Une main attrape une bouteille d'eau aromatisée transparente sur un rayon réfrigéré de supermarché.

6 boissons, 30 cerveaux passés à l’IRM et un édulcorant qui ralentit l’estomac comme le sucre

Six boissons de 500 mL, 30 adultes passés à l'IRM, l'estomac filmé et le sang prélevé : le tableau des quatre réponses mesurées, édulcorant par édulcorant. Un mélange freine la digestion comme le sucre, sans en apporter les calories.

Vous attrapez la bouteille « zéro sucre » au rayon frais sans savoir ce qu’elle fait à votre cerveau. Une équipe de l’université de Wageningen, aux Pays-Bas, vient de le mesurer : 30 adultes jeunes et en bonne santé, six boissons aromatisées de 500 mL, une IRM avant la gorgée puis 5 et 30 minutes après. Les mesures ont été prises entre février 2023 et mars 2024. Une seule des six boissons a fait monter le glucose et l’insuline : celle au sucre.

L’essai croisé randomisé paraît dans The American Journal of Clinical Nutrition. Chaque volontaire a bu les six boissons, une par séance, dans un ordre tiré au sort : environ 180 séances au total. À chaque visite, le protocole empilait imagerie cérébrale, imagerie de l’estomac, prises de sang et questionnaires de faim. Les trente participants (15 femmes, 15 hommes, 22,7 ans de moyenne) ont été recrutés pour un essai enregistré sous SWEETBRAIN.

Voici ce que chaque boisson a produit, mesure par mesure.

Les quatre réponses mesurées après chaque boisson de 500 mL, chez 30 adultes jeunes et en bonne santé (essai de Wageningen, The American Journal of Clinical Nutrition, 2026).
Boisson (500 mL)Circuit de la récompense (aire tegmentale ventrale)HypothalamusVidange de l’estomacGlucose et insuline
Eau plateVariation plus forte qu’après le sucre à 30 minutesAucune variation significativeRéférenceInchangés
Sucre, 25 g (97 kcal)Variation plus faible qu’après l’eau, le sucralose ou le fruit du moineAucune variation significativeRalentieSeuls à monter
SucraloseVariation plus forte qu’après le sucre à 30 minutesAucune variation significativeComme avec l’eauInchangés
Extrait de stéviaHausse relative face au sucre entre 5 et 30 minutes ; putamen gauche égalementAucune variation significativeComme avec l’eauInchangés
Extrait de fruit du moineVariation plus forte qu’après le sucre à 30 minutesAucune variation significativeComme avec l’eauInchangés
Allulose 25 g + stévia (5 à 10 kcal)Hausse relative face au sucre entre 5 et 30 minutes ; amygdale gauche égalementAucune variation significativeRalentie, comme avec le sucreInchangés

Le circuit de la récompense s’active moins après le sucre

Trente minutes après la gorgée, le flux sanguin de l’aire tegmentale ventrale, la zone qui distribue la dopamine, avait moins augmenté après le sucre qu’après l’eau, le sucralose ou le fruit du moine. On attendait l’inverse. L’idée reçue prend l’eau.

Deux autres zones se démarquent en analyse exploratoire : l’amygdale gauche monte après l’allulose+stévia là où elle descend après le sucre, et le putamen gauche fait de même après la stévia. L’hypothalamus, ce thermostat de l’appétit, n’a bougé pour aucune des six boissons. Côté sensations, la faim déclarée était plus basse après le sucre qu’après l’eau, la stévia ou le fruit du moine.

L’allulose freine l’estomac sans apporter les calories

La surprise du protocole se voit à l’imagerie. Vingt-cinq minutes après la boisson, l’estomac restait plus rempli avec le sucre et avec le mélange allulose+stévia qu’avec les quatre autres. À 45 minutes, l’écart tenait encore.

Salle d'IRM vide, un technicien vu de dos derrière la vitre de la console.
L’imagerie a suivi le cerveau à 5 et 30 minutes, puis le contenu de l’estomac à 25 et 45 minutes.

Or les deux boissons ne jouent pas dans la même catégorie énergétique : 25 g de sucre apportent 97 kcal, 25 g d’allulose en apportent 5 à 10. Même poids de poudre, dix fois moins d’énergie, et le même frein à la sortie de l’estomac. Paul Smeets, qui a dirigé l’étude, qualifie ce point de « résultat surprenant ». Sa lecture d’ensemble reste sobre : les eaux aromatisées aux édulcorants « déclenchent pour l’essentiel les mêmes réponses nerveuses et digestives que l’eau », explique-t-il à PsyPost.

Dans le sang, la séparation est franche : à quinze minutes, l’insuline montait 7,8 à 9,3 fois plus après le sucre qu’après chacune des cinq autres boissons.

Ce que ça change devant le rayon

Sur le plan réglementaire, rien ne bouge, et c’est déjà une information. En France comme dans toute l’Union européenne, la dose journalière admissible du sucralose reste fixée à 15 mg par kilo de poids corporel, soit 1 050 mg pour un adulte de 70 kg : l’EFSA l’a confirmée le 16 février 2026. Sa réévaluation du sucralose ajoute que l’exposition alimentaire reste sous ce seuil dans tous les groupes de population européens, tout en réservant sa position sur un usage en pâtisserie fine.

L’essai a une frontière nette. Les trente volontaires étaient jeunes, minces et en bonne santé : « les réponses de personnes en surpoids, obèses ou diabétiques de type 2 pourraient être différentes », prévient Paul Smeets. L’étude a été financée par Tate & Lyle PLC, fabricant d’édulcorants qui a participé à sa conception ; les auteurs indiquent n’avoir eu aucune restriction sur la publication des résultats.

Le débat ne se joue pas que sur l’IRM. AAP rapportait début septembre les doses reçues par des souris nourries au sucralose et à la stévia, rapportées aux limites européennes propres à chaque molécule : jusqu’à 3,75 fois la dose journalière admissible des glycosides de stéviol. Autre méthode, autre question.

Le rayon « sans sucres » continuera de se vendre sur des promesses. À Wageningen, il se mesure désormais en millilitres restés dans l’estomac.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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