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Il y avait, ce vendredi de juillet, un ours noir aux joues rouges assis dans une barque à fond plat, glissant entre les jardins flottants des hortillonnages d’Amiens. La scène a de quoi faire sourire, mais elle n’a rien d’anodin : ce personnage rondouillard, c’est Kumamon, l’une des mascottes les plus suivies du Japon, une figure qui a généré près de 900 millions d’euros de retombées pour sa région en à peine deux ans. S’il est venu en Picardie, ce n’est pas pour la promenade.
Que faisait un ours géant japonais à Amiens ?
Une tournée de repérage, très sérieuse sous ses airs de peluche. Le 10 juillet 2026, Kumamon a enchaîné le parvis de la cathédrale Notre-Dame, une balade en barque dans les hortillonnages, puis les halles au contact des producteurs locaux, avant de rejoindre la Japan Expo de Paris le lendemain, rapporte la presse locale.
Chaque étape a été filmée et diffusée sur ses réseaux, vue des milliers de fois. Pour la métropole amiénoise, l’opération offre une visibilité précieuse auprès du public japonais, exactement la cible que la ville cherche à attirer.

Kumamon, une mascotte qui pèse des centaines de millions
Derrière la bouille attendrissante, il y a un modèle économique redoutable. Créé en 2010 par la préfecture de Kumamoto, sur l’île de Kyushu, l’ours est promu « directeur du marketing et du bonheur » de la région dès 2011. Selon une étude de la Banque du Japon relayée par la CUHK Business School, il a généré 123 milliards de yens de retombées en deux ans, plus les ventes de produits dérivés qui ont dépassé 100 milliards de yens sur une seule année.
Le secret tient en un mot : gratuit. La préfecture laisse n’importe quelle entreprise utiliser l’image de Kumamon sans droits de licence, à condition de mettre en avant Kumamoto. Résultat, l’ours se retrouve sur des milliers de produits, partout au Japon, et fait de la publicité à la région pour un budget minuscule.

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Là où une marque dépenserait des fortunes en communication, Kumamoto a transformé une peluche en ambassadrice permanente. Le personnage a même sa personnalité, ses histoires, ses maladresses mises en scène épisode après épisode, ce qui fidélise un public bien au-delà de la région. En 2016, quand un séisme a frappé Kyushu, des milliers de messages « R u ok Kumamon ? » ont afflué sur les réseaux : on ne s’inquiète pas ainsi pour un logo. C’est ce modèle, pas seulement la tendresse qu’il inspire, qui intéresse une ville comme Amiens.
Pourquoi Amiens mise sur le Japon
Parce que le visiteur japonais est un client de rêve pour une destination française. Avant la pandémie, la France accueillait environ 600 000 séjours japonais par an, selon Atout France, avec des voyageurs au budget confortable, curieux du patrimoine et attentifs aux détails.
Kumamon n’en est pas à son coup d’essai en France : nommé « ambassadeur du tourisme français au Japon » en 2017 par Atout France, il vient à Paris presque chaque année depuis 2013 et a déjà posé au Mont-Saint-Michel comme à Cannes. Pour Amiens, s’offrir son passage, c’est espérer apparaître sur le radar de millions de Japonais qui n’auraient jamais pensé à la Picardie.

Le soft power en costume de peluche
Ce que raconte cette barque sur l’eau, au fond, c’est une diplomatie douce à hauteur d’enfant. Les mascottes japonaises, les yuru-kyara, sont devenues des outils d’influence à part entière, capables de déplacer des foules et de vendre une région entière avec un simple sourire dessiné. Chaque préfecture, chaque ville a la sienne ; Kumamon reste le modèle du genre, celui que l’on copie sans jamais l’égaler.
Reste à savoir si l’ours de Kumamoto tiendra sa promesse et fera grimper le nombre de touristes japonais dans la Somme. En attendant, Amiens aura appris une chose : parfois, pour se faire remarquer dans le monde, il suffit d’inviter le bon ours à monter dans une barque.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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