
Vérification
Votre boîte de mélatonine dort peut-être dans un tiroir, achetée pour retrouver le sommeil. Une large revue publiée le 30 juin 2026 dans la revue PAIN lui trouve un second usage possible : réduire la douleur des lombalgies, de l’arthrose ou de la fibromyalgie d’environ neuf points sur cent, un effet que ses auteurs jugent proche de celui de l’ibuprofène. De quoi ranger l’antalgique ? Pas si vite.
En bref
- Sur 23 essais randomisés et 2 028 patients, la mélatonine réduit la douleur musculosquelettique chronique d’environ 9 points sur 100, un effet « comparable » à un anti-inflammatoire comme l’ibuprofène, selon la revue publiée dans PAIN.
- Dose la plus fréquente : 3 mg par jour au coucher ; effets indésirables (nausées, vertiges, maux de tête) légers et au niveau du placebo.
- Bénéfice aussi sur la qualité du sommeil, ce qui pourrait expliquer une partie du soulagement.
- En France, l’ANSES écarte plusieurs publics et recommande un usage ponctuel, sous avis médical.
L’affirmation« La mélatonine, votre complément sommeil, soulage aussi les douleurs chroniques »
Notre verdictÀ nuancer
Ce que disent les faits
Partons du concret. Une équipe des universités de Sydney et d’Edith Cowan a rassemblé 23 essais randomisés portant sur 2 028 patients : lombalgies, arthrose, fibromyalgie, mais aussi suites d’opérations comme les prothèses articulaires. Le résultat : la mélatonine abaisse l’intensité de la douleur de près de neuf points sur une échelle de cent, un ordre de grandeur que les auteurs disent proche d’un anti-inflammatoire courant comme l’ibuprofène.
Deuxième enseignement, tout aussi utile : le produit améliore aussi la qualité du sommeil. Or nous savons qu’une mauvaise nuit rend la douleur plus vive. En agissant sur les deux, la mélatonine pourrait soulager en partie par ricochet. Côté sécurité, la revue est plutôt rassurante : les effets indésirables rapportés, nausées, vertiges et maux de tête, sont restés légers et passagers, à des niveaux comparables au placebo. Les doses les plus fréquentes tournaient autour de 3 mg au coucher pour la douleur chronique.

À retenir pour l’instant : le signal existe, il est mesuré, et il porte sur un produit peu coûteux déjà présent dans des millions de foyers. C’est précisément ce qui rend la piste intéressante, et fragile.
Ce qui reste incertain
Là, il faut lever le pied. D’abord, les auteurs eux-mêmes le martèlent : la mélatonine n’a pas vocation à remplacer un traitement. Ils la voient comme un appoint, après avis d’un médecin, surtout chez les personnes qui dorment mal. Ensuite, aucune dose idéale ne se dégage : les essais n’ont pas montré de relation nette entre la quantité avalée et le soulagement, ce qui interdit de recommander un dosage précis.
Reste le cadre français, qui change la lecture. En France, l’ANSES écarte plusieurs publics de la mélatonine en complément : femmes enceintes et allaitantes, enfants et adolescents, personnes souffrant de maladies inflammatoires ou auto-immunes, d’épilepsie, d’asthme ou de troubles de l’humeur, et celles qui doivent rester très vigilantes. L’agence recommande un usage ponctuel après avoir recensé 90 signalements d’effets indésirables. À noter aussi : un seul médicament à base de mélatonine, le Circadin, existe sur ordonnance et n’est pas remboursé ; les compléments en vente libre restent, eux, sous le seuil de 2 mg par jour, loin des 3 à 10 mg utilisés dans plusieurs essais. Nous avions déjà exploré la molécule sous l’angle du travail de nuit.

En clair : le signal est encourageant, la piste mérite d’être discutée avec votre médecin, mais votre plaquette de complément n’est ni un antidouleur homologué ni un substitut à votre traitement.
Questions courantes
La mélatonine peut-elle remplacer mon antidouleur ?
Non. Les auteurs la présentent comme un appoint possible, après avis médical, jamais comme un remplacement de vos traitements.
Quelle dose a été étudiée ?
Le plus souvent 3 mg par jour au coucher pour la douleur chronique, mais aucune dose idéale ne ressort clairement des essais.
Est-ce sans danger ?
Les effets indésirables observés dans la revue, nausées, vertiges, maux de tête, sont restés légers. Mais l’ANSES la déconseille à plusieurs publics et recommande un avis médical.
Pourquoi agirait-elle sur la douleur ?
En partie parce qu’elle améliore le sommeil, et qu’un meilleur sommeil rend la douleur moins vive.
Votre réaction :
Article créé en collaboration avec l’IA.
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