
Sommaire
- Devinez avant de lire
- En bref
- Un réseau divisé par plus de quatre en cinquante ans
- Carburant par carburant, des réseaux très inégaux
- Grandes surfaces contre réseaux traditionnels : qui tient encore le maillage
- Le désert de la pompe, et pourquoi il se lit sur le ticket
- Méthode et limites
- Questions courantes
Devinez avant de lire
À son apogée, au milieu des années 1970, combien la France comptait-elle de stations-service, avant que le réseau ne fonde de plus des trois quarts ?
La réponse :
Panorama
9 524 stations distribuent du gazole en France, 1 469 seulement acceptent le plein de GPL. Le même pays, la même semaine, et pourtant deux réseaux qui n’ont presque rien à voir. Nous avons compté, point de vente par point de vente, dans le fichier officiel des prix des carburants, combien de stations servaient encore chaque carburant fin juillet 2026. Ce que ce décompte révèle n’est pas une histoire de prix, c’est une carte : celle d’un maillage qui s’effiloche, et qui ne s’effiloche pas au même rythme selon ce que vous mettez dans le réservoir.
En bref
- Selon notre décompte du fichier officiel des prix, au relevé du 27 juillet 2026 : 9 524 stations distribuent du gazole, 7 430 le SP98, 7 231 l’E10, 3 898 l’E85, 2 981 le SP95 et 1 469 le GPL. D’un carburant à l’autre, le réseau varie du simple à plus de six.
- Le parc lui-même se contracte : 10 806 stations à fin 2024 selon l’étude réseau d’UFIP Énergies et Mobilités, contre 10 909 un an plus tôt, un maillage divisé par plus de quatre depuis les années 1970.
- La grande distribution tient désormais la carte : 5 234 stations de grandes surfaces écoulent 62,7 % des volumes, quand 5 572 stations de réseaux traditionnels se partagent les 37,3 % restants.
- Prudence de méthode : deux relevés à cinq jours d’écart ne font pas une tendance. Le fichier respire chaque jour ; le signal robuste n’est pas la variation d’une semaine, c’est l’écart structurel entre carburants.
Un réseau divisé par plus de quatre en cinquante ans
Commençons par le décor. À la fin de 2024, la France comptait 10 806 stations-service en activité, selon l’étude réseau publiée par UFIP Énergies et Mobilités. Un an plus tôt, elles étaient 10 909 : cent trois de moins en douze mois, soit un recul de 0,9 %, dans le prolongement d’une érosion qui dure. Le chiffre le plus récent de la profession, pour fin 2025, tourne autour de 10 764 stations.
Ce lent effritement paraît modeste vu de près. Il change de sens quand on prend du recul. Au milieu des années 1970, la France comptait, à son apogée, environ 47 500 stations-service : le réseau a donc été divisé par plus de quatre en cinquante ans. Ce n’est pas la même France qui roule aujourd’hui, mais c’est bien le même territoire, avec quatre fois moins de pompes pour le couvrir.

Une pompe fermée ne se remplace plus. Chaque point de vente qui disparaît allonge la distance jusqu’au suivant, et cette distance ne pèse pas de la même façon selon le carburant que vous cherchez. Car derrière le total national se cache une réalité plus fine : toutes les stations ne servent pas tous les carburants.
Carburant par carburant, des réseaux très inégaux
Un parc global ne dit pas où l’on peut réellement faire le plein de ce que l’on roule. C’est là que notre décompte prend le relais, en lisant le fichier carburant par carburant plutôt qu’en additionnant des adresses.
Au relevé du 27 juillet 2026, 9 524 points de vente affichaient un prix du gazole. Le SP98 en réunissait 7 430, l’E10 7 231, l’E85 3 898, le SP95 2 981, et le GPL 1 469. Nous avons rapporté les deux extrêmes : pour une station qui sert du gazole, il n’y en a qu’une sur plus de six qui distribue du GPL. Le carburant le plus économique à la pompe est aussi le plus rare à trouver.

Reprendre ce graphique
Réutilisez ce graphique librement sur votre site, en citant Actu Alt Plus. Copiez le code ci-dessous :
Ce classement dessine des cartes très différentes selon le réservoir. Le gazole est partout, ou presque. Le SP98 et l’E10 couvrent encore largement le pays. Mais le SP95, l’E85 et surtout le GPL tracent un semis clairsemé : rouler au GPL, c’est composer avec un réseau six fois moins dense que celui du gazole, avec des trous entiers dans certaines régions.
Reste la question du mouvement. Entre le 22 et le 27 juillet, notre relevé enregistre 34 points de vente gazole en moins, 62 pour le SP95, 314 pour l’E10, quand l’E85 en gagne 2. Ces écarts sont à lire avec prudence : deux photographies à cinq jours d’intervalle d’un fichier qui bouge chaque jour ne démontrent aucune tendance. Le tableau ci-dessous les donne pour la transparence, pas pour proclamer une fermeture de masse.
Points de vente par carburant, relevés Actu Alt Plus des 22 et 27 juillet 2026
| Carburant | 22 juillet | 27 juillet | Écart sur cinq jours |
|---|---|---|---|
| Gazole | 9 558 | 9 524 | -34 |
| SP98 | 7 893 | 7 430 | -463 |
| E10 | 7 545 | 7 231 | -314 |
| E85 | 3 896 | 3 898 | +2 |
| SP95 | 3 043 | 2 981 | -62 |
| GPL | 1 470 | 1 469 | -1 |
Tableau Actu Alt Plus, d’après notre décompte du fichier officiel des prix des carburants, juillet 2026. Les variations d’une semaine reflètent surtout la respiration du fichier ; le fait marquant reste l’écart entre un carburant à plus de 9 000 pompes et un autre à moins de 1 500.
Grandes surfaces contre réseaux traditionnels : qui tient encore le maillage
Derrière la carte des carburants se joue une bascule d’acteurs. À fin 2024, l’étude réseau d’UFIP Énergies et Mobilités recense 5 234 stations en grande distribution et 5 572 dans les réseaux traditionnels, ceux des compagnies pétrolières. Le parc est presque partagé en deux, mais pas les volumes : les grandes surfaces écoulent 62,7 % des carburants vendus, contre 37,3 % pour les enseignes historiques, un écart qui s’est encore creusé en 2025.
Sur l’autoroute, le réseau se concentre entre quelques mains : l’étude compte 122 stations sous la première marque, 87 sous la deuxième, puis quelques dizaines pour les suivantes. C’est ce mouvement de fond qui redessine le maillage. Les compagnies pétrolières se retirent des bords de route et des bourgs, la grande distribution capte le volume là où passe le trafic, et entre les deux, des bassins de vie entiers se retrouvent sans pompe de proximité.
Le désert de la pompe, et pourquoi il se lit sur le ticket
Moins de pompes sur un bassin de vie, c’est moins de concurrence locale, et cela finit par se lire sur le ticket. Nous avons raconté ailleurs la remontée du gazole et la rentabilité de l’E85 ; ici, l’angle se place en amont. Ce n’est pas seulement le cours du pétrole qui fait le prix affiché, c’est aussi le nombre de pompes à portée : là où il reste deux stations concurrentes, le litre se discute ; là où il n’en reste qu’une, il s’impose. Pour ceux que la carte laisse à l’écart, il existe des outils pour repérer une pompe moins chère, mais ils ne créent pas la station manquante.
Si vous roulez au GPL ou à l’éthanol, vous connaissez déjà ce calcul : le carburant le moins cher au litre n’a de sens que s’il existe une pompe sur votre trajet. Quand la dernière station d’un canton ferme, ce n’est pas qu’un commerce qui s’en va, c’est un détour de plusieurs kilomètres qui s’installe pour chaque plein, et un argument de plus pour renoncer aux carburants alternatifs que le pays dit vouloir encourager.

Le maillage n’est donc pas un décor : c’est lui qui décide, en silence, du prix que vous payez et du carburant que vous pouvez seulement envisager. La carte se lit avant le ticket.
Méthode et limites
Ce panorama croise deux sources ouvertes. Notre décompte par carburant provient du fichier officiel des prix des carburants, celui-là même qui alimente le suivi officiel des prix assuré par les services de l’État : nous y comptons, à chaque relevé, le nombre de points de vente ayant remonté un prix pour chaque carburant. Le total national et la ventilation par canal viennent de l’étude réseau d’UFIP Énergies et Mobilités, la référence professionnelle du secteur.
Trois limites encadrent cette lecture. D’abord, le fichier des prix ne recense que les stations qui déclarent un prix : il approche le réseau ouvert au public, il ne le mesure pas de façon exhaustive, et nos comptes par carburant ne se confondent pas avec le parc total de l’étude réseau. Ensuite, deux relevés à cinq jours d’écart ne font pas une tendance : le fichier respire au fil des remontées, et une variation hebdomadaire ne prouve pas une fermeture. Enfin, nous ne reconstituons pas d’historique par carburant sur cette base ; les seules comparaisons pluriannuelles citées ici, sur le total et les canaux, sont celles que publie UFIP Énergies et Mobilités.
Un compteur pris un matin a la valeur de sa date. La carte, elle, bouge lentement, mais toujours dans le même sens : moins de pompes, plus inégalement réparties. Surveiller le prix au litre sans regarder le nombre de stations, c’est lire la dernière ligne d’un compte dont on ignore le total.
Questions courantes
Combien reste-t-il de stations-service en France en 2026 ?
Environ 10 806 à fin 2024, contre 10 909 un an plus tôt, et autour de 10 764 à fin 2025, selon l’étude réseau d’UFIP Énergies et Mobilités. Le réseau a été divisé par plus de quatre depuis son apogée des années 1970, proche de 47 500 stations.
Quel carburant est le plus difficile à trouver à la pompe ?
Le GPL : au relevé Actu Alt Plus du 27 juillet 2026, 1 469 points de vente seulement le distribuaient, contre 9 524 pour le gazole. Pour une station gazole, il n’y en a qu’une sur plus de six qui sert du GPL.
La grande distribution ou les pétroliers, qui domine le réseau ?
Le parc est presque partagé en deux (5 234 stations en grande distribution, 5 572 en réseaux traditionnels à fin 2024), mais les grandes surfaces écoulent 62,7 % des volumes, contre 37,3 % pour les enseignes historiques.
Le nombre de stations baisse-t-il vraiment chaque semaine ?
Non démontré. Nos deux relevés à cinq jours d’écart montrent des variations, mais le fichier des prix bouge chaque jour et ne prouve pas de fermeture à court terme. La baisse est en revanche établie sur l’année par l’étude réseau d’UFIP.
Pourquoi un maillage clairsemé fait-il monter les prix ?
Parce que moins de pompes proches signifie moins de concurrence locale : là où il ne reste qu’une station, le prix s’impose sans être discuté. Le nombre de points de vente pèse donc sur le prix, autant que le cours du pétrole.
Comment savoir quelle station distribue mon carburant ?
Le fichier officiel des prix des carburants, accessible en données ouvertes, recense pour chaque station les carburants disponibles et leur prix. C’est la source que nous avons compilée pour ce panorama.
Votre réaction :
Article créé en collaboration avec l’IA.
Les plus lus
- 1
Grève easyJet : un préavis sans aucune date, et une loi qui ne prévient les passagers que 24 heures avant - 2
L’Odyssée de Nolan en IMAX 70 mm : la seule salle de France est à Montpellier - 3
Musées gratuits le premier dimanche du mois : la règle et les pièges - 4
Conseillers numériques : le budget passe de 40 à 14 millions d’euros, et les démarches bloquent toujours - 5
600e de Taratata : ce que France 2 a rediffusé jeudi soir avait été tourné dix mois plus tôt
Nos dossiers
- France486
- Santé208
- Science207
- Prévention194
- Culture184
- Consommation178
- Biodiversité171
- IA149
Recevez notre sélection dans votre boîte mail
Le meilleur d’Actu Alt Plus : décryptages, chiffres et panoramas. Désinscription en 1 clic, zéro spam.

