
Sommaire
- En bref
- Un pays qui campe : les chiffres 2025
- Premier parc d'Europe : vrai, mais regardez la deuxième vue
- 31 milliards d'euros : le poids que l'on ne voit pas depuis l'emplacement
- 1 600 campings disparus en vingt ans : la fragilisation silencieuse
- Été 2026 : une avance de 0,3 %, pas plus
- Questions courantes
Panorama
147,5 millions de nuitées. On l’a tous vécu au moins une fois : la barrière qui se lève un samedi de juillet, l’odeur de pin chaud, le cliquetis des sardines qu’on plante avant la nuit. Ce moment si banal est, statistiquement, le plus gros phénomène touristique du pays : en 2025, les campings français ont enregistré 147,5 millions de nuitées, en hausse de 4,5 % sur un an, selon le dossier de presse 2026 de la FNHPA, la fédération des gestionnaires de l’hôtellerie de plein air. Personne, pourtant, ne pose jamais le panorama complet. Le voici, chiffres officiels et calculs à l’appui.
En bref
- 147,5 millions de nuitées en camping en France en 2025, en hausse de 4,5 % sur un an (FNHPA).
- 7 637 campings recensés ; le parc a perdu environ 1 600 terrains en vingt ans.
- 2,8 millions de places-lits : le premier parc d’Europe, 2,5 fois celui de l’Italie (Eurostat, 2024).
- Mais 40,7 places-lits pour 1 000 habitants seulement : 4e rang européen, selon nos calculs.
- 31 milliards d’euros d’empreinte socio-économique et 196 000 emplois équivalent temps plein.
Un pays qui campe : les chiffres 2025
La France compte 7 637 campings, et ils ne désemplissent pas. Sur les 147,5 millions de nuitées de 2025, 102,5 millions viennent de touristes français : 70 % de la fréquentation. Les visiteurs étrangers apportent les 45 millions restants, en progression de 5,4 %. L’Insee confirme l’ordre de grandeur sur la saison d’été : de début mai à fin août 2025, les campings totalisent 124,9 millions de nuitées, la première catégorie d’hébergement du pays, soit près d’une nuitée touristique collective sur deux.
Détail qui raconte une époque : les emplacements nus, ceux où l’on plante encore une vraie tente, progressent plus vite (52,7 millions de nuitées, +4,8 %) que les emplacements équipés de mobil-homes et bungalows (72,2 millions, +2,1 %). Le retour de la toile n’est pas une légende de fin de repas : il est dans les données de la fédération. Et en ajoutant les hébergements de plein air privatifs, hors campings classés, la filière revendique même 187 millions de nuitées par an au total.
Premier parc d’Europe : vrai, mais regardez la deuxième vue
« Premier parc de campings d’Europe » : la formule revient chaque été. Nous l’avons vérifiée dans la base de capacité touristique d’Eurostat, qui recense les places-lits des campings de chaque pays. Et nous avons refait un calcul que personne ne publie : la même donnée, rapportée à la population. Basculez entre les deux vues, la leçon change.
En volume, aucun suspense : la France écrase le continent.

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Rapportée à la population de chaque pays, la même donnée renverse le podium.

Le calcul tient en une ligne : 2 796 232 places-lits divisées par 68 669 303 habitants au 1er janvier 2024 (population Eurostat), multipliées par 1 000, donnent 40,7 places-lits pour 1 000 habitants. Selon nos calculs, la France n’est ainsi que 4e d’Europe en densité de camping, derrière la Croatie (70,7), la Suède (45,4) et le Danemark (44,8), alors qu’elle possède, avec 2,8 millions de places-lits, le premier parc du continent en valeur absolue. Nuance de méthode : ces lits comptent tous les campeurs accueillis, y compris étrangers ; la densité croate dit d’abord l’ampleur de son tourisme littoral, pas les habitudes de ses habitants.
Pour lire les deux classements d’un seul regard, voici les dix premiers parcs européens et leur rang une fois la population prise en compte.
| Pays | Places-lits en campings (2024) | Rang en volume | Places-lits pour 1 000 habitants | Rang par habitant |
|---|---|---|---|---|
| France | 2 796 232 | 1 | 40,7 | 4 |
| Italie | 1 117 484 | 2 | 18,9 | 8 |
| Allemagne | 934 280 | 3 | 11,2 | 12 |
| Espagne | 804 433 | 4 | 16,5 | 10 |
| Pays-Bas | 681 216 | 5 | 38,0 | 5 |
| Suède | 478 548 | 6 | 45,4 | 2 |
| Croatie | 273 076 | 7 | 70,7 | 1 |
| Danemark | 267 213 | 8 | 44,8 | 3 |
| Autriche | 255 768 | 9 | 27,9 | 6 |
| Tchéquie | 225 973 | 10 | 20,7 | 7 |
Lecture : l’Allemagne, troisième parc d’Europe, tombe au 12e rang une fois rapportée à ses 83,5 millions d’habitants ; la Croatie fait le chemin inverse. Les rangs par habitant sont calculés sur les pays déclarant leur capacité à Eurostat.
31 milliards d’euros : le poids que l’on ne voit pas depuis l’emplacement
Derrière les glacières, une filière. La FNHPA chiffre à 31 milliards d’euros l’empreinte socio-économique totale du camping, soit 0,5 % du PIB national, portée par 196 000 emplois équivalent temps plein. Le cœur du réacteur : 4,7 milliards d’euros de chiffre d’affaires direct et 34 540 emplois directs dans les établissements. Et les campeurs dépensent 9,8 milliards d’euros par an autour de leur séjour, chez le boulanger, au marché, à la station-service. C’est aussi pour cela que le camping résiste : il reste compatible avec un budget vacances tombé à 1 748 euros en moyenne par foyer, au plus bas depuis 2022. À l’échelle d’une commune littorale ou rurale, un camping est souvent à la fois le premier employeur saisonnier et le premier pourvoyeur de clients du centre-bourg : quand il ferme, c’est toute une économie d’été qui se replie avec lui.

1 600 campings disparus en vingt ans : la fragilisation silencieuse
Le paradoxe est là. Pendant que les nuitées battent des records, le parc rétrécit : environ 1 600 terrains aménagés ont disparu en vingt ans, de 9 000 en 2000 à 7 400 en 2024, rappelle Maire info, le quotidien des élus locaux, qui relaie l’alerte de la profession sur une « période de fragilisation préoccupante ». Les créations sont bloquées par les contraintes foncières, environnementales et réglementaires ; près de 2 000 campings sont situés en zones à risque, et près de 1 000 pourraient être affectés par l’érosion côtière d’ici 2100.
La fragilisation est aussi sociale. En 2024, la fréquentation des campings 4 et 5 étoiles progressait de 1,4 % quand celle des 1 et 2 étoiles chutait de 8,7 %. La montée en gamme tire les prix ; les terrains les plus simples, ceux des vacances à petit budget, ferment les premiers. « Sans un engagement fort, la diminution continue du nombre de campings pourrait fragiliser l’ensemble du secteur », prévient la fédération.

Été 2026 : une avance de 0,3 %, pas plus
Et cette saison ? Le baromètre national des réservations tenu par Atout France et la FNHPA mesurait fin mars une très légère avance : +0,3 % par rapport à la même période de 2025. Autrement dit, un été de plateau, où chaque semaine de météo compte. Si vous lisez ceci depuis un transat, vous êtes l’un des points de donnée du plus gros agrégat touristique du pays. Et pendant que des sites saturés cherchent à limiter la foule, comme le village d’Étretat face au surtourisme, le camping continue de faire l’inverse : absorber, chaque été, la moitié des nuitées du tourisme collectif français sans que personne n’y voie une prouesse. La bascule de la saison se lit d’ailleurs moins dans les volumes que dans les arbitrages : partir moins loin, moins longtemps, dépenser moins, et garder malgré tout la même adresse d’été. C’est exactement ce que le camping sait faire depuis soixante-dix ans.
Questions courantes
Combien y a-t-il de campings en France ?
7 637 établissements selon le dossier de presse 2026 de la FNHPA. Le parc a toutefois perdu environ 1 600 terrains aménagés en vingt ans, passant de 9 000 en 2000 à 7 400 en 2024 selon les chiffres relayés par Maire info.
La France est-elle vraiment le premier pays de camping en Europe ?
Oui en capacité : 2,8 millions de places-lits en 2024 selon Eurostat, deux fois et demie le parc italien. Rapportée à la population, la France recule en revanche au 4e rang, derrière la Croatie, la Suède et le Danemark, d’après nos calculs sur les mêmes données.
Combien de nuitées les campings français ont-ils enregistrées en 2025 ?
147,5 millions de nuitées, en hausse de 4,5 % par rapport à 2024, dont 102,5 millions de touristes français, soit 70 % de la fréquentation, selon la FNHPA.
Pourquoi des campings ferment-ils malgré le succès ?
Les créations sont freinées par les contraintes foncières, environnementales et réglementaires, près de 2 000 établissements se trouvent en zones à risque, et la montée en gamme fragilise les terrains 1 et 2 étoiles, dont la fréquentation a reculé de 8,7 % en 2024.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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