Une main gantée prépare une seringue de vaccin contre la grippe sur un comptoir clair

Grippe et pneumonies : la seule grande cause de décès qui monte en France en 2024 (+4,2 pour 100 000)

En 2024, la mortalité recule presque partout : cancer, cœur, Covid. Une exception remonte le courant, et c'est celle que beaucoup d'adultes prennent encore à la légère.

Sommaire
  1. En bref
  2. Une exception qui remonte le courant
  3. Pourquoi la grippe a repris du terrain
  4. Le levier qu'on laisse de côté
  5. Questions courantes

Vous avez sans doute déjà entendu, ou pensé, que la grippe n’est qu’un mauvais moment à passer. Les derniers chiffres officiels racontent autre chose. Dans le rapport DREES, CépiDc-Inserm et Santé publique France publié le 23 juin, une donnée détonne : parmi toutes les grandes causes de décès, une seule augmente en 2024, et c’est la mortalité due aux grippes et pneumonies, en hausse de 4,2 décès pour 100 000 habitants sur un an, selon le détail de l’Études et Résultats n° 1375. Tout le reste, ou presque, recule. C’est ce contraste qui mérite qu’on s’y arrête, parce qu’il dessine un angle mort très concret de notre prévention.

En bref

  • Sur l’année 2024, en isolant chaque cause, grippe et pneumonies sont la seule à progresser : +4,2 décès pour 100 000, dans une mortalité respiratoire en hausse de +5,3.
  • Toutes les autres grandes causes baissent : Covid -6,9, cardio-neurovasculaire -3,7, tumeurs -2,2, toutes causes confondues -10,7 pour 100 000.
  • La cause de ce sursaut : deux épidémies de grippe rapprochées, avec des pics début janvier 2024 puis début janvier 2025.
  • Le levier connu reste sous-employé : la couverture vaccinale plafonne à 53,7 % chez les 65 ans et plus, loin de la cible de 75 %.

Une exception qui remonte le courant

La photo d’ensemble est plutôt bonne. En 2024, 641 046 personnes sont décédées en France, mais le taux de mortalité standardisé, qui neutralise le vieillissement de la population, recule de 10,7 points pour s’établir à 777,9 décès pour 100 000 habitants. Autrement dit, à âge égal, on meurt un peu moins qu’avant.

Derrière cette moyenne favorable, les causes ne vont pas toutes dans le même sens. La mortalité due au Covid-19 chute fortement, les cancers et les maladies du cœur reculent aussi. Les maladies de l’appareil respiratoire, elles, augmentent de 5,3 décès pour 100 000, et c’est la grippe avec les pneumonies qui porte l’essentiel de cette hausse.

Une personne âgée vue de dos près d'une fenêtre en lumière d'hiver
Les plus de 65 ans concentrent les formes graves de grippe et de pneumonie.

Ce que les bilans de mortalité ne mettent pas souvent côte à côte, nous l’avons fait : aligner sur un même axe ce qui baisse et ce qui monte. Le graphique ci-dessous reprend les évolutions signées entre 2023 et 2024, telles que la DREES les publie.

Évolution de la mortalité par cause entre 2023 et 2024 en France, pour 100 000 habitants : respiratoire +5,3, tumeurs -2,2, cardio-neurovasculaire -3,7, Covid-19 -6,9
Graphique Actu Alt Plus. Source : DREES, CépiDc-Inserm, Santé publique France, Études et Résultats n° 1375.
Reprendre ce graphique

Réutilisez ce graphique librement sur votre site, en citant Actu Alt Plus. Copiez le code ci-dessous :

L’image est nette. Une seule barre part vers le haut, et c’est le respiratoire. Quand un indicateur grimpe pendant que tous les autres descendent, ce n’est pas un détail statistique, c’est un signal qu’il faut lire.

Pourquoi la grippe a repris du terrain

La hausse s’explique d’abord par un calendrier inhabituel. L’année 2024 a été encadrée par deux épisodes grippaux, le premier lors de l’hiver 2023-2024 avec un pic début janvier, le second lors de l’hiver 2024-2025, plus intense, avec un pic début janvier 2025 mais des décès dès la fin 2024.

Cet hiver 2024-2025 a d’ailleurs été sévère dans toutes les classes d’âge. Selon le bilan de Santé publique France, la saison a cumulé près de 3 millions de consultations pour syndrome grippal et 29 000 hospitalisations après passage aux urgences, avec une circulation rare de trois virus grippaux en même temps.

La tendance ne s’arrête pas à 2024. Selon l’estimation provisoire pour 2025, le taux de mortalité des grippes et pneumonies passerait de 24 à 30 décès pour 100 000 habitants, signe que la dynamique respiratoire reste à surveiller alors même que le reste recule.

Le levier qu’on laisse de côté

Voici où le sujet devient une affaire de gestes plutôt que de fatalité. La vaccination antigrippale existe et cible précisément les personnes les plus exposées aux formes graves, mais elle reste largement sous-utilisée. La couverture est estimée à 53,7 % chez les 65 ans et plus et à seulement 25,3 % chez les moins de 65 ans à risque, des niveaux nettement inférieurs à la cible de 75 % retenue de longue date en santé publique.

L’écart parle de lui-même. Près d’un senior sur deux n’est pas vacciné, au moment où la grippe redevient la seule grande cause de décès en progression. On retrouve le même enjeu, vu côté innovation, dans notre article sur les vaccins grippe nouvelle génération, qui visent justement à réduire les hospitalisations évitables.

Un flacon de vaccin et un thermomètre posés sur une surface claire et neutre
Vaccination et vigilance face à la fièvre : deux gestes simples contre les formes graves.

La bonne nouvelle, c’est qu’aucun de ces chiffres n’est une condamnation. Une grande cause qui monte quand tout baisse, c’est aussi une cause sur laquelle on peut encore agir, avec la vaccination des publics fragiles, les gestes barrières en pleine épidémie et une consultation rapide quand la fièvre s’installe chez une personne âgée. C’est peut-être le moment de reconsidérer ce rendez-vous d’automne qu’on repousse trop souvent.

Questions courantes

Quelle cause de décès augmente en France en 2024 ?
La mortalité due aux maladies respiratoires hors Covid, en hausse de 5,3 décès pour 100 000 habitants, portée à hauteur de 4,2 par les grippes et pneumonies. C’est la seule grande cause en progression.

Les autres grandes causes de décès baissent-elles ?
Oui. Le Covid-19 recule de 6,9 décès pour 100 000, les maladies cardio-neurovasculaires de 3,7, les tumeurs de 2,2, et la mortalité toutes causes de 10,7 sur un an.

Pourquoi la grippe a-t-elle fait plus de morts en 2024 ?
À cause de deux épidémies rapprochées, avec des pics début janvier 2024 puis début janvier 2025, dont une saison hivernale d’intensité élevée marquée par la circulation simultanée de trois virus grippaux.

La vaccination antigrippale protège-t-elle vraiment ?
Elle vise à réduire les formes graves et les hospitalisations chez les publics fragiles. Sa couverture reste basse, 53,7 % chez les 65 ans et plus, alors que la cible de santé publique est de 75 %.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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