
Sommaire
Décryptage
224 000 personnes évacuées préventivement depuis le 22 juillet, et 2 245 places d’hébergement ouvertes dans les lycées de Nouvelle-Aquitaine : nous avons compilé les capacités publiées site par site, cela fait une place pour cent évacués. Le mégafeu de Saumos se filme par ses flammes. Il se comprend par ses lits picots, par une adresse mail créée pour les animaux restés sur place, et par un arrêté qui réquisitionne les citernes des viticulteurs.
En bref
- Additionnées site par site, les capacités publiées par la Région Nouvelle-Aquitaine totalisent 2 245 places sur 17 sites chiffrés, une place pour cent évacués (compilation Actu Alt Plus).
- La préfecture de la Gironde dénombre 224 000 personnes évacuées, dont environ 60 000 autorisées à rentrer à Eysines, Mérignac et Le Haillan.
- Deux tiers de ces places logent les renforts, pas les habitants : 1 060 pour les pompiers, 455 pour la gendarmerie, 730 pour les populations.
- Le volet social tient en deux chiffres : 575 demandes d’activité partielle, instruites en 5 jours au lieu de plusieurs semaines.
La couverture en continu montre un front de flammes. Ce qui occupe les services de l’État tient dans des documents bien moins spectaculaires : des listes de lycées, des adresses mail, des arrêtés.
Évacuer 224 000 personnes, ce que disent les documents
Le point de situation de la préfecture du 29 juillet à 23h00 plante le décor : 224 000 personnes évacuées de manière préventive avec l’appui des forces de sécurité intérieure, 42 000 hectares parcourus, 240 habitations détruites, 3 300 sapeurs-pompiers engagés avec 1 500 militaires et 24 moyens aériens.
Une évacuation préventive n’est pas un exode définitif. La veille, environ 60 000 habitants d’Eysines, de Mérignac et du Haillan ont été autorisés à rentrer. Le total de 224 000 est un cumul de départs, pas le nombre de gens dehors un soir donné.
Ces bilans bougent vite. Le point de 15h30, le même jour, donnait 2 700 pompiers engagés et 126 blessés ; celui de 23h00 en donne 3 300 et 230. Nous avons raconté ce que ces heures coûtent aux équipes, avec les 121 kilomètres de coupes tactiques, puis ce que l’évacuation a produit sur le littoral, quand Lacanau a vidé ses campings sans vider la ville.

Reste la question que l’antenne ne garde jamais longtemps : ces 224 000 personnes, elles dorment où ?
Les internats, une infrastructure de crise jamais budgétée
La réponse est publique, mais éparpillée. La Région Nouvelle-Aquitaine, propriétaire des lycées, publie 21 sites ouverts au 28 juillet à 17h, avec pour la plupart un nombre de places. Personne ne les avait additionnés.
Le total des sites chiffrés atteint 2 245 places, une pour cent évacués. Le rapport paraît dérisoire ; il dit surtout que l’hébergement collectif n’est pas la solution d’une évacuation de masse, c’est son filet de sécurité. La grande majorité des partants se sont logés seuls, chez des proches. Le gymnase est là pour ceux qui n’ont personne à appeler.
La répartition, elle, surprend davantage.

Reprendre ce graphique
Réutilisez ce graphique librement sur votre site, en citant Actu Alt Plus. Copiez le code ci-dessous :
Sur 2 245 places, 1 515 vont aux renforts : 1 060 pour les sapeurs-pompiers, de Blanquefort à Le Barp, et 455 pour la gendarmerie, de Gujan-Mestras à Morcenx. Les populations évacuées disposent des 730 restantes, dont 350 au lycée Toulouse Lautrec de Bordeaux. Un internat de crise loge d’abord ceux qui viennent d’ailleurs éteindre le feu.
Ce compte ne vaut que pour le parc régional. La Protection Civile annonçait le 27 juillet 300 bénévoles venus de 30 départements et sept centres d’hébergement d’urgence dotés de 2 500 lits picots. Croisés, les deux inventaires portent l’accueil collectif autour de 4 700 places, 2 % des évacués. Derrière ces totaux, des ajustements concrets : des résidents d’EHPAD au lycée de Créon, cent trente jeunes de colonies hébergés deux jours à Lormont. Même mécanique que lorsque le Diois organisait sa solidarité.
Vu de l’intérieur, un centre d’accueil ressemble peu à une ligne de tableau. France 24 est entré dans l’un d’eux, à Bordeaux.
Ce que l’image ajoute aux listes, c’est le temps : une place se compte en lits, une soirée d’évacué en attente.
Les animaux, l’angle mort des plans d’évacuation
C’est la brique la plus révélatrice, parce qu’elle a visiblement été improvisée. Partir en vingt minutes avec un chat qui refuse son panier, ou laisser trente brebis derrière un portail, cela ne figure dans presque aucun plan communal de sauvegarde. La préfecture a donc ouvert une adresse mail, incendie33.animaux@gironde.gouv.fr, pour recenser les besoins des propriétaires dont les animaux sont restés sur place.
La foire aux questions préfectorale du 28 juillet porte la consigne inverse pour ceux qui n’ont pas encore reçu l’ordre : emmener ses animaux. Les deux messages décrivent deux moments. Avant l’évacuation, on emporte ; après, on signale. Entre les deux, des gens n’ont pas eu le choix.
Le volet agricole a reçu un traitement plus lourd. Sophie Brocas, préfète de la Gironde, a pris un arrêté permettant de réquisitionner les entreprises de travaux agricoles pour la mise à disposition de citernes. Réquisitionner, ici, c’est transformer par décision administrative des remorques à eau de viticulteurs en outils de lutte.
Payer les salariés, garder les maisons vides
Vous pouvez habiter à cent kilomètres du front de flammes et sentir l’incendie sur votre fiche de paie. C’est le rôle de l’activité partielle, que beaucoup d’employeurs découvrent le jour où ils en ont besoin. Au 29 juillet, la préfecture comptait 575 demandes en instruction, délais réduits à 5 jours pour les entreprises sinistrées. Le ministère du Travail a publié un questions-réponses dédié.
Cinq jours, pour une instruction qui se compte d’ordinaire en semaines : c’est la mesure la moins visible du dossier, et l’une des plus utiles. Elle décide si un salarié de camping touche quelque chose à la fin du mois.
Dernière brique, celle dont personne ne parle avant d’en avoir besoin : la maison vide. La gendarmerie a monté un dispositif anti-cambriolage, 10 véhicules Centaure affectés à ces seules opérations, et le point de 15h30 mentionnait 26 interpellations pour mise en danger liée au feu. Une cellule d’information répond au 09 70 80 90 40.
La machine d’accueil, brique par brique
| Brique | Chiffre officiel | Source |
|---|---|---|
| Personnes évacuées depuis le 22 juillet | 224 000 | Préfecture 33, 29/07 23h00 |
| Retours autorisés | environ 60 000 | Préfecture 33, 29/07 23h00 |
| Surface parcourue | 42 000 hectares | Préfecture 33, 29/07 23h00 |
| Habitations détruites | 240 | Préfecture 33, 29/07 23h00 |
| Moyens engagés | 3 300 pompiers, 1 500 militaires | Préfecture 33, 29/07 23h00 |
| Sapeurs-pompiers blessés | 126 à 15h30, 230 à 23h00 | Préfecture 33, 29/07 |
| Places en lycées | 2 245 sur 17 sites chiffrés | Région Nouvelle-Aquitaine, compilation AAP |
| dont places pour les renforts | 1 515, deux tiers | Région Nouvelle-Aquitaine, compilation AAP |
| Hébergement associatif | 7 centres, 2 500 lits picots | Protection Civile, 27/07 |
| Activité partielle | 575 demandes, délais à 5 jours | Préfecture 33, 29/07 23h00 |
| Lutte anti-cambriolage | 10 Centaures | Préfecture 33, 29/07 23h00 |
Tableau Actu Alt Plus. Sources : préfecture de la Gironde, Région Nouvelle-Aquitaine, Protection Civile, 27 au 29 juillet 2026. Mises bout à bout, ces lignes décrivent une machine dimensionnée pour 2 % des évacués : l’essentiel du relogement a été absorbé par les familles.
Il y a ce que ces documents disent, et ce qu’ils taisent. Aucun ne publie le nombre de personnes réellement hébergées chaque nuit, ni le coût, ni les animaux récupérés. Ces capacités sont des places ouvertes, pas des lits occupés.

Le feu de Saumos sera raconté par ses hectares. Ce qu’il laissera à ceux qui l’ont traversé tient dans des objets plus petits : un numéro vert, une adresse mail pour un chat, un lit picot dans un gymnase de Talence, cinq jours au lieu de plusieurs semaines pour un dossier de paie. La plupart n’existaient pas la semaine précédente. Quand la pluie sera revenue, la question sera de savoir lesquelles on garde.
Questions courantes
Combien de personnes ont été évacuées, et combien sont rentrées ?
La préfecture de la Gironde fait état de 224 000 personnes évacuées préventivement depuis le début de l’incendie, au 29 juillet à 23h00. C’est un cumul de départs, pas le nombre de personnes dehors un soir donné. Environ 60 000 habitants sont rentrés.
Où sont hébergées les personnes évacuées ?
Dans des lycées et sites régionaux réquisitionnés : la Région Nouvelle-Aquitaine en listait 21 le 28 juillet, dont le lycée Toulouse Lautrec à Bordeaux, 350 places. Les sites chiffrés totalisent 2 245 places, dont 730 pour les populations évacuées.
Que faire de ses animaux quand on doit partir ?
La foire aux questions préfectorale demande aux habitants encore sur place d’emmener leurs animaux. Pour ceux restés derrière, animaux domestiques comme bêtes d’élevage, l’État recense les besoins à l’adresse incendie33.animaux@gironde.gouv.fr.
Serez-vous payé si votre entreprise ferme à cause de l’incendie ?
Le dispositif est l’activité partielle. La préfecture comptait 575 demandes en instruction au 29 juillet, délais réduits à 5 jours pour les entreprises sinistrées et versements accélérés. Le ministère du Travail a publié un questions-réponses dédié.
Qui surveille les maisons laissées vides ?
La gendarmerie a monté un dispositif anti-cambriolage, 10 véhicules Centaure affectés à ces opérations. Le point de situation de 15h30, le 29 juillet, mentionnait 26 interpellations pour mise en danger liée au feu.
Qui fait tourner les centres d’accueil ?
Des agents de l’État et des collectivités, mais aussi des bénévoles : la Protection Civile annonçait le 27 juillet 300 bénévoles venus de 30 départements, sept centres d’hébergement dotés de 2 500 lits picots et sa participation à l’évacuation de douze EHPAD.
Pourquoi les bilans changent-ils d’un point de situation à l’autre ?
Parce qu’ils sont arrêtés à une heure précise, puis révisés. Le 29 juillet, la préfecture donnait 2 700 pompiers engagés et 126 blessés à 15h30, puis 3 300 et 230 à 23h00. Un chiffre d’incendie se lit avec son horodatage.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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