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Panorama
Publié le 2 juillet 2026 · Mis à jour le 6 juillet 2026 à 16h01
Vous avez peut-être lu que le cancer reste, en 2024, la première cause de décès en France. C’est vrai, mais c’est la partie la moins utile du bilan. En recomposant les données de la Drees et de l’Inserm, un chiffre saute aux yeux : près d’un tiers des décès (32 %) portent au moins une autre maladie associée à la cause principale, avec en moyenne 2,2 comorbidités par certificat. Autrement dit, ce n’est pas une seule maladie qui emporte, mais souvent un terrain. Et c’est précisément sur ce terrain que la prévention se joue.
En bref
- En 2024, 32 % des décès sont associés à au moins une comorbidité (2,2 en moyenne), le plus souvent l’hypertension, les troubles du rythme cardiaque, le diabète et les tumeurs.
- 641 046 personnes sont décédées en France, soit 4 000 de plus qu’en 2023.
- Pourtant le taux de mortalité standardisé sur l’âge recule de 11 points (777,9 pour 100 000) : à âge égal, on meurt moins.
- Les tumeurs restent la première cause (27,1 %), devant les maladies cardio-neurovasculaires (21,2 %).
Plus de morts, mais moins vite à âge égal
Commençons par le chiffre qui inquiète, et par celui qui rassure. En 2024, la France a enregistré 641 046 décès, environ 4 000 de plus qu’en 2023, selon le Bulletin épidémiologique hebdomadaire de Santé publique France. Le nombre brut monte, c’est indéniable.
Mais ce nombre ne dit pas grand-chose de notre santé collective, parce qu’il grimpe surtout avec le vieillissement de la population. Le repère qui compte, c’est le taux standardisé sur l’âge : il neutralise cet effet démographique. Or ce taux baisse, à 777,9 décès pour 100 000 habitants, soit 11 de moins qu’en 2023, sous le niveau de 2019. À population comparable, on meurt donc un peu moins qu’avant, y compris qu’avant la pandémie.

Ce grand écart entre la peur (le nombre qui monte) et le progrès réel (le taux qui baisse) est le premier piège à déjouer. Une génération nombreuse arrive à un âge avancé, elle gonfle mécaniquement les totaux, sans que le risque individuel augmente. Retenir le seul nombre brut, c’est confondre démographie et médecine.
Le classement, et ce qu’il cache
Sur le podium, peu de surprises. Les tumeurs, essentiellement les cancers, comptent pour 27,1 % des décès et restent la première cause chez les femmes comme chez les hommes. Viennent ensuite les maladies cardio-neurovasculaires, comme l’infarctus, l’accident vasculaire cérébral ou l’insuffisance cardiaque, avec 21,2 % des décès.
Le point moins connu tient à un troisième bloc, presque aussi gros : les causes imprécises ou inconnues. Une cause est inconnue pour 4,8 % des décès, et insuffisamment précise pour 16,5 %, soit plus d’un cinquième des cas au total. Derrière ce flou se cachent souvent des arrêts cardiaques ou respiratoires, des septicémies mal caractérisées, des décès survenus à domicile. Ce n’est pas anecdotique : cela rappelle que le certificat de décès ne raconte pas toujours toute l’histoire médicale.

Reprendre ce graphique
Réutilisez ce graphique librement sur votre site, en citant Actu Alt Plus. Copiez le code ci-dessous :
Ce graphique met les trois blocs côte à côte. On y voit que le cancer domine, mais que le total des causes floues pèse presque autant que le cardio-neurovasculaire. C’est une invitation à la prudence face aux classements trop nets.
La vraie leçon : soigner les maladies d’accompagnement
Voilà où le bilan devient actionnable. Pour près d’un tiers des décès, les médecins ont noté, en plus de la cause initiale, une ou plusieurs maladies associées, ces comorbidités qui aggravent ou précipitent le reste. En tête arrivent l’hypertension artérielle, les troubles du rythme et de la conduction cardiaque, le diabète et les tumeurs.
Concrètement, un cancer chez une personne diabétique et hypertendue se traite moins bien, tolère moins les traitements, se complique davantage. La cause inscrite sera le cancer, mais le terrain aura pesé. C’est pourquoi les épidémiologistes insistent : compter ces causes associées mesure mieux le poids réel des maladies chroniques, largement sous-estimé quand on ne regarde que la cause principale.

Pour vous, la conséquence est simple et plutôt encourageante. Les leviers grand public restent les mêmes, éprouvés, sans mystère : contrôler sa tension, dépister et suivre un diabète, faire les dépistages des cancers recommandés selon l’âge. Ces gestes ne relèvent pas d’un seul organe, ils allègent le terrain sur lequel presque tout le reste s’installe. Le classement des causes change peu d’une année à l’autre. Ce qui change, c’est ce qu’on décide d’en faire.
Questions courantes
Quelle est la première cause de décès en France en 2024 ?
Les tumeurs, essentiellement les cancers, avec 27,1 % des décès, devant les maladies cardio-neurovasculaires (21,2 %). C’est vrai chez les femmes comme chez les hommes.
Comment le nombre de décès peut-il monter alors que la mortalité baisse ?
Le nombre brut (641 046 décès) augmente avec le vieillissement de la population. Le taux standardisé sur l’âge, lui, recule de 11 points : à âge égal, le risque de décès diminue.
Que veut dire une cause associée au décès ?
C’est une maladie présente en plus de la cause principale, qui l’aggrave ou la précipite (comorbidité). En 2024, 32 % des décès en comptent au moins une, avec 2,2 en moyenne par certificat.
Quelles maladies associées sont les plus fréquentes ?
L’hypertension artérielle, les troubles du rythme et de la conduction cardiaque, le diabète et les tumeurs. Contrôler la tension, le diabète et suivre les dépistages sont les leviers de prévention les plus utiles.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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