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Vous connaissez votre poids et votre IMC. Deux mesures dont on parle peu prédisent mieux : l’épaisseur de votre ventre prise à plat, et la force de votre poigne rapportée à votre corpulence. Chez 5 674 adultes américains suivis 6,75 ans en médiane, le cumul d’un ventre épais et d’une poigne faible s’accompagne d’un risque de décès supérieur de 97 %, selon une étude parue le 14 août 2026 dans les Archives of Gerontology and Geriatrics. Pendant le suivi, 373 décès ont été enregistrés.
Le résultat qui dérange tient dans la catégorie d’à côté : le ventre épais, à lui seul, n’a été associé à aucune surmortalité significative. La poigne faible seule, si : 60 % de risque de décès en plus. L’étude parue en août répartit ses 5 674 participants en quatre profils (ni l’un ni l’autre, obésité abdominale, dynapénie, obésité dynapénique), et c’est la faiblesse musculaire qui fait basculer le risque, pas le tour de ventre.
Le diamètre sagittal ne se prend pas au mètre ruban
La première mesure s’appelle le diamètre sagittal abdominal. Ce n’est pas un tour de taille : c’est l’épaisseur du ventre, de l’avant du corps au creux du dos, prise sur quelqu’un d’allongé. Le protocole est précis : sur le dos, genoux pliés à 90 degrés, pieds à plat, bras croisés sur la poitrine, la lecture se fait à hauteur de la crête iliaque droite, avec un compas abdominal à bras mobile de type Holtain-Kahn, après une expiration normale. Autrement dit : pas un geste de salle de bains.
Pourquoi cette épaisseur plutôt que le tour de taille ? Parce qu’elle suit la graisse viscérale, celle qui entoure les organes. Le manuel de méthode signale aussi la contrepartie : les deux mesures sont fortement corrélées entre elles, et le tour de taille reste plus simple et moins coûteux à prendre. Le diamètre sagittal, lui, colle mieux à la sensibilité à l’insuline et au risque cardiovasculaire que l’IMC ou le mètre ruban. Dans l’enquête américaine qui a fourni la cohorte, il est relevé à partir de 8 ans, femmes enceintes exclues, pour affiner l’évaluation du risque lié au poids.

La poigne, elle, se teste vraiment
La seconde mesure est à portée de main, au sens propre. Le protocole de l’enquête tient en trois gestes : debout, un dynamomètre à main, chaque main testée trois fois en alternant, soixante secondes de repos entre deux essais de la même main. La force combinée, c’est la somme du meilleur essai de chaque main, en kilogrammes.
Reste le mot « relative ». L’étude ne retient pas le nombre brut affiché par l’appareil : elle le rapporte à la corpulence, IMC compris, qui devient un dénominateur au lieu d’un verdict. Serrer 40 kilos ne veut pas dire la même chose à 55 kilos et à 95. AAP mesurait le 13 juin 2026 que 90 à 120 minutes de renforcement musculaire par semaine s’accompagnaient d’un risque de décès précoce inférieur de 13 %, avec un plateau au-delà : c’est le même muscle qui parle.
Ce que l’inflammation et la glycémie ajoutent
L’équipe a cherché par où passe ce surcroît de risque. Deux marqueurs sanguins en expliquent statistiquement une part : l’indice d’inflammation systémique, pour 5,8 %, et l’hémoglobine glyquée, reflet du sucre dans le sang, pour 13,7 %. Quand l’un des deux est élevé chez une personne au profil « obésité dynapénique », le risque monte encore : 2,53 avec une hémoglobine glyquée haute, 3,11 avec une inflammation haute.

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Lu de gauche à droite, le graphique raconte une addition : la faiblesse d’abord, le ventre ensuite, le sang en dernier.
| Profil | Risque de décès (référence = 1) | Intervalle de confiance à 95 % |
|---|---|---|
| Ni ventre épais ni poigne faible | 1,00 | référence |
| Ventre épais seul (obésité abdominale) | pas d’association significative | non publié au résumé |
| Poigne faible seule (dynapénie) | 1,60 | 1,11 à 2,30 |
| Ventre épais et poigne faible (obésité dynapénique) | 1,97 | 1,41 à 2,75 |
| Le cumul, avec hémoglobine glyquée élevée | 2,53 | non publié au résumé |
| Le cumul, avec inflammation élevée | 3,11 | non publié au résumé |
Données : Archives of Gerontology and Geriatrics, numéro de novembre 2026.
Ces deux barreaux se lisent aussi l’un contre l’autre. 1,97 rapporté à 1,60 revient à dire qu’une fois la poigne déjà faible, le ventre épais ajoute encore un quart de risque en plus. L’étude publie les deux niveaux séparément, jamais leur rapport. La cohorte est observationnelle : elle relie, elle ne démontre pas de cause.
« L’IMC peut rester utile, mais il devrait être interprété avec le tour de taille, les variations de poids, la force, la fonction physique et l’état de santé général », explique au site ScienceAlert le kinésiologue Bryan Blissmer, de l’université du Rhode Island. Le geste tient en une phrase à glisser au prochain rendez-vous chez le médecin, le kinésithérapeute ou le pharmacien : demandez le dynamomètre, trois essais par main, notez les kilos. C’est celle des deux mesures que vous pourrez refaire dans six mois pour voir si elle monte.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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