
Mise en perspective
Depuis vingt-quatre ans, nos billets en euros montrent des ponts et des fenêtres imaginaires, choisis pour ne froisser aucun pays. Cela pourrait changer. Le 23 juillet, la Banque centrale européenne a présenté dix dessins présélectionnés pour la prochaine série de coupures, et sur plusieurs d’entre eux apparaissent des visages, dont celui de Marie Curie. Fait notable : avant toute décision, la BCE demande son avis au public, et le vote est ouvert à tous jusqu’au 21 septembre.
Ces dix propositions se répartissent en deux familles, deux manières de raconter l’Europe sur un bout de papier. La première met en avant la culture et ses grandes figures ; la seconde, les paysages de fleuves et les oiseaux du continent. Aucune n’est encore gagnante : le choix final n’interviendra qu’à la fin de l’année. Le concours n’a pas été anodin, avec plus de 1 200 candidatures départagées par un jury de vingt et un experts avant d’arriver à cette liste courte.

Rien de tel depuis 2002. Les billets actuels, imaginés à l’époque avec des ponts et des portails volontairement fictifs, avaient été pensés pour ne représenter aucun monument réel, donc aucun pays en particulier. Passer à des visages et à des paysages identifiables, c’est un changement de doctrine.
La banque centrale a d’ailleurs mis en ligne une présentation des dix dessins retenus, pour que chacun se fasse une idée avant de voter. Nous avons compilé le calendrier des étapes du vote, de la présélection au choix final attendu fin 2026, pour vous aider à ne pas le manquer.
Pour s’y retrouver, quatre angles suffisent.
Le fait
Le 23 juillet 2026, à Francfort, la BCE a dévoilé dix visuels retenus parmi plus de 1 200 propositions, autour de deux thèmes, « culture européenne » et « fleuves et oiseaux », comme l’a détaillé Euronews. La série culturelle ferait figurer Maria Callas sur le billet de 5 euros, Ludwig van Beethoven sur le 10, Marie Curie sur le 20, Miguel de Cervantès sur le 50, Léonard de Vinci sur le 100 et la pacifiste Bertha von Suttner sur le 200. Un jury de vingt et un experts a présidé la sélection.
Notre lecture
Sortir de l’anonymat n’est pas anodin. Pendant deux décennies, l’euro a préféré des motifs neutres pour ne désigner aucune nation ; mettre des personnes, c’est accepter d’incarner une mémoire commune, et donc de la discuter. Le choix des figures dit quelque chose de ce que l’Europe veut célébrer aujourd’hui : une scientifique, une cantatrice, un compositeur, une militante de la paix. La présence de deux femmes de sciences et de culture n’a rien d’un hasard à l’heure où l’on reproche aux billets du monde entier leur galerie très masculine, comme le rappelle la RTBF. Célébrer une figure n’est pas neuf, la France l’a fait récemment en portant Louis Braille vers l’Unesco, mais le faire sur une monnaie partagée par vingt pays engage bien davantage.
La nuance
Votre voix compte, mais elle ne tranche pas. Le sondage en ligne est consultatif : chacun peut noter les dessins, du « j’adore » au « je déteste », et son résultat viendra éclairer la décision, aux côtés d’une enquête indépendante et de critères techniques de sécurité. Le dernier mot reviendra au Conseil des gouverneurs de la BCE, attendu vers la fin 2026. Et même une fois le thème choisi, il faudra encore des années de mise au point, entre gravure, hologrammes et dispositifs anti-contrefaçon, avant que ces billets sortent des distributeurs. Le dos des coupures, lui aussi, racontera une histoire, avec par exemple une université évoquée derrière Marie Curie.
À surveiller
Pour la France, un symbole se glisse dans la liste : Marie Curie, née à Varsovie mais devenue figure de la science française, pourrait orner le billet de 20 euros, l’un des plus utilisés au quotidien. La Banque de France relaiera le vote dans l’Hexagone. Reste à voir si le public préférera ces visages ou la douceur consensuelle des fleuves et des oiseaux, plus proche de l’esprit neutre des billets actuels. L’enjeu dépasse l’esthétique : ailleurs dans le monde, le choix des personnalités sur les billets a souvent déclenché des débats sur la place des femmes, des scientifiques ou des artistes, et la zone euro ne fera sans doute pas exception.
Au fond, deux familles se disputent votre bulletin : d’un côté six grandes figures, de l’autre les fleuves et les oiseaux du continent.

Reprendre ce graphique
Réutilisez ce graphique librement sur votre site, en citant Actu Alt Plus. Copiez le code ci-dessous :
Un billet, on le manipule sans le regarder. Cette fois, la BCE nous invite à lever les yeux et à dire ce que nous voulons y voir, non pas comme des économistes mais comme des citoyens attachés à des visages et à des paysages. C’est peut-être la seule élection européenne où l’on peut voter pour Marie Curie, et il ne reste que jusqu’au 21 septembre pour le faire. Le vote se joue sur le site de la banque centrale, en quelques clics.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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