
Le chiffre
30 000 animaux vivants saisis en un mois, sur les cinq continents. C’est le bilan de l’opération Thunder 2025, coordonnée par Interpol et l’Organisation mondiale des douanes du 15 septembre au 15 octobre. Derrière ce chiffre planétaire, un versant français que les dépêches ont peu raconté : les douanes ont dressé 55 contentieux liés aux espèces protégées en 2025, plus du double d’il y a trois ans.
30 000animaux vivants saisis en un mois par 134 pays
Le décompte donne le vertige : 6 160 oiseaux, 2 040 tortues, 1 150 reptiles, 208 primates, 46 pangolins, 10 grands félins, et des dizaines de milliers d’autres bêtes. Au total, 4 640 saisies et 1 100 suspects identifiés, pour une hausse de 50 % des interceptions d’animaux et de plantes protégés par rapport à 2024. Interpol évalue à 20 milliards de dollars la valeur annuelle de ce commerce illégal.

La France n’est pas un simple spectateur. Ses douaniers ont saisi 107 objets en ivoire sur des places de marché en ligne pendant l’opération, et le pays a connu en 2025 une année lourde. Selon les chiffres de la douane française, 55 contentieux ont visé des espèces protégées, contre 40 en 2024, 45 en 2023 et 26 en 2022. Selon nos calculs, ces contentieux ont plus que doublé en trois ans.
Contentieux douaniers 202226
Contentieux 202555
Unité : contentieux douaniers français liés aux espèces protégées. Période : 2022 à 2025. Limite : un contentieux peut couvrir plusieurs animaux ou objets ; la hausse reflète aussi une intensification des contrôles, pas seulement l’ampleur du trafic.
Ce que ces saisies révèlent, c’est un trafic banalisé et déplacé en ligne. En 2025, les douaniers ont intercepté onze animaux vivants : des oiseaux, des tortues d’Hermann, un serval et un caracal. Ces deux félins, découverts dans un appartement de région parisienne, avaient été achetés via les réseaux sociaux, symbole d’une demande d’animaux exotiques qui prospère sur les écrans.
Le phénomène ne se limite pas aux vedettes du braconnage. Cette année, l’opération a aussi mis au jour des trafics d’insectes rares, de plantes, de coquillages et de coraux, preuve qu’aucune espèce n’échappe plus à la convoitise. Mais si les saisies d’animaux vivants ont atteint un niveau record, tirées par la mode des animaux de compagnie exotiques, l’essentiel du commerce illégal reste fait de parties d’animaux : ivoire, écailles de pangolin, viande de brousse. Interpol a d’ailleurs saisi 5,8 tonnes de cette viande sauvage, en nette hausse sur les routes qui relient l’Afrique à l’Europe.
La vidéo de France 24 montre le quotidien de ces agents, en première ligne d’un trafic qui ignore les frontières. Elle rappelle une réalité peu visible : c’est souvent dans un colis ouvert au bon moment, à un guichet de douane, que se joue le sort d’une espèce.
Faut-il y voir une bataille perdue ? Pas seulement. Chaque tortue interceptée, chaque félin confié à un refuge, c’est une population qui garde une chance. Nous racontions déjà comment, au Cap-Vert, d’anciens braconniers sont devenus les gardiens des tortues, ou comment un programme de reproduction a vu naître sept bébés guépards d’un coup. La lutte se gagne aussi là, entre deux valises, dans un aéroport de province.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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