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Mise en perspective
1,10 euro le litre : à ce prix, les marins de Méditerranée disent ne plus rentrer dans leurs frais. Depuis le lundi 14 septembre 2026, les pêcheurs d’Occitanie et de Provence bloquent les accès des ports de Sète et de Port-la-Nouvelle, ont retenu un ferry de Corsica Ferries à quai et ont verrouillé mercredi le dépôt pétrolier de Frontignan. Une délégation doit être reçue ce jeudi 17 septembre par la ministre de la Pêche, Catherine Chabaud.
Le fait
Le mouvement est parti de Port-Vendres le 14 septembre, avant de gagner Sète et le dépôt de Fos-sur-Mer le lendemain. Mercredi, une centaine de pêcheurs tenaient le dépôt pétrolier de Frontignan depuis 3 heures du matin, rapporte France 3 Occitanie. « On ne lâche pas la pression. Et selon ce qui sera dit demain, on jugera de la suite du mouvement », y déclare Ange Natoli, représentant des pêcheurs.
À Port-la-Nouvelle, dans l’Aude, une cinquantaine de marins venus de trois départements bloquaient encore les accès du port dans la nuit du 15 au 16 septembre, selon franceinfo. Les organisations de pêcheurs dénoncent une dégradation continue de leurs conditions d’activité : la hausse des coûts d’exploitation et du carburant, et la multiplication des contraintes administratives. Le chiffre qui circule sur les quais, un gazole à 1,10 euro le litre, n’est pas un tarif officiel : c’est le seuil au-delà duquel les patrons disent travailler à perte.
Matignon a répondu le 16 septembre. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a demandé la prolongation jusqu’au 31 décembre des aides au carburant versées aux professionnels, et celle des pêcheurs passe de 25 à 35 centimes par litre, a fait savoir son entourage. Elle « retrouvera ainsi son niveau maximal autorisé par la Commission européenne », pour permettre aux navires de continuer à sortir.
Notre regard
Un automobiliste qui lit 1,10 euro le litre ne comprend pas la colère. Le gazole de pêche échappe à la taxation des carburants routiers, et l’écart avec la pompe est massif : AAP relevait un gazole routier à 2,347 euro le litre le 15 septembre 2026 dans son observatoire des carburants, sur environ 10 000 stations métropolitaines. Un chalutier paie donc son plein moins de la moitié du prix d’un automobiliste. Et ça ne suffit pas.
La raison tient à la place du gazole dans le métier. Un chalutier ne brûle pas son carburant pour se déplacer, il le brûle pour traîner : le train de pêche d’un chalutier de fond, câbles, panneaux et filet, représente à lui seul environ les deux tiers de sa consommation totale, détaille l’Ifremer. L’institut chiffre la consommation moyenne de la pêche à 0,5 litre de gazole par kilo de poisson pêché.

Le 17 septembre 2026, au prix de 1,10 euro le litre dénoncé par les marins français, le gazole pèse 55 centimes sur chaque kilo de poisson débarqué, selon la consommation moyenne de 0,5 litre par kilo mesurée par l’Ifremer. À ce niveau, le résultat d’une marée se joue au plein, pas à la criée. Les dix centimes d’aide supplémentaires annoncés par Matignon en retirent cinq sur ce kilo. Le geste est réel, et il est plafonné : Bruxelles ne laisse pas de marge au-dessus.
La nuance
Le carburant n’explique pas tout. Les pêcheurs réclament aussi une meilleure répartition des quotas de thon rouge et jugent la réglementation totalement décalée par rapport à la réalité du terrain. La France s’est vu attribuer 234 tonnes supplémentaires en 2026 : deux tiers sont allés à la façade atlantique, un tiers à la Méditerranée, une clé que les organisations du Sud contestent.
Le prix de 1,10 euro, lui, est un chiffre de terrain. Aucune administration ne publie un cours du gazole de pêche comme l’État publie celui de la pompe, suivi chaque semaine par le baromètre AAP : il varie d’un port à l’autre, selon la coopérative qui avitaille et le volume enlevé. Il dit l’état d’un métier plus qu’il ne mesure un marché.
Les 0,5 litre par kilo sont eux aussi une moyenne, tous métiers et toutes façades confondus. Elle donne un ordre de grandeur, pas la facture d’un bateau précis.
À surveiller
La suite se joue ce jeudi matin. Les organisations ont prévenu qu’elles arbitreraient selon les réponses obtenues, et le mouvement a déjà atteint le transport de passagers : un ferry de Corsica Ferries est resté à quai à Sète.
Si votre traversée saute, le règlement européen sur les droits des passagers par mer s’applique. En cas d’annulation ou de départ retardé de plus de 90 minutes, la compagnie doit offrir le choix entre le remboursement intégral sous sept jours et un réacheminement, ainsi que des rafraîchissements et, si une nuit s’impose, un hébergement plafonné à 80 euros la nuit et trois nuits, rappelle la Commission européenne. Une indemnisation s’ajoute lorsque c’est l’arrivée qui est en retard.
| Durée prévue de la traversée | 25 % du billet à partir de | 50 % du billet à partir de |
|---|---|---|
| Jusqu’à 4 heures | 1 heure de retard | 2 heures de retard |
| 4 à 8 heures | 2 heures de retard | 4 heures de retard |
| 8 à 24 heures | 3 heures de retard | 6 heures de retard |
| Plus de 24 heures | 6 heures de retard | 12 heures de retard |
La demande se dépose auprès du transporteur, qui dispose d’un mois pour payer. Une météo dégradée ou des circonstances extraordinaires le dispensent de cette indemnisation, jamais du remboursement ni du réacheminement. Les 35 centimes par litre, eux, courent jusqu’au 31 décembre 2026.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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