
Publié le 31 mai 2026 · Mis à jour le 6 juin 2026 à 5h30
Travailler la nuit abîme le corps, on le sait. Une petite étude suggère qu’une hormone du sommeil, la mélatonine, pourrait aider à réparer une partie des dégâts subis par notre ADN. Un résultat encourageant, mais qu’il faut manier avec des pincettes.
L’essai, randomisé contre placebo, a suivi 40 travailleurs de nuit pendant quatre semaines. Une partie prenait 3 mg de mélatonine avant le sommeil de jour, l’autre un placebo. Mené par des chercheurs canadiens (BC Cancer Research Institute et université de Colombie-Britannique), il a été publié dans Occupational & Environmental Medicine, du groupe BMJ.

Le marqueur observé, le 8-OHdG dans les urines, est un témoin de la réparation de l’ADN oxydé : plus on en élimine, mieux le corps répare. Chez les preneurs de mélatonine, ce marqueur a grimpé d’environ 80 %, soit une hausse de l’ordre de 1,8 fois. Important : ce résultat est resté à la limite de la significativité statistique (p = 0,06), sur un échantillon réduit. Il s’agit donc d’une piste, pas d’une preuve, comme le précise l’étude.
La prudence s’impose d’autant plus que la mélatonine n’est pas anodine. En France, l’Anses déconseille les compléments à base de mélatonine à certaines populations et recommande un avis médical. Personne ne devrait donc s’auto-prescrire des comprimés au vu de ces seuls résultats : le sujet rejoint la longue liste des effets, encore mal compris, du sommeil malmené, comme l’illustrent d’autres travaux sur le manque de sommeil.

Reste l’essentiel, qui n’est pas le comprimé mais le problème qu’il pointe : des millions de personnes travaillent la nuit, et leur santé en paie le prix. Aides-soignants, agents de sécurité, ouvriers postés, tous méritent que la science cherche comment réduire ces dommages. Cette étude, malgré ses limites, a le mérite de remettre le sujet sur la table, aux côtés d’autres enjeux de santé trop souvent négligés.
En bref
Qu’a observé l’étude ?
Chez 40 travailleurs de nuit, 3 mg de mélatonine avant le sommeil de jour ont augmenté d’environ 80 % un marqueur urinaire de réparation de l’ADN.
Le résultat est-il solide ?
À nuancer : la hausse est restée à la limite de la significativité statistique (p = 0,06), sur un petit échantillon. C’est une piste, pas une preuve.
Faut-il prendre de la mélatonine ?
Non sans avis médical : l’Anses la déconseille à certaines populations. Aucune auto-prescription au vu de ces seuls résultats.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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