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Quelque part dans une école vétérinaire de Liverpool, l’été dernier, une équipe de chirurgiens a fait quelque chose qu’elle n’avait jamais lu nulle part : opérer la patte d’un cercopithèque de Roloway. Masaya, une femelle de 15 ans du zoo de Chester, traînait une masse de la taille d’une balle de golf au pied. L’enjeu dépassait largement son confort : il ne reste, selon l’Union internationale pour la conservation de la nature, moins de 2 000 roloways à l’état sauvage, et le filet de sécurité en captivité tient sur une trentaine d’animaux à peine, tous en Europe. Quelques mois plus tard, Masaya a mis au monde une petite femelle, Lagertha. C’est cette équation, deux chiffres minuscules face à une naissance, qui rend l’histoire si singulière.
En bref
- Le réservoir mondial de l’espèce en parcs zoologiques se résume à une trentaine d’individus, tous en Europe, face à moins de 2 000 dans la nature.
- Masaya a échappé à l’amputation grâce à une opération sans précédent connu sur un roloway, menée par le zoo de Chester et l’université de Liverpool.
- Sa fille Lagertha est née quelques mois après l’opération, une 3e naissance dans l’espèce en deux ans en Europe.
- La France abrite le plus de parcs hébergeant l’espèce, et le programme d’élevage européen est piloté depuis le zoo de Mulhouse.
Le cercopithèque de Roloway, c’est un petit singe à la barbe blanche et au pelage sombre, originaire des forêts du Ghana et de Côte d’Ivoire. Il fait partie des primates les plus menacés de la planète, classé en danger critique d’extinction, victime de la déforestation et de la chasse pour la viande de brousse. Dans ces conditions, chaque individu compte, et plus encore chaque femelle capable de se reproduire.

Une opération que personne n’avait jamais tentée
Masaya boitait depuis son arrivée à Chester en 2023. Radios, échographies, biopsies : les vétérinaires ne trouvaient pas. Ils ont fini par soupçonner un abcès persistant, peut-être l’héritage d’une vieille épine plantée dans le pied. Quand l’enflure a empiré en 2025, l’équipe a pris une décision peu banale, comme le raconte la vétérinaire Charlotte Bentley sur le site de l’université de Liverpool : emmener la guenon passer un scanner dans une école vétérinaire. « Ce n’est pas tous les jours qu’on amène un singe à la fac », glisse-t-elle, anesthésie, médicaments et couvertures dans les bagages.
Le scanner a tranché : direction le bloc. L’équipe de Chester et les chirurgiens du Small Animal Teaching Hospital de Liverpool, plus habitués aux chats et aux chiens, n’ont trouvé aucun précédent d’une telle intervention sur un roloway. Ils ont quand même réussi à sauver tous les doigts du pied sauf un. « C’était la dernière chance de sauver sa patte avant l’amputation », résume Rachel Burrow, vétérinaire et enseignante à Liverpool. Et l’enjeu n’était pas que vétérinaire : sans ses appuis, une guenon ne tient plus son petit et grimpe mal. La patte sauvée, c’était la maternité rendue possible.
Le zoo a filmé la convalescence et les premiers pas de Lagertha. On y mesure ce que les chiffres disent mal : une mère agile, un petit minuscule accroché à son flanc, et toute une équipe qui retient son souffle.
Pourquoi une naissance pèse aussi lourd
Voici l’écart qui donne le vertige. Dans la nature, on parle de moins de 2 000 roloways, et certains relevés récents en Côte d’Ivoire avancent des chiffres bien plus bas encore. En captivité, le réservoir mondial se compte sur une seule rangée de places de parking : une trentaine d’animaux, répartis dans une poignée de parcs européens. Chester est l’un des deux seuls sites du Royaume-Uni à en héberger. Et, comme le souligne la soigneuse Zoe Edwards, il n’y a « que quelques femelles reproductrices dans les zoos européens ». Masaya en fait partie.

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Mis côte à côte, ces deux nombres racontent toute la fragilité de l’espèce : la population de secours élevée en parc ne représente qu’une infime fraction de ce qui survit dans les forêts d’Afrique de l’Ouest. C’est pourquoi la santé d’un seul animal devient une affaire de programme européen, le European Endangered Species Programme, monté précisément pour éviter que cette poignée d’individus ne s’éteigne.
Et la France dans tout ça
Le pont est plus direct qu’on ne l’imagine. La France est le pays qui compte le plus de parcs hébergeant des roloways, et c’est un zoo français qui tient la barre de l’élevage européen : le parc zoologique et botanique de Mulhouse coordonne le programme d’élevage de l’espèce à l’échelle du continent. Concrètement, ce sont des coordinateurs français qui décident quels individus s’apparient, dans quel parc, pour préserver le peu de diversité génétique qui reste. La naissance de Lagertha, en Angleterre, s’inscrit dans cette mécanique pilotée depuis l’Alsace.

Reste une vérité moins réjouissante derrière la photo de la petite guenon. Élever des roloways en parc ne sert vraiment que s’il existe, un jour, une forêt assez sûre pour les y ramener. Tant que la déforestation et le braconnage rongent leur habitat, ces naissances tiennent davantage de l’arche que du repeuplement. Lagertha, baptisée comme une reine viking, ne sauvera pas son espèce à elle seule. Mais elle prouve qu’avec un scanner, beaucoup d’obstination et une patte recousue, on peut au moins repousser l’échéance. Et parfois, gagner du temps, c’est déjà gagner.
Questions courantes
Qu’est-ce qu’un cercopithèque de Roloway ?
Un petit singe arboricole à barbe blanche, originaire des forêts du Ghana et de Côte d’Ivoire. Il est classé en danger critique d’extinction et compte parmi les primates les plus menacés au monde.
Pourquoi cette opération est-elle inédite ?
Les chirurgiens du zoo de Chester et de l’université de Liverpool n’ont trouvé aucun précédent d’une telle intervention sur un roloway. Ils ont sauvé tous les doigts du pied sauf un, évitant l’amputation.
Combien reste-t-il de roloways ?
Moins de 2 000 dans la nature selon l’IUCN, et seulement une trentaine en captivité, tous dans des parcs européens. C’est ce qui rend chaque naissance importante.
Quel est le lien avec la France ?
La France héberge le plus de parcs détenant l’espèce, et le programme d’élevage européen du roloway est coordonné par le zoo de Mulhouse.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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