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Vérif
Vous commandez un light au déjeuner et vous vous demandez s’il sabote votre régime. Un essai randomisé de l’Université de Liverpool répond non : au bout de deux ans, le groupe sodas light avait perdu un peu plus de poids que le groupe eau. Les édulcorants testés étaient l’aspartame, l’acésulfame-K et le sucralose, dans des boissons du commerce.
L’affirmation« Les sodas light empêchent de perdre du poids. »
Notre verdictÀ nuancer
Ce que disent les faits
Après 104 semaines, les adultes en surpoids allés au bout de l’essai ont perdu 4,8 kg avec des boissons édulcorées, contre 3,7 kg avec de l’eau (British Journal of Nutrition, 4 août 2026). L’écart tient dans 1,1 kg, à peu près une bouteille d’eau d’un litre, et il n’est pas statistiquement significatif. Le tour de taille et le tour de hanches baissent dans les deux groupes, la composition corporelle s’améliore aussi. Ni la tension ni le cholestérol ne divergent de façon cliniquement parlante.
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Joanne Harrold, doyenne de psychologie à l’Université de Liverpool, tire la leçon dans l’annonce de l’essai. « Les inquiétudes selon lesquelles les édulcorants dérèglent l’appétit ou font prendre du poids ne sont pas confirmées lorsqu’on les teste dans un essai randomisé rigoureux et de longue durée », écrit-elle. Le travail a été mené avec Jason Halford, de l’Université de Leeds, et publié par le British Journal of Nutrition.
Le 24 septembre 2026, AAP mesurait l’effet de six boissons passées à l’IRM chez 30 participants : l’un des édulcorants testés ralentissait l’estomac autant que le sucre. L’essai de Liverpool ajoute ce que l’IRM ne donne pas, la durée.
Ce qui reste incertain
L’essai a été financé par l’American Beverage Association, l’organisation professionnelle des boissons aux États-Unis. L’équipe déclare avoir mené l’analyse de façon indépendante. Les déclarations d’intérêts publiées avec l’article citent aussi la Commission européenne et l’OMS parmi les financeurs des auteurs sur d’autres travaux.
Sur les 493 adultes tirés au sort, 220 sont allés jusqu’à la 104e semaine, soit 44,6 % : 103 dans le groupe boissons édulcorées, 117 dans le groupe eau. L’écart de 1,1 kg se lit sur ces participants, pas sur l’effectif de départ. La seconde année se déroulait sans accompagnement, et c’est long pour tout le monde.
Le sucre avalé a baissé des deux côtés.
Le 15 mai 2023, l’Organisation mondiale de la santé a recommandé de ne pas recourir aux édulcorants sans sucre pour contrôler le poids, dans ses lignes directrices. Elle qualifie elle-même cette recommandation de « conditionnelle » : les données reposaient largement sur des études d’observation, où les gros consommateurs d’édulcorants différaient déjà des autres au départ. C’est ce trou qu’un tirage au sort sur deux ans vient combler.
Et chez nous ?
Ce que ça change dans votre verre
Les boissons light ou zéro sucre pèsent 20 % des boissons rafraîchissantes consommées en France, une part qui a doublé en cinq ans. Le chiffre vient de l’enquête Nutrimétrie de C-Ways, menée en 2024 auprès de 3 201 personnes pour les professionnels du secteur. L’ANSES a publié son évaluation des édulcorants intenses le 9 janvier 2015. Elle y écrivait que « les études disponibles ne permettent pas de prouver que la consommation de produits contenant des édulcorants intenses présente un intérêt sur le contrôle du poids ».
Ce que ça change pour vous
- Passer d’un soda sucré à sa version zéro n’a pas freiné la perte de poids sur deux ans de suivi.
- Ni l’OMS ni l’ANSES ne présentent le light comme un outil d’amaigrissement : l’OMS déconseille cet usage.
- Les deux groupes ont suivi le même programme de gestion du poids la première année, et les deux ont perdu du poids.
Les deux lectures cohabitent sans se contredire. L’essai de Liverpool dit que le light ne vous empêche pas de maigrir, il ne dit pas qu’il vous y aide. L’ANSES, elle, rappelle qu’aucun bénéfice n’a été démontré, et l’eau reste la boisson de référence.
Pour réduire les sucres libres, Francesco Branca, directeur de la nutrition et de la sécurité sanitaire des aliments à l’OMS, renvoie aux fruits et aux aliments non sucrés. Le light reste une marche intermédiaire, et cet essai dit seulement qu’elle ne vous fait pas reculer.
Questions courantes
Comment les deux années de l’essai étaient-elles organisées ?
Une première année de programme de gestion du poids accompagné, puis une seconde année de prolongation volontaire, sans accompagnement.
Ce résultat vaut-il pour les enfants ?
Non, l’essai n’a porté que sur des adultes en surpoids ou en situation d’obésité. Pour les enfants comme pour les adultes, l’OMS estime que les édulcorants n’apportent aucun bénéfice à long terme sur la masse grasse.
Les édulcorants posent-ils d’autres problèmes que le poids ?
L’OMS cite des travaux d’observation où une consommation élevée est associée à un risque accru de diabète de type 2, de maladies cardiovasculaires et de mortalité chez l’adulte. Ces travaux n’établissent pas de cause à effet.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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