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Vous l’avez entendue au dîner de famille : deux filles, ce serait le bon tirage. Une étude parue dans Acta Psychologica le 15 juillet 2026 lui donne un chiffre. Sur 45 108 parents chinois interrogés entre 2012 et 2021, la combinaison « deux filles » affiche l’association la plus forte avec le bonheur déclaré.
Le travail de Zhong Fei et Wenqin Jin porte sur 49 752 adultes, dont 45 108 parents, tirés de six vagues du Chinese General Social Survey. Les parents s’y déclarent plus heureux que les non-parents, une fois les autres facteurs neutralisés. Le nombre d’enfants ne joue qu’après 60 ans. Et une descendance entièrement féminine ressort positivement, avec le lien le plus net chez les parents d’âge moyen.
Les auteurs inscrivent le tout dans un contexte chinois de basse fécondité et de vieillissement, où la descendance se compte. Dans un pays qui a longtemps compté ses garçons, le résultat intrigue. Il tient en un mot, pourtant : association.
Un bonheur mesuré par une seule question
Les répondants n’ont pas rempli d’échelle de bien-être. On leur a posé une phrase : « Dans l’ensemble, vous sentez-vous heureux dans votre vie ? » Une question, une réponse. Les auteurs signalent que la fiabilité d’une mesure aussi courte, et surtout sa stabilité dans le temps, restent inconnues.
Le deuxième garde-fou pèse plus lourd. L’enquête est transversale : elle photographie des parents à un instant donné, jamais leur trajectoire. On ne peut donc pas écrire que deux filles rendent heureux. On constate que des parents de deux filles se déclarent heureux plus souvent, ce qui n’est pas la même phrase. Le design « ne permet aucune inférence causale », écrivent les auteurs dans un passage relayé par PsyPost.
L’étude ne livre pas un résultat unique, d’ailleurs. Les associations varient selon l’étape de la vie, selon que l’on habite la ville ou la campagne, et selon le sexe du parent interrogé. Un titre qui affirme « les parents de deux filles sont plus heureux » écrase quatre découpages en une ligne.
Troisième réserve, la plus utile ici : les auteurs rangent leur propre résultat parmi les « sample-specific evidence within the contemporary Chinese context ». Ils appellent des travaux comparatifs entre pays. La phrase qui voyage a été écrite pour la Chine d’aujourd’hui.

En Europe, la préférence se lit dans les naissances
Ailleurs, la question ne se mesure pas en bonheur déclaré mais en berceaux. Ewa Cukrowska-Torzewska et Magdalena Grabowska ont examiné l’effet du sexe des enfants déjà nés sur la probabilité d’en avoir un autre en Europe. Leur article paraît dans Demographic Research en février 2023.
Leur conclusion : les femmes qui ont deux enfants du même sexe ont plus de chances de donner naissance à un troisième. Elles relèvent aussi une préférence pour les filles, visible dans la probabilité accrue de s’arrêter à un seul enfant quand l’aînée est une fille. Une préférence de sexe existe donc aussi de ce côté du monde. Elle ne se déclare pas, elle se compte en naissances supplémentaires.
Et chez nous ?
Près de quatre familles françaises sur dix sont dans ce cas
En France, 3 039 000 familles élèvent exactement deux enfants mineurs, soit 38,6 % des familles avec enfant mineur (Insee, recensement 2023). Le recensement de la population place l’enfant unique devant, à 45,4 %, et fait tomber les familles de trois enfants à 12,1 %. Aucun de ces chiffres ne dit le sexe des enfants, ni l’humeur des parents.
| Nombre d’enfants mineurs | Part des familles |
|---|---|
| Un enfant | 45,4 % |
| Deux enfants | 38,6 % |
| Trois enfants | 12,1 % |
Il y a une raison à la vitesse avec laquelle ce genre de résultat circule. Une fratrie est la seule statistique que chacun possède chez soi, gratuitement, dès le dessert. On la compare, on la commente, comme ces coïncidences de calendrier qui traversent les générations. Le reste des chiffres sur faire famille en France demande un peu plus d’effort.
Zhong Fei et Wenqin Jin réclament la suite : des enquêtes comparables hors de Chine. D’ici là, la table du dîner gardera son avis, et il ne coûte rien.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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