
Sommaire
Récit
Pas de quai sur l’île de Bugio. La mer est forte, la fenêtre météo courte : l’équipe saute à l’eau, enfile casques et harnais, puis attaque la paroi. Deux heures plus tard, elle a couvert trois kilomètres. Dans ses boîtes, des escargots de huit millimètres.
En bref
- 570 escargots relâchés en avril 2026 sur l’île de Bugio, au large de Madère : 270 Discula lyelliana du ZooParc de Beauval, 300 Geomitra coronula du zoo de Chester (Beauval Actus, 27 juillet 2026).
- 21 Geomitra coronula fondateurs, trouvés sous une seule pierre : toute l’espèce tenait dans une boîte de Petri (zoo de Chester, 26 juillet 2026).
- Survie estimée entre 40 et 50 % sur les lâchers menés depuis 2024, au-dessus des attentes.
- En France, plus de 11 % des 691 mollusques continentaux de métropole sont menacés (Comité français de l’UICN).
Deux heures pour trois kilomètres
Le débarquement est raconté dans le communiqué du 26 juillet 2026 du zoo de Chester, qui coordonne l’élevage avec l’IFCN, l’institut de conservation de la nature de Madère. Tamas Papp, responsable adjoint des invertébrés, décrit l’arrivée : « We had to jump straight into the water, climb out, put helmets and harnesses on, and start scrambling up the cliff face. »
Une fois en haut, le travail se poursuit de nuit, à la lampe à spectre rouge : les oiseaux marins rares qui nichent là sont sensibles à la lumière artificielle. Les escargots, huit millimètres au plus, sont glissés un par un dans des fissures choisies.

Cette discrétion a un coût. On finance plus volontiers ce qui a des yeux et un pelage : nous avions raconté la naissance d’une guenon roloway à Chester, sujet qui mobilise sans effort. Un gastéropode, non.
Vingt et un escargots sous une seule pierre
Le programme est né d’une redécouverte : ces espèces endémiques des Desertas n’avaient plus été observées vivantes depuis plus de cent ans quand l’IFCN a retrouvé de minuscules populations. Soixante individus ont pris l’avion pour Chester.
Parmi les animaux secourus, 21 Geomitra coronula considérés comme les derniers de leur espèce, trouvés sous une seule pierre, écrit le zoo. Tamas Papp résume : « its entire global population could fit inside a single petri dish. We knew we had one shot to save them. »
Quatre espèces sont prises en charge : Atlantica calathoides, Geomitra grabhami, G. coronula et Discula lyelliana. Aucune ne pèse dans les bilans de saisies, contrairement aux 30 000 animaux saisis en douane. Elles s’éteignent sans marché.
Beauval élève deux des quatre espèces
Le rôle français est dans le communiqué de Chester : le ZooParc de Beauval élève Geomitra grabhami et Discula lyelliana pour le projet Desertas. Le parc du Loir-et-Cher a reçu 50 individus de chaque espèce en juin 2023, et en a obtenu plus de 1 000 pour chacune.
Les 270 Discula lyelliana d’avril 2026 sortent de ces élevages. Anaëlle Loiseau, gestionnaire espèces animales à Beauval, est citée par Chester : « the wild survival rates are above expectations. This is a sign of hope for species that are the foundation of a full ecosystem. »
Le ZooParc a filmé ce volet français du repeuplement des Desertas.
Entre un bac d’élevage en Loir-et-Cher et une falaise atlantique, il y a toute une chaîne logistique.
Le bilan de survie, et ce qu’il vaut
Trois opérations ont eu lieu, détaille Beauval Actus le 27 juillet 2026 : une première sur Bugio en novembre 2024, un renforcement de Geomitra grabhami à Fajã Grande, sur Deserta Grande, 870 individus en avril 2025, puis celle d’avril 2026. Le cumul relâché sur Bugio atteint 1 200 Geomitra coronula et 919 Discula lyelliana.

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La survie estimée, entre 40 et 50 %, se lit à côté du point de départ. Des reproductions et des juvéniles ont été observés sur place : c’est ce qui sépare un lâcher d’une réintroduction qui tient. Chester, plus prudent que le décompte français, parle de « plus de 300 » descendants revenus dans la nature.
Et chez nous ? Le Comité français de l’UICN et l’UMS PatriNat ont publié une liste rouge des mollusques continentaux de métropole : sur 691 espèces, plus de 11 % sont menacées. Et 41 % restent trop mal connues pour être classées.
Le droit ne protège que ce qui est identifié. Nous avons détaillé ce que risque quiconque va jusqu’à détruire un habitat protégé, et ce que la perte d’espèces sauvages coûte jusque dans votre tasse de café.
Une espèce dont la population mondiale tenait dans une boîte de Petri a maintenant des juvéniles nés sur son île. Ce que Bugio raconte, c’est le prix logistique de la discrétion : une fenêtre météo, des harnais, des lampes rouges, deux heures pour trois kilomètres. Sauver le plus petit habitant du décor a exigé l’opération la plus lourde.
Questions courantes
Combien d’escargots ont été relâchés, et où ?
570 lors de l’opération d’avril 2026, sur l’île de Bugio (archipel de Madère) : 270 Discula lyelliana élevés au ZooParc de Beauval et 300 Geomitra coronula élevés au zoo de Chester, selon Beauval Actus du 27 juillet 2026. Chester écrit « plus de 300 » pour sa part.
Quel est le rôle de la France dans ce programme ?
Le ZooParc de Beauval, dans le Loir-et-Cher, élève deux des quatre espèces du projet Desertas, Geomitra grabhami et Discula lyelliana. Il en a obtenu plus de 1 000 de chacune à partir d’une cinquantaine d’animaux reçus de Chester en juin 2023.
Que sait-on de leur survie dans la nature ?
Beauval Actus fait état d’une survie estimée entre 40 et 50 % pour les lâchers menés depuis 2024, avec des reproductions et des juvéniles observés sur place. C’est une estimation de suivi, pas un comptage exhaustif.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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