, et le résultat principal de l’essai humain, attendu le 31 janvier 2029.
- Deux doses de psilocybine avant la chimiothérapie ont protégé les souris sur six cycles de traitement, avec un effet maintenu jusqu’à huit mois.
- Le mécanisme passe par le récepteur 5-HT2A et le transport des mitochondries : bloquer ce récepteur annule la protection.
- L’essai humain NeuroGuard prévoit 83 participants dans un centre unique, à Houston, et démarre le 4 novembre 2026.
- Son résultat principal n’est pas attendu avant le 31 janvier 2029. En France, la psilocybine reste classée comme stupéfiant.
Deux doses avant la chimio, et les souris n’ont pas développé de neuropathie
Le protocole tient en peu de lignes. Les animaux reçoivent deux doses de psilocybine avant la chimiothérapie, puis les cycles s’enchaînent. La protection tient jusqu’à six cycles et se maintient jusqu’à huit mois chez la souris, rapporte Fierce Biotech.
Les critères mesurés sont ceux de la douleur neuropathique expérimentale : hypersensibilité au froid, sensibilité au toucher, densité des terminaisons nerveuses. Le mécanisme passe par le récepteur sérotoninergique 5-HT2A des neurones périphériques, qui préserve le transport des mitochondries.

Chez des souris porteuses de tumeurs, la protection nerveuse a été conservée sans changement mesurable de la croissance tumorale. Et « la psilocybine fait plus que réduire les signaux douloureux : elle protège les nerfs eux-mêmes, par l’apport d’énergie », résume Patrick Dougherty, co-auteur et spécialiste de la médecine de la douleur au MD Anderson.
Ce que les documents en accès libre ne donnent pas : le nombre d’animaux, leur souche et les doses en milligrammes par kilo. Le détail expérimental reste dans l’article de revue, payant.
L’essai chez des patients porte un numéro, pas encore de résultat
Il s’appelle NeuroGuard et il est enregistré sous le numéro NCT07227909. C’est un essai de phase 2 promu par le MD Anderson, qui prévoit 83 participants atteints d’un cancer du sein, colorectal ou de la sphère ORL.
Son critère principal n’est pas la douleur racontée mais un score : la proportion de participants dont la sous-échelle sensorielle du questionnaire EORTC QLQ-CIPN20 s’aggrave d’au moins 25 % entre l’inclusion et la douzième semaine. Au 6 septembre 2026, le recrutement n’avait pas commencé.
| Ce qui est comparé | Étude publiée dans Science | Essai NeuroGuard |
|---|---|---|
| Sujets | Souris et tissus humains en laboratoire | 83 participants prévus (sein, colorectal, ORL) |
| Stade | Préclinique | Phase 2, recrutement non commencé |
| Psilocybine | Deux doses avant la chimiothérapie, valeurs non publiées en accès libre | 25 mg en 4 prises supervisées sur 12 semaines ; bras à 1 mg en 21 prises ; bras standard |
| Chimiothérapies | Cisplatine, paclitaxel, docétaxel | Traitement standard du cancer concerné |
| Critère mesuré | Hypersensibilité au froid, toucher, terminaisons nerveuses, transport mitochondrial | Aggravation d’au moins 25 % du score sensoriel EORTC QLQ-CIPN20 à 12 semaines |
| Durée | Jusqu’à 6 cycles, protection jusqu’à 8 mois | Démarrage le 4 novembre 2026, résultat principal attendu le 31 janvier 2029 |
| Lieux | MD Anderson, Houston | MD Anderson, Houston, centre unique |
| Financement | NIH, National Cancer Institute, Défense américaine, fondations privées | Promoteur : MD Anderson |
Les deux colonnes se lisent ensemble : ce qui est démontré l’a été chez l’animal, ce qui sera mesuré chez l’humain ne le sera pas avant 2029. Entre les deux, aucun résultat clinique.
Du tissu humain, oui ; des patients, pas encore
L’équipe n’a pas travaillé que sur des souris. Elle a utilisé des neurones sensoriels de donneurs, des nerfs périphériques prélevés au bloc et des biopsies de peau de patients. Cela établit une plausibilité biologique chez l’humain, pas une efficacité.
« Bien que les expériences sur des tissus et des neurones humains apportent une plausibilité biologique, elles ne prouvent pas que la psilocybine prévienne la neuropathie chez les patients atteints de cancer », prévient le neurologue Juan Antonio García-Carmona, cité par le Science Media Centre espagnol.
Une seconde réserve tient aux molécules. Les chimiothérapies n’abîment pas les nerfs par les mêmes voies, rappelle Thomas Strouse, de l’université de Californie à Los Angeles, dans Live Science : une protection démontrée contre une chimiothérapie ne se transpose pas d’office aux autres. AAP l’écrivait déjà fin août à propos d’un frein cérébral de la douleur identifié chez la souris.
En France, la psilocybine est classée comme stupéfiant
Le cadre légal ne laisse pas de zone grise. Tous les champignons hallucinogènes sont classés comme stupéfiants, quel que soit leur genre, rappelle l’OFDT : l’acquisition, la détention, l’usage et la cession relèvent de la loi du 31 décembre 1970 et du code de la santé publique. La substance n’est accessible que dans un essai autorisé.

Il n’y a donc rien à tenter seul. Aucune dose administrée à des souris ne se transpose à un être humain, et un patient sous chimiothérapie qui se procurerait de la psilocybine commettrait un délit sans la moindre garantie d’effet. Les seules quantités connues chez l’humain sont celles d’un protocole hospitalier, administrées sous supervision médicale.
La France n’est pas absente du champ : le CHU de Nîmes coordonne ERPPAD, essai de phase III de 172 patients dans huit CHU. Il porte sur les rechutes liées à l’alcool, pas sur la neuropathie.

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Les trois nombres disent la distance entre une piste et un traitement : l’essai humain est petit, il est américain, et il ne prévoit aucun participant en France.
Série AAP : AAP mesurait le 31 août 2026 un essai de six personnes face aux 192 000 à 240 000 malades de polyarthrite rhumatoïde recensés en France, à propos des cellules CAR-T. Même écart ici : 83 participants prévus, pour la totalité des patients français sous chimiothérapie.
Ce que la neuropathie fait au quotidien
La neuropathie chimio-induite n’est pas un effet secondaire marginal. Environ 70 % des patients recevant une chimiothérapie en développent une dans le mois qui suit le traitement, rappelle une synthèse publiée dans médecine/sciences ; pour l’oxaliplatine, les formes aiguës en touchent 85 à 96 %.
Ce sont des mains et des pieds engourdis ou douloureux, une sensibilité qui s’effondre, une mobilité qui suit. À l’échelle française, environ 973 000 personnes passeront par une chimiothérapie en France entre la parution de l’étude et la date annoncée du résultat principal de l’essai : 403 404 personnes traitées en 2024 selon l’Institut national du cancer, rapportées à la durée annoncée de l’essai, du 3 septembre 2026 au 31 janvier 2029, à volume constant.
Le MD Anderson diffuse une vidéo destinée à ses patients sur la gestion de la neuropathie pendant un traitement contre le cancer.
Elle est antérieure à l’étude et ne mentionne pas la psilocybine : elle traite de symptômes déjà installés, quand le travail publié dans Science cherche à les empêcher d’apparaître. Tout l’écart entre accompagner et prévenir tient là.
AAP suit cette frontière du laboratoire à la clinique, du rein de porc greffé aux essais à très petits effectifs. Le premier participant de NeuroGuard doit être inclus le 4 novembre 2026.
Questions courantes
Peut-on participer à l’essai NeuroGuard depuis la France ?
Non. Le registre américain ne déclare qu’un seul lieu, le MD Anderson Cancer Center à Houston, et aucun centre européen n’est enregistré pour cet essai.
Les effets hallucinogènes sont-ils nécessaires à la protection des nerfs ?
La question n’est pas tranchée. Moran Amit, qui a dirigé les travaux, reconnaît que ces effets pourraient eux-mêmes jouer un rôle neuroprotecteur encore incompris, et qu’on ignore s’il faudrait les éviter chez l’humain.
Pourquoi l’essai comporte-t-il un bras à 1 milligramme ?
Cette dose dite subperceptive, prise vingt et une fois sur douze semaines, est censée ne pas produire d’effet psychédélique. Toutes les administrations prévues ont lieu à l’hôpital, sous supervision médicale.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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